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par divers inventeurs, pour opposer Faction d'un ressort à la force centrifuge d'un appareil à boules (').

894 — Régulateur Duvoir. — On a en outre proposé pour les masses tournantes des formes très différentes des boules et des lentilles.

Je citerai par exemple le régulateur à anneau de Saturne de Duvoir ('). Un tore métallique, dont un diamètre est assemblé perpendiculairement à Taxe de rotation, et qui, étant centré, se trouve soustrait à l'action de la pesanteur, est susceptible de se coucher sur cet axe sous l'action d'un ressort, ou de se redresser par l'influence de la force centrifuge. Ce système est doué de propriétés fort curieuses au point de vue théorique ('). Il semble toutefois avoir disparu de la pratique.

On en peut dire autant de quelques autres régulateurs gyroscopiques {*).

895 — Régulateur Armington et Sims. — Un principe qui parait au contraire jouir d'une grande faveur est celui des régulateurs directs. Les masses tournantes présentent alors une figure

(*) Je mentionnerai notamment les suivantes : Le Ciususot. Ledieu. Nouvelles machines marines, t. H, p. 355. — Damet. Hirsch. La mécanique à VExposHion de 1878, p. 278. — Enicsozr. Spineux. De la distribution de la vapeur dans les machines, p. 257. -^ Farcot. Hinn. Théorie des régulateurs marins isochrones de Farcot, in-8*. — Frdiot. Halon de la Goupillière. Traité des mécanismes, p. 305. — GuÉniN. Spineux. De la distribution de la vapeur dans les machines, p. 254, 262. — Jeickin. Ibidem, p. 239, 256. — Jensen. Revue universelle des mines et de la métallurgie, !■* série, t. VI, p. 326. — PicKBRiKG (Ibidem, 1872, t XXXI, p. 22i. — Spineux. De ta distribution de la vapeur dans les machines, p. 253). — Root. Ibidem, p. 257. — Sh^ter. (Ledieu. Nouvelles machines marines, t. II, p. 285. — Revue universelle des mines et de la métallurgie, 1" série, t. I, p. 191). — Watt (Ibidem, t. XXXI, p. 212. — Gallon. Cours de machines, t. II, p. 274).

(■) Armengaud. Publication industrielle, t. XIII, p. 470.

P) Ilaton de la Goupillière (Annales des Mines, 5* série, t. XVIII, p. 575. — Traité des mécanismes, p. 305).

(*) Je mentionnerai notamment les suivants : Akderson. Spineux. De la distribution de la vapeur dans les machines, p. 271. — Brotherhood et Hardingham. Revue universelle des mines et de la métallurgie, t. XXXV, p. 45. — Davies Joxah. Mémoires de la Société des Ingénieurs civils, 1853, t. VI, p. 296. — Schrader. — George de Tiptoh. — Régulateur sphérique de Bourkb. Revue universelle des mines et de la métallurgie^ X. XXIX, p. 250.

RËGULiTEURS DIVERS. 483

ù peu près quelconque. Elles sont, avec leurs articulations et leurs ressorts, logées Ji l'intérieur du volant. Ce type est essentiellement destiné aux machines douées d'une grande vitesse. Un dispose alors d'une force centrifuge très intense sous un volume restreint. L'action est puissante et simple; sans danger pour les imprudents.

Ki|r. SIS. — Délateur Arminf-ton et Sims (éli<ialiDn).

Je décrirai comme exemple le régulateur d'Armington et SiiHs{'). Les ressorts A et A' (fig. 545) travaillent par compression pour résister à la force centrifuge des masses B, If. Ces dernières actionnent, à l'aide de bielles C, C, la pièce D qui fait corps avec un premier excentrique E. Mois celui-ci est enveloppé d'un second anneau excentrique F (n° 751), qu'une bride G met lui-même en relation avec la masse B'.

{') Hartin. BvlleUn technologique de la Société dei aneieni Hièttet det ÉcoU$ d'arti et métier; juin tSSA, p. 317. — Buchedi. Oi machînei à vapeur actueltti, supptùment, p. ÎO. — DwclahsuTera Dcry. fietae univtneUe dtt miner et de la métallurgie, 3> série, t. VII, p. 173. — Congr*» international de mécanique appli^t de 1889, (. M,

4H4 HACHLilES À YAPEUR.

Suivant qiic les ressorts cèdent plus ou moins à la force centrifuge, l'excentrique E change d'orientation et d'angle de calage. Il sufiirait donc déjà qu'il commandât directement la distribution pour faire varier la détente. Mais on ménage encore, par l'inlermédiairc de la bielle G, une certaine action de la force centrifuge, en interposant l'excentrique annulaire F, qui peut tourner sur le noyau E, et obéir pour son propre compte aux influences

Fis. 518. - B-^lnteur Turner-llnrtnpll (vue perspecliïc).

variables qui le sollicitent. On s'attache empiriquement, dnns la construction, à combiner ces divers éléments de manière à réaliser des avances sensiblement constantes.

On rencontre un type analogue dans le régulateur Turner- Harlnell et Gulhrie('), que représente la figure 546. 11 en existe également un certain nombre d'autres (*}.

(') Rich&rd. La lumière /teclrique, t. XXXI, p. S5J. — Revue iiidutlrieUe, 3! oclobre 16S1, p. 4!5. — Journal de la meunerie, jajn 1SS9, p. 32S. — lievue uaiverteUe dei minet et de la milallurgie, I. XXXV, p. 33; 1873, p. 166, 109. — Kennedy. The mtehania of machiner;/, p. 38Ï. — Proccedingt of the Initilulieit of mecbanical Engineert, aoilt 1SS2, p. 407. — Bucbettt. Lei machines à vapeur aciuellet, supplô-

(*) Je iDcnlionnerai notamment les suivants : Biate. — BcncEn et Noël. Scienlific American, 13 avril 1889, p. 230. — Boulit (Buchclli. Lamaehinei à rapeur actutllet. supplément, p. 31. — /tenue annuelle det minet et de la milallurgie, 3* série, r. VII. p. 178). — B*si,£. La lumiirt éUcIrigue, S mat 1880. p. 407. — Bacmiii. ~ Di.Kia.. —

RËGULATEURS DIVERS.

b£«iji.ateijrs a ressort

896 — Régulateur Poncelet. — Nous abandonnons ici le lerrain de la force centrifuge, pour envisager certains régulateurs dans lesquels l'élasticité entre seule en jeu. On peut faire intervenir à cet égard celle des solides ou celle des gaz.

Poncelet (*) a proposé un modérateur fondé sur remploi d'un ressort d'acier (').

Sur un môme arbre (fig. 547) sont montés deux pignons, l'un calé C, l'autre fou F. Ils engrènent respectivement avec deux roues C, F', la première calée, la seconde folle sur un arbre parallèle au premier. La force motrice se transmet de C à F par l'intermédiaire de C et F'. Mais, entre ces deux dernières, il n'v a de communication qu'au moyen d^une lame élastique, dont la flexion accuse l'intensité

Fig. 547..^ Régulateur Poncelet (plan).

DoRPEL. Buchetti. Les machines à vapeur actuelles, supplément, p. 31. — Gbist. American machiniste 13 octobre 1883, p. 5. — IIadlkt. — IIoFPiiAxir. Portefeuille économique des machines, 3* série, t. XV. p. 50. — Lecoutedz et Garxier (Owelshauvers- Dery. Revue universelle des mines et de la métallurgie, Z* série, t. VH. p. 176. — Congrès international de mécanique appliquée de 1889, t. H, p. 32). — Molabd. — Œrliiox. — Perrixe. La lumière électrique, t. XXXI, p. 354. — Lb PH(E!nx. Ibidem, 23 février 1889, p. 361. — Sturtevaxt. American machinist, 20 octobre 1888, p. 8. — Taylor. — AVbstixghoose. — Ydb.

[*) Poncelet. Cours de mécanique appliquée aux machines, publié par Kretz, p. 110. — Marié. Annales des Mines, 7' série, t. XIV, p. 513. — Ledieu. Nouvelles machines marines, t. ![, p. 253. — Haton de la Goupilliére. Traité des mécanismes, p. 308.

{*) Je mentionnerai encore dans le même ordre d'idées les régulateurs suivants : Frayssimes et TouRTAT. La lumière électrique, 25 décembre 1886, p. 67. — Mac Georges. Rankine. Manuel de la machine à vapeur. Traduction Richard, p. 593. — Miller et Krills. Ledieu. Nouvelles machines marines, t. II, p. 254.

486 MACUINËS A YAP£UR.

de l'effort transmis. Si la résistance vient à augmenter, ce ressort se bande davantage. De là un retard angulaire plus prononcé qu'auparavant entre C et F', et par suite enlre C et F. Mais la roue F, au lieu de tourner folle purement et simplement, est montée à vis sur son arbre. La désorientation qu'elle subit s'accompagne donc d'une translation longitudinale. Pour ce motif, on a soin de lui donner la forme d'un long pignon, afin qu'elle ne cesse pas, malgré ce déplacement latéral, d'engrener avec F'. C'est précisément ce mouvement rectiligne de F, variable avec l'intensité de la force transmise, que l'on utilise à l'aide d'un levier T pour agir sur le distributeur.

897 — Régulateur Larivière. — On doit à Larivière (*) un modérateur fondé sur l'emploi d'un ressort gazeux.

Une petite pompe pneumatique, mue directement par la machine, extrait l'air d'un récipient cylindrique, avec une activité proportionnelle à la vitesse de ce moteur. Un orifice laisse, d'autre part, s'opérer une rentrée de l'atmosphère extérieure, dont le débit varie peu avec l'état de la pression intérieure. Il s'opère donc dans le cylindre, en cas d'accélération du moteur, un degré de raréfaction qui suit de près les variations de l'allure, et qui est capable de mouvoir un piston en partie équilibré, dont les déplacements se transmettent à la distribution.

On reste maître de modifier la sensibilité de l'appareil en réglant, au moyen d'une petite vanne, la section du sifflet de rentrée, qui permet dès lors à l'air de venir plus ou moins promptement combler le déficit de la tension intérieure.

898 — Dans quelques types analogues ('), on a substitué la

(() Résal {AnnaUi des Mines, 7* série, tome II, 1872. — Mécanique générale, t. III, p. 213). — Ledieu. Nouvelles machines marines, t. II, p. 256, — Uaton de la Goupilliére. Traité des mécanismes, p. 308.

{*) Je menlionnerai notamment les régulateurs : Drakchi. — Gchliffe et Durlop (Ledieu. Les nouvelles machines marines . H, p. 258. — Rankine. Manuel de la machine à vapeur. Traduction Richard, p. 595. — Proceedings of the InslUution of mechanical Engineers, août 1879, p. 406). — Molirié (Spineux. De la distribution de la vapeur dans les machines, p. 275. — Ledieu. Les nouvelles machines marines, t. II, p. 257).

RÉGOLATEURS DIVERS. 487

compression à la raréfaction de Fair. Le fonctionnement de l'appareil reste d'ailleurs le même en principe.

BÉfitlLATEURS A LIQUIDE

899 — Régulateur hydraulique. — Il convient de rapprocher du modérateur Larivière le régulateur hydraulique^ qui fonctionne d'une manière toute semblable, avec la substitution de la pression de Teau à l'élasticité de l'air (').

Une petite pompe mue directement par la machine remonte l'eau dans un bief supérieur, avec une activité proportionnelle à celle de ce moteur. Un orifice laisse redescendre librement le liquide. Comme le débit de cet écoulement ne sera que peu influencé par les variations du niveau, un flotteur traduira fidèlement les alternatives de la puissance motrice, et il suffira de le faire agir sur la distribution. Un semblable appareil entrerait difficilement dans la composition d'une machine à vapeur, mais il peut rendre des services pour certains moteurs hydrauliques.

900 — Ce principe a été modifié par Bourdon d'une manière élégante. Au lieu du jeu alternatif et compliqué d'une pompe, on a recours à la force centrifuge pour relever, d'une manière variable avec la vitesse, le niveau du liquide dans un branchement implanté latéralement sur le vase tournant qui renferme ce dernier. La forme d'équilibre relatif est dans ce cas un paraboloîde de révolution, qui

a pour paramètre — (*). La parabole méridienne se repliant d'après

(*) Poncelet. Cours de mécanique appliquée aux machines, publié par Krctz, p. 75. — Uaton de la Goupillière. Traité des mécanismes^ p. 300.

0 Le profil méridien de cette surface de révolution n'est autre en effet que la courbe d'équilibre le long de laquelle un point matériel peut se maintenir, sous l'action combinée de la gravité et de la force centrifuge. En d'autres termes, il ne diffère pas de la courbe d'isochronisme que nous avons trouvée (n*807), et qui n'est autre que la parabole de paramètre —*

cela plus ou moins sur elle-même suivant les variations de u, rencontrera le tube latéral en des points plus ou moins élevés (*).

90t — Régulateur Dcprez à air. — L'action des fluides a encore été utilisée d'une autre manière pour la régularisation des machines. Au lieu du rôle en quelque sorte statique qu'ils jouent par leur pression dans les exemples précédents, on fait intervenir Tinfluencc nettement dynamique qui est connue sous le nom de résistance des milieuxj et Ton fait battre par une roue à palettes, soit l'air de l'atmosphère, soit l'huile enfermée dans une boîte (').

J'indiquerai d'abord à ce point de vue le régulateur à air de M. Marcel Deprez (^. A la vérité son emploi ne s'est pas répandu dans la pratique, mais l'analyse de son principe nous permettra de jeter un certain jour sur cette question délicate et importante.

Nous avons vu (n** 880) que la puissance du régulateur est ordinairement puisée dans l'emploi de masses importantes, mais que cependant il existe à cet égard une autre voie, consistant à douer les pièces de grands déplacements. Il est vrai que cette explication a été présentée ci-dessus pour les régulateurs à force centrifuge. Mais l'assimilation est ici permise pour l'emploi de la résistance de l'air, puisque ces influences sont l'une et l'autre proportionnelles au carré de la vitesse.

C'est précisément à ce dernier point de vue que s'est placé

(') Indépendamment des régulateurs i liquide que nous décrivons ici, je mentionnerai encore les suivants : Bell et Follsr. Scieniific American^ 21 juin 1886, p. 387.

— BiLLOTET. — Churchill. Engineering, 17 janvier 1890, p. 74. — Cotgïiet. Régulateur à mercure. Revue industrielle, 17 mars 1880, p. 101. — GonBEaox. Spineux. De la distribution de la vapeur dans les machines, p. 249. — Coutts et âdahso». — Grécoirb. Ibidem, p. 226. — Régulateur isométrique. Scientific American, 10 mai's 1883, * p. 147. — Hazeli.xe. Ledieu. Nouvelles machines marines, t. II, p. 259. — Hodcrieff.

— RosATE. Tachyinétre-régulateur h liquide. Bulletin technologique de la Société des anciens Élèves des Écoles d'arts et métiers, janvier 1888, p. 695. — Smtth et

PiCKEXET.

[*) Oulre les exemples que nous décrivons ici, je mentionnerai encore les suivants : HicK. Rankine. Manuel de la machine à vapeur. Traduction Richard, p. 66. — Le Roux. Annales du Conservatoire des Arts et Métiers, t. Yll. — Moison. Spineux. De la distri^ bution de la vapeur dans les machines, p. 270. — Silver. Ledieu. Nouvelles machines marines, t. II, p. 260. — Smith. Rankine. Manuel de la machine à vapeur. Traduction Richard, p. 60.

(') llirsch. La m/canique à l'Exposition de 1878, p. 288.

RÉGULATEURS DIVERS

M. Marcel Deprcz. Il y trouve Tavantage d'alléger les poids, et de diminuer par suite les frottements. Il a du reste, pour cette réalisation, abandonné la force centrifuge, pour s'attacher de préférence à la résistance des milieux.

9ÙZ — La figure schématique 548 indique en A, A' deux poulies fixes, dont la première se trouve directement en communication avec l'arbre moteur. Au-dessous d'elles se ti*ouvent deux poulies mobiles B, B' qui portent, suspendus à leurs chapes, des poids P, P'. Une chaîne 'sans fin de Gall les embrasse toutes les quatre, en passant en outre sur l'arbre C d'un volant à ailettes.

Ce dernier ne se trouve donc pas en rapport direct avec le moteur, qui p sans cela lui imposerait ses propres accélérations. Il n'est sollicité que par les tensions des brins a, a de la chaîne. Ces deux forces, dans un mouvement rigoureusement uniforme , seraient égales aux poids, et par suite constantes. Nous pouvons pour le moment, sauf à revenir plus loin sur ce point (n'' 903), admettre qu'elles ne seront que peu affectées par l'influence des accélérations subies par

les poids, et faire abstraction de cette perturbation. L'allure du volant à ailettes sera par suite uniforme.

Si donc la poulie A, qui est immédiatement commandée par le moteur, vient à prendre une accélération subite, les brins ^, ^' y participent nécessairement, tandis que a et a conservent au contraire la vitesse tangentielle invariable de l'arbre C. Il s'ensuit que l'axe B doit s'élever, tandis que B' descendra. C'est ce mouvement qui est utilisé pour agir sur la distribution.

Le système se ralentit dès lors sous cette influence, et reprend, sans avoir besoin de changer de nouveau de position, un régime

Fig. 5iS.

Régulateur à palettes Deprez.

(Figure schématique).

490 MÂGHIiNES A VAPEUR.

uniforme, qui ne peut être que celui de Tisochronisme, car l'équilibre ne saurait exister que pour une seule et môme vitesse entre la résistance de Tair et la différence des tensions, redevenue rigoureusement égale à la différence des poids.

On reste d'ailleurs maître de la valeur de cette vitesse, en établissant sur l'un des poids une surcharge arbitraire, pour modifier la différence de tension qui est équilibrée par la résistance du milieu.

Ainsi que nous l'avons annoncé, l'on peut, avec ce dispositif, communiquer aux poids P, P' de très grands déplacements, puisque l'on dispose à volonté des rayons des poulies.

903 — Il est intéressant de faire remarquer que non seulement risochronisme s'obtient dans le régime permanent, mais qu*il serait possible, si cela présentait de l'intérêt, de le maintenir pendant la phase même de déformation. 11 en sera ainsi en effet, pourvu que l'on adjoigne au système un régulateur Foucault à ailettes pour gouverner son arbre C.

Imaginons que l'on ait effectué une telle addition, en remplaçant les boules du modérateur Foucault (n** 890) par des ailetles situées dans le plan méridien. L'arbre moteur A venant à prendre une accélération subite, le poids P s'élève au prix d'une augmentation de la tension du brin 0. Comme celle-ci se répercute en partie sur a (circonstance que nous avons négligée tout à l'heure), le treuil C commence en réalité à ressentir une certaine accélération, et sa vitesse o) va devenir a> -f- dw. Mais une telle altération est incompatible avec risochronisme du régulateur Foucault, qui participe à son mouvement. Celui-ci se déforme donc, et ses ailettes ne cesseront de s'écarta tant que subsistera la tendance en question, et que la vitesse angulaire ne sera pas rentrée rigoureusement dans sa valeur w.

Or la vitesse circonférentielle des ailettes est proportionnelle u leur ravon d'écartement. La résistance de l'air l'est de son côlé au carré de cette vitesse. Son moment sera par conséquent en raison du cube de ce rayon, et augmentera avec une extrême rapidité. Il fournit ainsi, pour l'arbre C, un supplément de résistance qui

RËGDLATEimS DIVERS. 491

équilibre presque instantanément l'augmentation de tension du brin a ('). Aussi peut-on admettre que cet axe conservera, pendant la phase m£me de déformation, une constance d'allure véritablement complète.

•04 — Régulateur Deprez à huile. — Le type précédent serait fort encombrant, en raison même du but qu'on s'y était proposé, à

>'i(t. 5i9. — Régulateur Dvpi'ci 1 huile (coupe roértdtennej.

savoir le grand développement des espaces parcourus. En conservant son principe essentiel, M. Marcel Deprez l'a transformé par la substitution de l'huile à l'air, comme milieu résistant. L'action devient par là beaucoup plus efficace sous un petit volume. Un arbre A (fig. 549) mis en communication directe avec celui

(■) Il surBroit pur exemple que le rayon de rolalion des aiteltes du modérateur Foucault Tint i doubler, pour que le moment détint 8 foii plus grand ; ce qui penuettraili lout en continuant k équilibrer U lension du brin s, de disposer en outre de 7 fols sa valeur pour contrebalancer un aecroîssemenl égal de celle rension: (H^vision qui est en dehors de toulci les probabilités.

de la machine, pénètre, à travers une garniture, dans la boite qui renferme le liquide. Il commande par un engrenage B deux roues C, C, dont les ânes sont montés sur un cadre mobile D. Ces arbres portent eux-mêmes des roues dentées E, E, engrenant avec un pignon F, qui est calé sur un arbre G, distinct du premier, et portant des ailettes II. EnHn un axe K, lise au cadre D, sort de la boiliï ^ travers un second prcssc-étoupe. Sur cet arbre K, passe une chaîne supportant un poids.

Fig, taO. - R^ulatciir Allan (coupe longitudinalcl.

905 — La rotation de l'arbre A cnlraine celle de B, C, E, F, G. L'arbre G, ainsi forcé de tourner, tend 5 déplacer l'huile, dont des diaphragmes gênent les tourbillonnements. Si ce milieu était sans résistance, le cadre n'aurait aucune raison de changer de place. Si au contraire on lui attribue par la pensée une résistance infinie, les palettes H, ainsi butées contre un obstacle infranchissable, transmettront en sens contraire des réactions jusqu'aux pivots C, C implantés dans le cadre D, que rren n'empêche de leur obéir.

La vérité se trouve entre ces deux hypothèses trop absolues; et

RËGULATEtIRS DIVERS. 493

le cadre D, avec son axe K, prendra un certain déplacement sous l'empire d'une force due à la résistance effective du liquide, c'està-dire proportionnelle au carré de la vitesse de l'arbre G. C'est précisément cette force que l'on équilibre au moyen du poids suspendu à une chaine, qui passe sur une poulie montée sur cet aie K, pour empêcher le cadre D de céder indéfiniment à cette tendance.

Un état de régime s'établit; et ce mouvement uniforme met en

Fig. Kil- — B^laleur Allan [caupo li-ansveresle).

équilibre, d'une part, la force qui tend à entraîner le cadre DK. et qui résulte du point d'appui partiel que prennent les palettes sur l'huile, et de l'autre les diverses résistances passives du système, auxquelles s'adjoint la tension de la chaine enroulée sur l'arbre K.

Si la vitesse du moteur vient à augmenter, l'équilibre est détruit. Le poids monte, en augmentant la tension de la chaine ; et ce mouvement est utilisé pour agir sur la distribution et raccourcir pn>gressivement l'admission, tant que ce corps ne se sera pas arrètç

dans son ascension par le rétablissement de Téquilibre, c*es(-à dire de l'ancienne vitesse de régime, qui seule en est capable.

906 — Régulateur Allan. — Le dispositif précédent est analogue à celui d'AlIan (*) ; toutefois il présente plus de netteté dans le principe de son jeu, la communication des efforts de proche en proche s'opérant par des réactions de corps solides.

Dans le modérateur d'AIlan (fig. 550, 551), les effets ne se transmettent de la machine à l'arbre chargé d'un poids, que par l'action que l'huile, battue par les palettes, exerce sur les sinuosités de son enveloppe, qui a la forme d'un cylindre ondulé, et sur les diaphragmes qui hérissent cette dernière à l'intérieur.

REGULATEURS CHROMOHIËTRIQUES

907 — On a encore pensé à demander la régularisation des machines à la comparaison directe de leur allure avec un mouvement d'horlogerie^ appareil isochrone par excellence, que l'on suppose réglé pour la vitesse précise du régime que l'on a en vue. Ce système a reçu le nom de régulateur différentiel^ ou régulateur chronométrique (^). Le dispositif suivant peut en donner une idée (fig. 552).

La roue A est mue directement par le mouvement d'horlogerie. De son côté le moteur actionne en sens contraire la roue B, identique à la première. Entre elles se trouve une roue planétaire C f )

(*) Ledieu. Nouvelles machines marines, t. Il, p. 259. — Annales des mines, ?• série, t. XIV, p. 514. — Bulletin de la Société d' Encouragemenl, 1871, t. XVIÏI, p. 30. — Compte rendu mensuel des séances de la Société de V industrie minérale de Saint- Etienne, juillet 1875, p. 1; octobre 1875, p. 10; mai 1870, p. 1. — Revue universelle des mines et de la métallurgie^ 1874, p. 107. — Société des Ingénieurs civils de Londres, 1" mai 1873.

(') Je citerai notamment les régulateurs : Bénibst. Spineux. De la distribution de la vapeur dans les machines, p. 250. — CoLLn. Hirsch. La mécanique à VErposition de 1878, p. 288. — Mathadd et Batlik. Rankine. Manuel de la machine à vajieur. Traduction Richard, p. 594. — Régularisation au moyen d'une machine à mouvement uni- Torme. Ledieu. Nouvelles machines marines, t. H, p. 255.

(') Ilaton de la Goupillière. Traité des mécanismes, p. 140.

RÉGULATEURS DIVERS

sollicité^ par les précédentes aux deux extrémités de Tun de ses diamètres. Si c'est avec la même vitesse de la part de chacune d'elles, cette rotation pourra évidemment s'effectuer sur place. Mais si Fallure de B vient à changer, tandis que celle de A reste immuable par hypothèse, la roue C recevant des deux côtés des vitesses composantes inégales, l'axe c sur lequel elle est folle ne saurait rester immobile. Il tend donc à sortir du plan de la figure, en décrivant un plan rectangulaire. A cet effet, il est assemblé perpendiculairement à l'arbre y> placé dans l'alignement des deux premiers.

Fig. 552. — R(^laleur chronomt^trique (iMévation).

On voit que cet axe accusera par ses mouvements de rotation les anomalies du régime du moteur. Si donc on le met en rapport avec la distribution, il pourra servir à la régler en conséquence. En imaginant par exemple que la machine s'emporte, y tourne dans le sens qui a pour effet de restreindre l'admission. Le moteur se calmera peu à peu, et quand la vitesse normale se trouvera rétablie, toute tendance au déplacement ayant cessé pour la roue planétaire, son axe restera dans la position où il aura conduit le mécanisme de la distribution.

RÉCSIJLATEtIRS ÉLECTRIQLES

908 — Les relations qui s'établissent d'une manière de plus en plus intime, dans la mécanique moderne, entre le travail dynamique et l'électricité, devaient naturellement amener l'apparition

de cet agent dans la question de la régularisation (*). On demande alors de doser à chaque instant la puissance de la machine motrice qui conduit une dynamo, de manière à maintenir la constance du . courant.

Ce genre d'appareils comporte deux catégories distinctes, suivant que leur action est directe ou indirecte. Dans les premiers, l'électricité agit par elle-même sur la distribution, tout comme la pesanteur, Télasticité ou la force centrifuge dans les systèmes précédents. Les autres fonctionnent au contraire à deux degrés, à la manière du servo-moteur. La faiblesse de l'action des solénoîdes doit engager en effet, pour les machines puissantes, à ne faire agir leur armature que sur un très petit distributeur, qui serve à engager le piston d'un cylindre auxiliaire : hydraulique ou à vapeur, destiné à commander lui-même la distribution du moteur.

909 — Régulateur Carus Wilson, — Cet appareil est à action directe. Le courant produit par le moteur traverse Télectro-aimant

Fig. 553. — Régulateur électrique de Carus Wilson (ëlëvation).

horizontal (fig. 555), dont l'armature attire plus ou moins fortement l'aiguille, suivant les variations de l'intensité. Si celle-ci augmente, l'aiguille vient toucher la borne, et le courant passe partiellement

(*) Gustave Richard. Les régulateurs électriques. La lumière électrique, 24 mai 1884, p. 503 ; 17 janvier 1885, p. 100. — Kummer. Ibidem, 31 octobre 1885, p. 225. — M. Deprez. Vélectrieiti, p. 76. — U lumière électrique, t. XIX, p. 3».

RËGDLATEURS DIVERS. 497

b travers l'éleolro inférieur (fig. 554), dout l'armature agit sur le

Ttg. SU. — Rotateur électrîqoe de Carua Wilsûa (él^vatroo).

levier, et soulève le manchon du régulateur en raccourcissant l'admission. Si l'intensité faiblit, l!aiguille vient au contact de l'autre borne. Le courant traverse l'électro - aimant supérieur , dont l'action abaisse ic manchon, et prolonge la phase de pleine pression.

MO — Régulateur Willans. — Ce régulateur est à action indirecte (fig. 555). La tringle A qu'il s'agit de mouvoir est commandée par la tige creuse B d'un gros piston C, environné sur son pourtour d'eau sous-pression, qui est fournie par la conduite D. A l'intérieur de C, se meut un petit piston E, sollicité par l'armature de l'éleclroaimant F.

Si la force électro-motrice augmente, E se trouve soulevé et, à

l,a™, le lub« central, il ouvre '"■ '"i.lSSlZ^""^" l'évacuation de l'eau qui baigne la

face supérieure du piston C, en admettant la pression au-dessous de lui par un jeu de conduits. Ce piston monte donc à son tour,

498 M ACmNES k VAPEUR.

en exerçant un effort qui est capable de soulever A, et que Ton n*aurait pu demander directement à Télcctro-aimant (%

911 — Régulateur Ledieu. — M. Ledieu (*) a mis en avant une idée intéressante. Il fait en sorte que l'action réparatrice du régulateur précède dans une certaine mesure, très courte bien entendu mais toutefois cfUcace, l'altération d'allure produite par la suppression brusque d'une partie de la résistance, dans un atelier où des outils nombreux et massifs sont en action d'une manière indépendante ^ les uns des autres, espacés souvent sur de grandes longueurs.

Au moment d'un débrayage partiel, de nature à produire une accélération dans l'ensemble lorsque la transmission à cette distance aura pu s'effectuer en tenant compte des jeux, de l'élasticité, etc., l'organe de manœuvre laisse passer le courant d'une pile dans un fil qui aboutit à une petite dynamo, installée près d'un régulateur ordinaire que l'on a soustrait à l'action de la pesanteur. Celui - ci a dès lors le temps de préparer son action, avant que l'accélération ait pu développer tous ses effets.

On associe d'ailleurs à l'arbre de couche un indicateur instantané du nombre de tours, qui commande un commutateur destiné à laisser passer le courant, tant que la vitesse est égale ou supérieure à sa valeur normale; tandis qu'il le renverse, dès que l'allure tombe au-dessous de ce degré.

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