VII: LECON
Les couleurs ne sont réellement rien pour un aveugle, les sons n’existent pas pour un sourd ; le temps, le mouvement , l'étendue , ne nous offrent que des rapports de proportion.
Les choses que nous appelons réelles pendant la veille, n'existent donc réellement que dans nos sensations.
« Doutez-vous que l’âme puisse porter un regard sur » les objets cachés aux yeux du corps, lorsque , souvent, » quand nos paupières sont fermées par un sommeil » bienfaisant, pleine de vie, l’âme aperçoit les choses dis- » tantes et les lieux éloignés, dirigeant sa vue à travers » les campagnes, sur les mers et jusqu'aux étoiles, par la » seule force de sa volonté. » à
COURS
DE
IRAGUBAIONME ANIENANUL,
7% LÆCON.
Messieurs ,
Dans la dernière séance, je vous ai annoncé qu’aujourd’hui,je vous entretiendrai de quelques phénomènes particuliers, plus rares qu'aucun des autres faits magnétiques que je vous ai fait connaître, mais cependant constatés aussi de manière à ne laisser aucun doute sur leur existence.
Ces phénomènes, que l’on observe dans quelques maladies nerveuses peu fréquentes , se présentent quelques fois dans le somnambulisme magnétique le plus développé, et semblent résulter d’une disposition particulière des sujets
magnétisés.
Quoique vous fassiez, ils ne durent qu'un certain temps , lors même que le somnambulisme se prolonge (1).
Vous avez déjà vu que, contrairement aux règles tracées par les physiologistes, il peut exister, dans certains cas, une perturbation de l'ordre naturel de notre manière d’être; et par suite de cet état insolite, s’opérer le déplacement d’un ou de plusieurs de nos sens.
Je vous ai fait entendre que l’action de la vue pouvait momentanément avoir lieu sans le secours des yeux, et je vous ai promis de vous citer des exemples de ces faits.
Je vais, en suivant la marche que je me suis tracée, prendre mes preuves dans des ouvrages estimés. Ces phénomènes seront attestés par des hommes respectables, et tout-à-fait désintéressés dans la question du magnétisme.
Je pourrais trouver un grand nombre d’exemples de faits répandus par iout, mais comme ces allégations n’ajouteraient rien à celles que je vais vous communiquer, je n’en parlerai point.
« Quiconque entreprendrait, Messieurs, de
(1) Je dirai un jour ce qu’il en coûte à ceux qui s'ohstinent à vouloir le maintenir.
réunir tous les témoignages donnés en faveur de la certitude du phénomène qui nous occupe, en formerait une masse si imposante, que l'incrédulité la plus décidée ne pourrait s'empêcher d'en être subjuguée, et ül en serait alors de la vue sans le secours des yeux, comme de la chüte des aréolithes. Il résulte d’un relevé exacte, inséré, dans l'Annuaire du bureau des longitudes, qu’au commencement de ce sciècle, il existait cent quatre-vingts exemples de chüte de pierres suffisamment constatés ; et cependant, à cette époque, c'était avec le sourire de la dérision, qu'on recevait, même à Pinstitut, ceux qui venaient lire des mémoires dans lesquels ils établissaient la réalité de ce phénomène qu’on ne pouvait se décider à croire, parce qu’il paraissait, comme celui-ci, absolument inexplicable . »
Nous espérons que les savans se rendront de
même à l'évidence du magnétisme.
Permettez-nous, Messieurs, avant de vous
faire connaître l'authenticité du fait de la vue sans le secours des yeux, de vous en-
tretemir , un instant , d’un autre phénomene
aussi digne de remarque et non moins inexpli-
pe 392 me
cable : je veux parler de la faculté qu'ont les somnambules d’apercevoir les changemens qui doivent survenir dans leur état morbide, de calculer avec une inconcevable précision le moment de ce changement, changement souvent éloigné de plusieurs jours, de plusieurs mois, etc.
Cette faculté aperçue de tous les temps se présente presque toujours dans l’état particulier que nous savons faire naître, le somnambulisme, mais elle accompagne aussi certaines maladies. Je dois vous répéter, ici, que je n’adopte particulièrement aucunes des explications qu’on a données de ce phénomène : que ce soit l’âme, l’archer ou le fluide nerveux qui le produise, cela est indifférent au résullat de la chose, mais il paraît de la dernière évidence qu'il est dû dans tous les cas au même principe: L’accumulation du fluide magnétique vers le cerveau, les plexus, ou dans quelques points des trajets nerveux, que cet état ait lieu, naturelle ment comme cela arrive quelques fois dans l’état extatique par exemple, ou bien qu’il soit provoqué par le magnétisme.
€ Dans son Traité de la sagesse, Charon dit : l’âme est de soi toute savante sans être apprise,
et ne fault point à produire ce quelle fait, et
bien exercée ses fonctions comme il faut si elle
n’est empêchée,;et moyennant que ces mstrumens
soient bien disposés. »
« Les hommes mélancoliques , maniaques ,
frénétiques et atteints de certaines maladies qu'Hippocrate appelle divines, sans lavoir appris parlent latin, font des vers, discourent prudem-
ment et hautement, devinent les choses secrètes et à venir. »
« Lesquelles choses les sots ignorans attribue. ront au diable ou esprit familier, bien qu'il fussent auparavant idiots et rustiques, et que
depuis soient retournés tels aprés la guéri= SOon. »
« Il ne faut donc pas s'étonner, dit Plutarque, que l’âme, pouvant saisir ce qui n'est plus, puisse prévoir ce qui n’est pas encore. I[/avenir la touche même davantage, et est plus intéressant pour elle, elle tend vers le futur, et l’embrasse déjà au lieu qu’elle est séparée du passé et n’y tient que par le souvenir: Les âmes ont donc celte faculté innée, mais à la vérité faible et obscure, elle n'agit qu'avec difficulté. Cependant, ajoute Plutarque, 11 en
+ Bgfest en quielle se développe tout-à-coup , soit dans les songes, soit quand le corps se trouve dans une position favorable à l’enthousiasme, et que la partie raisonnable et contemplative, dégagée de l'impression des objets présens qui troublant son action, applique l'imagination à prévoir l'avenir.
Plutarque ajoute: « Les hommes pendant qu'ils veillent n’ont qu'un monde lequel est commun à tous, mais en dormant chacun a le sien à part. »
Pendantle sommeil, dit Tertullien , il nous est
révélé non seulement ce qui tient à l'honneur,
ux richesses , mais encore ce quitient aux ma-
ladies, aux remèdes et à la guérison.
: Jamblique, au chap. des Songes, dit :
« Quand nous sommes parfaitement endormis nous ne pouvons pas si bien et distinctement remarqner ce qui se présente en nos communs songes, que quand c’est la divinité qui nous les envoie en particulier ne dormant pas à bon escient, car nous apercevons bien plus clairement lors, la vraie et réellé vérité
= 399 É » des choses, que nous n'avons accoutumé de » faire en veillant ; au moyen de quoi en ses » visions-ià , consiste la principale espèce de di- » vination. Et de fait âme a double vie, l’une » conjointe avec le corps, et l’autre séparable » de toute corporéité Quand nous veillons, nous » usons la plupart du temps de la vie qui est » commune avec le corps, hormis quelquefois que
nous venons à être lolalement séparés d’icelui :
» mais en dormant, notre esprit peut être du tout » délivré des liens corporels qui le détiennent
» comme en charte privée. »
« Celui qui connaitrait parfaitement les con- » jectures qu’il est possible de tirer des son- » ges, en recueillerait un grand avantage dans » le commerce de la vie. L’âme veille par elle- » même. Lorsqu'elle est occupée du corps, et » qu’elle est en quelque sorte répandue sur » tous les points qui le composent, elle ne songe » point à ellemême : elle donne toute son atten- » tion aux différens besoins du corps, aux sens, » à l’ouïe, à la vue , autact, au marcher. Elle
» dirige Paction , elle regle la pensée : mais elle
= S0U0e n'entre point dans la connaissance d’ellemême. Au contraire, lorsque Île corps est en
repos, l’âme se met en mouvement; et aban-
donnant insensiblement les diverses parties du
corps, elle se retire et se concentre dans son domicile. Là , elle s’acquitte de toutes les fonctions du corps, car le corps, lorsqu'il est pris par le sommeil , ne sent rien; c’est elle qui veille alors, et qui connait, Elle voit ce qui est à VOIr ; elle entend ce qui est à entendre; elle va , elle touche , elle s’attriste, elle raisonne plus promptement et plus facilement. Pendant le sommeil elle remplit toutes les fonctions , tant celles qui lui sont propres, que celles du corps. Si donc quelqu'un pouvait saisir , avec un jugement sain, cet état de l’âme dans le sommeil, celui-là pourrait se flatter d’avoir fait un grand pas dans la science de la sagesse. » ( 1° Chap. du Livre des Songes ,
par Hippocrate. )
« Lorsque l'âme sensitive est profondément AS
» soupie avec le corps, l’ime intellectuelle seléve
» pleine d’éclatet de sérénité... Les esprits relevés
qui méditent de grands desseins, ont quelquefois des pressentimens nocturnes différens des songes ordinaires ; car âme travaiile perpétuellement et sans que nous nous en apercevions ; elle a des raisonnemens tacites, une idée qui paraît oublier, parce que les disiractions du jour l’offusquent , s'enfonce dans l'esprit et revient pendant la nuit, élaborer en secret. La chaine des raisonnemens intermédiaires nous ayant échappé, ou se faisant à notre insu, nous présente tout-à-coup quelque vérité frappante; et comme nous n’en voyons pas la source, elle nous parait envoyée par inspiration ; C’est ainsi qu'une fontaine qui se perd sous terre, reparaît plus loin, grossie dans son cours par des veines inconnues.
« L'âme peut acquérir quelquefois un développement surnaturel, et recevoir de Dieu un surcroit de lumière et de force.
» L'homme n'invente rien, que selon la mesure du don qu’il a reçu... Qu'est-ce qui le remplit du germe de ses inventions et de ses
connaissances, si ce n’est une lumière divine».
( Virey, antagoniste du Magnétisme. )
Pierre. )
— Sp « Ces communications de l’âme avec un ordre de choses invisible, sont rejetées de nos savans modernes, parce qu’elles ne sont pas du ressort de leurs systèmes et de leurs Almanachs; mais que de choses existent, qui ne sont pas dans les convenances de notre raison et qui n’en ont pas élé même aperçues. »
(Etudes de la Nature, par Bernardin de Saint-
msn ©-Q-0-me——
Jourdain Guibelet, rapporte une histoire
fort singuliere d’une demoiselle affectée de suf-
focations histériques. Dans ses accès, qui duraient
ordinairement plus de 24 heures, sans aucune
apparence de mouvement ni de sentiment,
quoique la langue ou les autres parties qui servent à la formation de la voix ne fussent point empêchées, elle discourait avec tant de jugement et de délicatesse d'esprit, qu'il semblait que sa maladie lui donnât de l’entendement, et lui füt plus libérale que la santé. On n’a jamais vu raisonner avec tant d’art el discourir avec tant de facilité. On pourrait dire, ajoute notreauteur, que le corps étant comme mort pendant la violence du mal, l'âme se re-
rail chez elle et jouissait de tous ses privilèges : les conceptions de l'âme doivent être d'autant plus nettes et plus relevées, qu’elle est plus débarrassée des liens du corps et de la matiere. »
Ecoutez encore ce que dit un autre philo-
sophe, Cabanis :
« J'ai vu, dit ce médecin célèbre, des malades dont le goût avait acquis uüe finesse particuliére,qui désiraientet savaient choisirlesalimens et même les remèdes qui paraissaient leur être véritablement utiles, avec une sagacité qu’on n'observe pour l'ordinaire que dans les ani-
maux... (1) On en voit qui sont en état d’aper-
(1) « M. Bourdois, membre de l'Académie de médecine ; appelé auprès d’un homme de moyen âge, accablé, depuis plus de trente-six heures , par un choléramorbus très-intense , crut entendre le malade proférer dans son délire le mot pèche. Cet habile praticien ; profitant de cette sorte de mouvement instinctif, fit apporter un de ces fruits. Le malheureux agonisant le mange avec avidité, il en demande un second , qui est également accordé. Les vomissemens , jusqu'alors opiniâtres et déterminés par la moindre gorgée de tisane, ne reparaissent plus; leur absence enhardit le médecin. Enfin le malade mangea , ou plutôt dévora dans une uit, une trentaine de pêches , non seulement sans ac-
» cevoir dans le temps de leurs paroxismes, » ou certaines crises qui se préparent, et dont » la terminaison prouve bientôt après la justesse » de leurs sensations , ou d’autres modifications » attestées par celles du pouls, ou des signes » plus certains encore. »
« L’esprit, dit encore Cabanis, peut continuer » ses recherches dans les songes, et il peut être » porté, par une certaine suite de raisonnemens, » à des idées qu’il n'avait pas. »
« C’est pour montrer qu’il ne faut pas mesurer
» la puissance de nos âmes à l’aulne ordinaire par
» laquelle elle ne fait ordinairement rien d’admi- » rable. Si elle n’est pressée, on n’y aperçoit rien » que ce qu’elle a puisé des sens qui est chose com-
» muneàtoutes, Or, que l’âme puisse être pressée
» en telle façon qu’elle puisse venir jusqu’à la divi-
» nation et langage non appris , les exzmples en
» sont fréquens, non pas à toutes sortes de person-
» nes, mais à quelques uns doués d’une vive ima-
» cidens, mais méme avec un tel avantage, que le len- » demain sa guérison était parfaite. » ( Dictionnaire de Médecine en 18 volumes ; vol. 5, p. 190. )
— Ào1I — » gination, qui ès fortes maladies et fievres chau- » des disent des choses à quoy ils n’avoient jamais » pensé, prédisent même les choses fatures, prin- » cipalement quand ils sont proches de la mort, » et lorsque l'âme approchant de sa liberté reçoit » des rudes secousses par l'effort des maladies et » chaudes vapeurs qui montent au cerveau. Et
» C’est, lorsqu'il se fait une collision des objets
fantasiez avec les organes, comme il sort du feu » d’un caillou et fusil frappez l’un contre l’autre, » qui n’estoit manifestement en l’un n’y en lau- » tre, Ou comme il sort une odeur et force d'au- » cunes herbes estant pressées et frottées rude- » ment entre les doigts, qui n’eust pas paru sans » ce froissement. »
« Cette faculté de prévision se trouve, quelque
LA
incompréhensible qu’elle vous paraisse appuyée » sur des faits sinombreux et si positifs, qu'aucun » des hommes qui ont observé le somnambu- » lisme, l’extase ou quelques unes des affections » qui S'en rapprochent, n'ont pu échapper à » celte vérité.
» On est étonné de la foule de noms que lon » peut citer à Fappui de l'existence de ce phé- » nomène.
» Parmi ces noms se trouvent ceux d’Aretée,
» d’Aristote, de Platon, de Porphyre, et de » tous les philosophes de l’école d'Alexandrie À » d’un grand nombre de médecins qui beaucoup » plus tard, ont écrit et professé sur ce sujet, » et tout récemment M. le-professeur Moreau » de la Sarthe dans un article intitulé, Médecine » nentale, a reconnu l'existence de cette éton- » nante faculté; il en est de même de M. Deseze, » et tant de témoignages pourraient-ils se réu- » nir en faveur d’une faculté contre laquelle » la raison se révolte, si des phénomènes réels » n'avaient pas triomphé de tout le scepticisme » des observateurs ? »
Dans le Traité du somnambulisme du docteur Bertrand, on y lit que ce médecin fut témoin de plus de soixante accès convulsifs de la nature la plus grave, qu’il était absolament impossible de simuler, et qui tous avaient été prédits, tant pour leur commencement que pour leur terminaison (à la minute ). Le méme médecin assure qu’une somnambule lui a annnoncé quinze jours d'avance un délire de quarante-trois heures, qui eûl lieu comme elle l'avait prédit, et il s'était assuré que cette somnambule ne conservait aucun souvenir au réveil.
Sauvage, dans sa Nosologie, cite une observa-
ÉTeEEs
tion de Descartes, qui rapporte que deux jeunes filles hystériques se prédisaient mutuellement d'avance les différentes crises de leur maladie. I] en rapporte au même endroitune de Cavaliers, qui dit avoir vu à Fréjus. « Quatre hydropho- » biques qui avaient prédit le jour, et même » lheure de leur mort, et qui moururent au » jour et presqu’à l'heure prédite; moi-même, » ajoute-t-il, j'ai vu un sexagénaire prédire le » jour de sa mort un mois auparavant, el » il mourut d'une fièvre épial au jour in- » diqué(1). »
Les médecins chargés de lexamen du magnétisme , ont constaté des phénomènes semblables. Des épileptiques en somnambulisme ont prédit plusieurs jours, plusieurs mois d'avance, leurs accés; et à l'heure indiquée, malgré toutes les précautions prises pour leur cacher le moment de l'invasion de cette crise, ils en étaient atteints.
Mais, Messieurs, tant de témoignages sont, j ose le dire, superflus ; car ce phénomene s’observe dans tous les cas de somnambulisme, et vous
savez que cet état se voit communément ; 1] ne
(qe) EX] C1 = a, LE À
(1) Sauvage, Nosologie, tome 2, pag
ee faut que faire quelques essais magnétiques , pour s’en assurer. | Ce fut aussi le premier phénomène que les docteurs Rostan et Georget constatèrent a l’hôpital de la Salpétrière; voici ce que dit l’un d’eux :
» J'ai vu, positivement vu, un assez grand » nombre de fois, des somnambules annoncer » plusieurs heures , plusieurs jours, vingt jours » d'avance, l’heure, la minutemême de l'invasion » d'accès épileptiques et histériques, de lirrup- » tion des regles, indiquer quelle serait la » durée , l'intensité de ces accès ; choses qui se » sont exactement vérifiées. »
Moi-même j'ai observé un grand nombre de fois tous ces faits et si je ne vous en offre pas le tableau, c’est que mon témoignage n’ajouterait aucun poids à toutes les preuves que je viens de vous donner.
Je ne m'arrêterai donc pas plus long-temps à vous entretenir de ce phénomène si singulier; car vous pourrez vous-même bientôt, si vous le désirez, vérifier mes assertions, puisque, comme je viens de vous le dire, la prévision est un des phénomènes fréquens qu'offre le somnambu - Jisme.
ob —
J'arrive, Messieurs, à vous parler du déplacement du sens de la vue.
Je devrais, ici, rappeler à votre mémoire, une partie des phénomènes magnétiques dont je vous ai parlé dans ce Cours; vous montrer comme ils s’enchainent, et vous amener par degré à ceux que je crois devoir vous faire connaître.
Si tout vous a semblé merveilleux, étonnant, dans ce que je vous ai raconté, combien ce qui va suivre dépasse encore, s’il est possible, mes précédens récits.
Jusqu'à présent vous avez pu en quelque sorte lier vos idées et même, à un certain point, vous expliquer les effets produits par le magnétisme; mais ici, tout semble échapper à notre jugement, nos Jumières paraissent ne plus suffire, et cependant ce sont encore des phénomènes physiques que nos sens peuvent apprécier ; mais peu accoutumés à leur apparition, nous nous effrayons de leur existence; et frappés de la vérité, nous voudrions que cette vérité n’existat pas, car elle vient déranger la marche de nos idées, et nous reporter vers un ordre de choses dont l'investigation semble se soustraire à nos moyens d'analyse.