‹ Cours de magnétisme animalChapitre 39 sur 44 · RU · texte numérisé non relu

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» doit-être produit, est contenu dans les se- » mences, de même les choses futures sont ren- » fermées dans leurs causes ; que ceux qui ont » des visions en songe, voient distinctement cet » enchainement éternel de toutes choses, que » la vaticination et les conjectures ne sont que » le développement de cette chaîne.

Tout ce qui se peut connaître de la nature est manifeste en nous.

« L'homme, dit Péloquent Buffon, réunit en

» lui toutes les puissances de la nature, il com-

» müanique par ses sens avec les objets plus éloi- » gnés, son inlividu est un centre où tont 6e » rapporte, un point où l'univers entier se ré- » fléchit, un monde en raccourci. »

Cette grande vérité est aperçue darts tout son jour par la découverte du somnambulisme. Dans cet état singulier où la vie semble abandonner quelques parties de l'individu, pour en animer doublementd’autres points,notre corps parait être le jouet d’un étre incompréhensible qui se plait à manifester sa puissance par les aberrations les

plus choquanties des fonctions de nos organes et

A ES par l'exercice des sens là où la nature semblait avoir tout fait pour ne point les y admettre et nous montrer qu'il est une auire lumière que celle en rapport avec nos yeux de chair.

Qu'ils sont blamables, les gens qui pénétrés de la vérité de l'existence du magnétisme, emploient leurs moyens à en restreindre la pratique (1), et combien ils sont aveugles ceux qui se refusent à tout examen ; car si quelque chose aujourd’hui peut nous fournir de nou-

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(1)Oh! Messieurs les médecins, quelle occasion vous avez perdue! Les hommes les plus ambitieux en cherchent toute leur vie de pareille et ne la trouvent point ; ou s'ils la trouvent, ils meurent contens en l’embrassant : et vous, Messieurs, elle vous cherche elle-même , et vous la repoussez ! Ces hommes si avides de l'estime de leurs sem * blables, se croient heureux quand ils peuvent montrer une fois, aux yeux de quelques uns, un peu de supériorité, soit par le cœur, soit par l'esprit; et vous, Messieurs , vous pouviez , ( Ce qui ne se rencontre presque jamais ) prouver à la fois et à tous , et votre cœur et votre esprit. Vous pouviez, en vous montrant les amis généreux de la seule humanité, vous voir déférer le titre de réformateurs d’un art dont on vous a cru les esclaves; il ne fallait peutêtre qu’un peu de patience équitable pour faire éclater les plus grandes lumières, et mériter le plus grand honneur. Non , Messieurs , non , cette occasion est passée pour ne revenir JaMaIs..…...

velles lumières, s’il est une voie pour nous affranchir du joug des anciennes routines, c’est sans contredit l’étude des lois de la vie, Homme, connais-toi Loi- -même, avaient dit d'anciens philosophes ; ; On a répété bien souvent cette insCription, mise sur la porte d’un temple, mais peu de personnes se sont livrées à cette étude qui était il est vrai hérissée de difficultés ; aujourd’hui cependant,il n’en est plus de même,nous pénétrons dans l'intérieur de notre organisation, nous tenons l’un des fils quien font mouvoir les ressorts, nous pouvons assister à quelques unes des scènes de la vie qui semblaient pour toujours devoir être soustraites à nos regards. Honneur, cent fois honneur à Mesmer! il a soulevé le voile qui nous cachait plusieurs opérations de la nature

À Athénes, à Lacédémone ont eut élevé des autels à un tel homme ; on l’a couvert de mépris et de ridicule, sa fortune, sa vie ont été exposées aux plus grands dangers; il a subi le sort de Galilée, poursuivi par le fanatisme de son siècle pour avoir soutenu le mouvement de la terre; on l'a traité de visionnaire, comme le célèbre Ârvé, qui enseignait la circulation du Sang ; on l'a persécuté comme Christophe Colomb qui découvrit le nouveau monde; enfin, on l’a joué sur

ce 10 eur le théâtre comme Socrate, pour le faire haïr du peuple (1).

Je m’écarte de mon sujet, Messieurs, mais lequel d’entre vous resterait froid et méthodique en présence d’une vérité qui luiserait démontrée, si ceite vérité intéressait l'humanité tout entière ; car ce n’est pas seulement comme phénomènes physiques et physiologiques, que les effets magnétiques nous sont utiles à connaître. Mais c’est que de l'étude de leurs lois découient la connaissance des causes d’une foule de maladies nerveuses dont le traitement, incertain par les procédés de la médecine ordinaire, devient facile et assuré par le magnétisme; et de nombreux faits nous prouvent celte vérité. Cest qu'avec celte étude nous sortons äu cercle tracé

depuis long-temps autour des connaissances de

(1) « Ainsi tout grand bienfait, en naissant fut un crime, Tout grand génie un fou, souvent une victime ; Et depuis Dieu, qui vint, subissant notre sort, Instruire par sa vie et sauver par sa mort ; Jusqu’aux sages mortels dont les vives lumières Âu jour de la raison ouvrirent nos paupières, Toujours le monde, sourd aux sublimes voix, Eut pour ses bienfaiteurs des buchers et des croix. »

l’homme ; cercle que lon ne croyait pouvoir franchir, et noustrouvons enfin l'explication naturelle de beaucoup de phénomènes que noire ignorance nous fesait classer au rang des fables.

Nous allons rencontrer partout des observaüons faites avec toutes les précautions convenables et par des gens pourvus dés connaissances nécessaires, des observations, qui vont justifier complètement les assertions que nous avons avancées sur le phénomène de la vue sans le secours des veux.

Dans mon récit j'aurai soin de laisser parler les expérimentateurs eux-mêmes et de ne vous citer mes observations particulières qu’à la suite de leurs témoignages.

Voici un premier fait tiré de la Gazette de Santé et qui est rapporté dans le Journal dé Paris du 24 brumaire, an xiv.

« Les journaux, dit le rédacteur.retentissent en » cemoment des prodiges d’une femme somnam- » bule de Lyon, qui, les yeux fermés, lit une lettre » cachetée, devine la pensée, et rend compte des » sensations qu'on éprouve, éic. ; ce qu'il y a de » plus singulier, c’est que cette femmeest bien née » etquesoit à raison de sonéducation,soit à raison

» de sa fortune elle est au-dessus du soupçon de

— io — » simuler ces étranges scènes : au reste, les per:- » sonnages les plus graves, les médecins les plus » instruits, des savans estimés de Lyon parais- » sent très-convaincus de ces prodiges. »

M. Deleuze, bibliothécaire et professeur d’histoire naturelle au Jardin des Plantes ; rapporte dans un mémoire sur la Clairvoyance des somnambules, Vhistorique que voici: « La jeune malade dit, M. Deleuze, m'avait lu fort couramment sept ou huit lignes, quoique ses yeux fussent masqués de manière à ne pouvoir s’en servir, ensuite elle avait été obligée de s’arrêter, étant disait-elle trop fatiguée: quelques jours après, voulant convaincre des incrédules qu’il ne pouvait mener chez la somnambule, l’auteur lui présente une boite de carton fermée dans laquelle étaient écrits ces mois : arnilie, santé, bonheur. Elle tint long-temps la boîte dans sa main, éprouva beaucoup de fatigue, et dit que le premier mot était amitié, mais qu’elle ne pouvait lire les autres; pressée de faire de nouveaux efforts, elle y consent et dit en rendant la boite, je n’y vois pas assez claire, je crois cependant que ces deux mots sont bonté, douceur : elle se trompait sur ces deux derniers mots;mais comme on le voit, ces mots avaient Ja plus grande res-

Det 413 ass semblance avec ceux qui se trouvaien: écrits, et une pareille coïncidence ne peut pas être attribuée au hasard. »

Voici des attestations récentes, qui sont plus conciuentes:

M. Rostan, professeur à la Faculté de médecine,connu depuis long-temps par plusieurs écrits qui ont fixé l'opinion publique sur son compte; pouvait craindre de perdre beaucoup de l'estime qu’on lui portait en avouant les phénomènes de lucidité somnambulique ; il n’a pas hésité cependant, et l’article magnétisme dans le Dictionnaire des Sciences médicales, contientplusieurs faits extrémement curieux et qui se rapportent à ceux dontje vous entretiens.

Ce médecin cite l'observation d’une somnambule qui lui a indiqué exactement et à plusieurs reprises, l'heure que marquait une montre placée derrière sa tête.

Voici cette expérience:

Aprés avoir parlé des facultés somnambuliques en général, M. Rostan s'exprime ainsi:

« Mais si la vue est abolie dans son sens natu- » rel,ilesttout-à-fait démontré par moi qu’elle » existe dans plusieurs parties du corps. Voici » une expérience que j'ai fréquemment répétée :

it 414 ——

cette expérience a été-faite en présence de M. Ferrus. Je pris ma montre, que je plaçai A3 OÙ 4 pouces derrière l’occiput. Je demandai à la somnambule si elle voyait quelque | chose; certainement, je vois quelque chose qui brille; ça me fait mal. Sa physionomie exprimait la douleur ; la nôtre devait exprimer l'étonnement , nous nous regardämes, et M. Ferrus , rompant le silence, me dit que puisqu'elle voyait quelque chose briller, elle dirait sans doute ce que c'était »

» Qu’est-ce que vous voyez briller? 42! je ne sais pas, je ne puis vous le dire. Regardez bien Attendez. ca me fatigue... Attendez, c'est une montre. Nouveau sujet de surprise. Mais si elle voit que c'est une monire, dit encore M. Ferrus, elle verra sans doute lheure qu’il est: Pourriez-vous dire qu’elle heure il est? Oh! non, c’est trop difficile. Faites attention, cherchez bien? Attendez... je vais tächer… je dirai peut-étre bien l'heure, mais je ne pourai jamais voir les minutes. Et après avoir cherché avec la plus grande atienti on il est huit

héures moins dix minutes; ce qui était exact.

» M.Ferrus voulut répéter lexpérience lui-même,

et il la répéta avec le même succes. Il me fit

» tourner plusieurs fois les aiguilles de sa mon- » tre, nous la lui préseniâmes sans l'avoir regar- » dée, elle ne se trompa point. ( Extrait du Dictionnaire de Medecine , imprimé à Paris , en 1827, article Magnetisme. )

M. Georget, autre collègue de M. Rostan, affirme avoir observé une somnambule qui lui a présenté des phénomènes fort étonnans de prévisionet de clairvoyance,tellement,ajoute-t-il, que dans aucun ouvrage de magnétisme, pas même dans celui de Pététin, je n’ai rien rencontré de plus extraordinaire, ni même dans tous les phénomènes que j'ai été à même d’observer.

« Mettra-t-on en doute, la benne foi de ce méde- » cin ? Mais qu’avait-il à gagner en publiant ses » observations?rien que du méprissilemagnétis- » me ne triomphait pas; il na écouté aucune » considération personnelle, et il a dit la vérité.»

Le docteur Rostan se rend garant de la véracilé de son confrère,il dit: « Tout ce qu'a publié M. Georget, je lai vu, plusieurs des expériences ont été faites chez moi, nous n'avions d’autre but l’un et l’autre que celui de nous instruire. Nous apportions tous deux un esprit de doute.

Si nous pensions qu’il eût été dupe, voudrions-

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