MESURE DE LA RÉSISTANCE INTÉRIEURE D'UNE PILE
Théorie.
La méthode que nous emploierons a été inventée par sir W« Thomson; il m*a été donné de Tétudier et d*en apprécier les avantages dans le laboratoire de M. Desains, et je suis heureu^t d*en trouver dans le Journal de Physique un exposé complet» dû à la plume de M. Mouton, directeur-adjoint de ce laboratoire à l'École pratique des Hautes Études (*). Je le reproduis pres^ que intégralement.
On introduit, dans le circuit de la pile P, dont on cherche 1^ constante, un rhéocorde r ijig. 100) et un galvanomètre &; celui-ci marque une déviation 8. On jette alors un pont AB d^ résistance 5, y compris celle du shunt intercalé S : la déviation du galvanomètre diminue ; on la ramène à sa valeur primitive ^ en diminuant le fil du rhéocorde r.
Soient G la résistance du galvanomètre, b celle du rhéocorde
à la première expérience, E la force électromotrice de la pîl^>
jc sa résistance, et i Tintensité du courant correspondante la
déviation 8 ; on a
i= -Fi r •
( * ) Jamin et BouTY, Cours de Physique de V École Polytechniçue, t. IV, i^fasc.» pages 58, 98 et 109.
(^) Journal de Physique, V, p. i/|5; 1876.
LXIII« M. — RÉSISTANCE INTÉRIEURE D'uNE PILE.
A la deuxième expérience, le rhéocorde a une résistance b'y 5t Von démontre sans peine que
^(5-h6'-+-G)-h5(6'-hG)'
d*où, en égalant et réduisant,
Généralement le galvanomètre est placé sur une dérivation mn de o°», o3o à o°»,o4o de longueur pour un diamètre du
Fig. 100.
fil de cuivre de o"*,ooi environ. On peut aussi employer le shunt spécial au galvanomètre que nous avons décrit dans la précédente manipulation.
Le rhéocorde de Pouillet se prête fort bien à celte expé- ^cnce, à condition d'avoir 1° de long et d'être formé de fils suffisamment résistants, tels que seraient des fils d'acier de j de millimètre au plus de diamètre.
Une boîte de résistances peut servir de shunt S : il suffît de ^ ohms.
'i9'^ CHÀP. XI. — ÉLECTRICITÉ YOLTÀÎQUB ET ÉLECTBOXAGNÉTISME.
Le galvanomètre doit être à lecture directe et non à rélloxion.
l«a rt^sislance des conducteurs qui relient les divers instruuumUs sera négligeable : on emploiera très avantageusement do larges bandes de cuivre rouge, fixées à demeure sur la table.
Manuel opératoire.
1° Le rhéocorde présentant sa résistance maximum, et le pont AB n'étant pas fermé, on règle la dérivation du galvanomètre de manière à avoir une déviation 8 d'au plus 3o<» : on la note avec soin, ainsi que la longueur b du rhéocorde.
2° On introduit par le shunt S une dérivation de résistances. La déviation galvanomélrique diminue; on la ramène à sa valeur primitive en diminuant le fil du rhéocorde qui marque, par exemple, b'.
Résultats.
Cette manipulation exige quelques minutes; elle est d'un^ exécution très facile et donne de bons résultats. Voici, d'après M. Mouton, une détermination faite sur un élément Daniel!, moyen modèle, rempli aux § avec des dissolutions de sulfal^ (le zinc et de sulfate de cuivre.
11 emploie un rhéocorde de Pouillet à fil de platine de { mil— llmèlre de diamètre; le shunt du galvanomètre est formé de o'^, oi5 de fil de cuivre de o™,ooi de diamètre; enfin s est égal ;\ une unité Siemens.
/f -- lOOO,
.V - : I Siemens, // - i85,
Dans ce calcul, M. Mouton n'a pas tenu compte de la l'ésislanoo Cl du galvanomètre.
Le niènio^ physicien a trouvé, pour une pile Bunsen, i3M9 do lil IVantjais, soil o**»"', laS, alors que l'élément était monte
LXIT* M. — MÉTHODE DE POGGENDORFF ET DE BOSSGHÀ. SQS
[epuis une heure environ. Mais rien n*esl plus variable que îelle résistance, qui dépend des dimensions des électrodes, de eur position relative, de leur surface immergée, de la concentration des liquides, etc.: les chiffres que Ton produit dans es Traités spéciaux n'ont donc rien d'absolu et ne peuvent ionner qu'une simple indication. Cette remarque s'applique évidemment au Tableau suivant :
Résistance intérieure des piles.