‹ Cours de manipulations de physiqueChapitre 157 sur 206 · I. Épreuve négative · texte numérisé non relu

I. Épreuve négative

I*» Les plaques de verre sont immergées pendant douze heures dans un bain alcalin, et une heure dans une solution acide; puis on les nettoie au tripoli, en les frottant avec un tampon imbibé d'alcool. Une glace bien nette, étant exposée au souffle, doit se recouvrir régulièrement de buée; c'est le meilleur moyen de s'assurer que le décapage et le polissage sont suffisants.

2* On prépare l'opération en filtrant le bain d'argent et en mettant l'appareil photographique au point.

3*» Il est temps de collodionner la plaque; pour cela, on lî» brosse légèrement au blaireau et l'on verse le collodion près de l'angle opposé à celui par lequel on tient le verre; puis, doucement et sans précipitation, on incline la plaque de manière à la recouvrir entièrement. L'excédent est déversé dans le flacon de collodion {/ig. 124).

4^ Aussitôt que la glace a pris l'apparence d'un verre dépoli, on l'immerge dans le bain d'argent d'un seul coup. Au bout d'une minute environ, on la relève à l'aide du crochet et l'on examine si le liquide à la surface présente des traînées huileuses; dans ce cas, on la replonge dans le bain et on l'y laisse encore une demi-minute environ. Quand on la relire, la couche doit présenter une nappe blanche d'apparence laiteuse, sans taches graisseuses. On laisse égoutter un instant la glace et on l'enferme dans le châssis.

5» On vérifie une dernière fois la mise au point et, le châssis

LXXIII» M. — PHOTOGRAPHIE. SSg

ni en place dans l'appareil, on lève la planchette à coulisse, ist impossible de rien préciser relativement à la durée de ?ose.

)• Pour développer Timage, on y déverse, à Taide d'un fre à pied, la solution de sulfate ferreux; les grandes luères apparaissent en noir.

7'' Dès que Timage ne gagne plus en intensité, on la lave wsle robinet d'une fontaine.

Fig. 124.

^^ Il est rare que le bain de fer suffise pour amener Té- •Uve au point voulu; on la renforce, en y versant la solua pyrogallique, additionnée de quelques gouttes d'une ution faible de nitrate d'argent. On lave encore à grande

® Le flxage se fait dans une cuvette sous une épaisseur

jomin ^Q liquide. Les parties blanches deviennent transpa-

tes, de jaune opalin qu'elles étaient. On finit par un dernier

ge avant de vernir le cliché.

!• Épreuve positive :

' La sensibilisation du papier se fait en l'appliquant à la

36o CHAP. XIII. — DE LA LUMIÈRE EN GÉNÉRAL.

surface du bain d'argent pendant cinq minutes; on le suspend pour le faire sécher.

a* Le papier est disposé contre le cliché, dans le châssis, el exposé à la lumière diffuse ; il est difficile d'indiquer le temps nôoessaîre au tirage de l'épreuve ; la coloration qui semble suAisante doit être dépassée, car les tons perdent de leur \aleur dans les opérations subséquentes.

3* Le virage commence dans un bassin d'eau pure; dans le bain d'or, les teintes foncées tournent au violet; l'épreuve est ensuite reportée dans l'eau.

4* Le fixage se fait dans une cuvette; il exige quinze minutes. Le bain sera toujours neuf, mais il peut être de préparation ancienne.

5* Un dernier lavage, qui doit être prolongé une dizaine d'heures, achève l'opération; il ne reste plus qu'à sécher, coller et encaustiquer l'épreuve. Le vernis et l'encaustique devront être achetés.

Causes des insuccès (*). — En Photographie, il faut s'attendre à tout, même à ne pas avoir d'épreuve; cela peut tenir à Tune des causes suivantes :

Dérangement des verres de l'objectif, ou lentilles couvertes de buée; pose trop courte; lumière trop faible; voiles empêchant ou détruisant l'épreuve; manque d'iodure dans le coUodion; bain d'argent trop alcalin ou trop acide; bain trop pauvre, chargé de matières organiques; bain de fer peroxyde.

Los voiles, effaçant plus ou moins l'épreuve, peuvent être causés par Taction intempestive de la lumière ou quelquefois par des émanations réductrices, sulfureuses ou ammonlaoalos; mais, le plus souvent, ils sont dus à un défaut denel- UMo dos glaces, ou ;\ remploi de substances impures ou ma' pi\>porUonnôos. Les voiles apparaissent encore, lorsque If dévoloppomont a été continué trop longuement, surtout sile> doxoloppatours ne contiennent pas assez d'acide acétique. ri\>p do rotarii dans le développement donne aussi de> \oilos accompagnés de taches et de points blancs; le délai maximum, outre Tinstant où Ton retire la glace du baind'ar-

^ ' ' jo ^ou^^Mo lo 1^'ieur à loxeellenl Traite de M. Cordier, qu'il est impt»** *\^\o \lo ïN^-'iWwor OM quelque» li^ne^.

LXXIII® M. — PHOTOGRAPHIE. 36 r

gent et celui où l'on développe, ne doit pas dépasser cinq minutes en été et dix en hiver.

Il se produit souvent des teintes rousses au développement; elles sont causées par un collodion, bain d'argent ou révélateur trop alcalins, et quelquefois par un excès de lumière dans le laboratoire. Une pose trop longue donne aussi une teinte uniformément rouge, sur laquelle se dessinent confusément les détails de Tobjet.

Une des recommandations les plus pressantes à faire aux commençants est d'avoir la plus exquise propreté et de conserver les bains dans toute leur intégrité ; il suffit de quelques gouttes d'hyposulfîte dans un bain quelconque, ou d'un lavage insuffisant, pour compromettre une série d'épreuves.

Les causes d'insuccès ne sont pas moins nombreuses poulies positifs sur papier. Un bain d'argent trop faible donne à l'épreuve une couleur rouge terne au sortir des châssis; un virage insuffisant conduit à une épreuve rouge après fixage, tandis qu'elle est bleue quand le virage a été trop prolongé. Une épreuve jaune dans les blancs, ayant une apparence fanée, accuse un vice général de l'opération ou des bains, et le plus souvent elle témoigne d'une insuffisance de lavage. Les piqûres des parties foncées tiennent à un fixage imparfait.

Les écueils sont si nombreux, qu'il est impossible d'obtenir dans les commencements des épreuves irréprochables; mais avec de la patience, beaucoup de soins et les conseils d'un praticien, on arrivera rapidement à la perfection relative qu'on est habitué d'exiger des gens du métier, et au-dessous de laquelle un physicien serait honteux de rester, du moment que, produisant ses œuvres, il s'expose au jugement de tous.

^2 ca4P. nr. — nsncvcns b^'optiqcs.

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