LXXXVII® M. — DÉTERMINATION DU SIGNE DES CRISTAUX
essayer; les hyperboles s'élargiront. Elles s'élargiraient encore si les lames étaient de signe contraire et que la rotation eût lieu autour d'un axe perpendiculaire à la section principale de la lame à essayer.
Celte étude doit se faire nécessairement en lumière monochromatique, caries branches d'hyperbole ne sont distinctes avec la lumière blanche qu'autant que la lame est très mince.
IL Cristaux biaxes:
I» Pour reconnaître le signe de ces cristaux, on emploie souvent un procédé imaginé par Biot : superposant au cristal le prisme de quartz décrit précédemment, on l'introduit par le tranchant et on le fait glisser de manière à augmenter l'épaisseur traversée par les rayons convergents. Si le cristal est positif et que l'axe du quartz soit parallèle au plan des axes de la plaque considérée, les anneaux paraissent grandir et ils se rapprochent du centre, en figurant un huit couché, en même temps qu'un nouvel anneau se forme autour du pôle; si le cristal était négatif, les anneaux s'avanceraient vers les axes.
Généralement, on porte uniquement son attention sur l'orientation de la lame prismatique, nécessaire pour faire marcher les anneaux vers le centre; si le mouvement a dû être dirigé parallèlement au plan des axes optiques, c'est-à-dire à leur bissectrice obtuse, on conclut au signe positif; un mouvement perpendiculaire annoncerait un cristal négatif.
2® M. de Norremberg a perfectionné ce procédé de la manière suivante.
Il commence par orienter le cristal à étudier de manière que les pôles des lemniscates soient dans l'azimut 45% et il observe ces courbes à travers un quartz perpendiculaire, placé entre l'oculaire et l'analyseur. En faisant tourner alors ce quartz autour d'une ligne parallèle ou perpendiculaire à la ligne des pôles, il voit naître au centre du champ des parties ondulées de lemniscates, analogues aux hyperboles mobiles de Savart; si ce phénomène accompagne une rotation autour d'une perpendiculaire à la ligne des pôles, le cristaf est positif; sinon Ton aurait affaire à un cristal négatif.
CHAP. XVI. — POLABISATfON.
Réanltats.
Cristaux uniaœes.
Pottilifs.
Négatifs.
Apophyllite.
Boracite.
Dioptase.
Glace (HO).
Phénakite.
Anatase.
Apatite.
Béryl.
Corindon.
Émeraude.
Quartz.
Idocrase.
Scheelite.
Mellite.
Stannite.
Mica.
Sulfate de potasse.
Tungstate de zinc.
Zircon.
Néphéline.
Octaédrite.
Rubellite.
Rubis.
Saphir.
Spath.
Tourmaline.
Vernérite.
Cristaux biaxes.
Po»îtif«.
Acétate de cuivre.
Albite.
Andalousite.
Anhvdrile,
Barvtine.
Calamine.
Clinochlore.
Cymophane.
Diopside.
Épidole.
Euclaso.
Gypse.
llarmolomo.
Labrador! le.
Aragonite
Axinite.
Borax.
Brookite.
Céruse.
Cordiérite.
Disthène.
Mica.
Nilre.
Orthose.
Senarmontite.
StUbile.
Sulfate de zinc.
Sulfate de magnésie.
LXXXYIII^' M. — MESURE DE L*ÉGARTEMENT DES AXES.
Cristaux biaœes (suite).
PoÂiUfs.
Mésotype.
Oligoclase.
Péridot.
Platinocyanure d'ytrium.
Prehnite.
Sel de Seignette.
Sphène.
Staurotide.
Sulfate de potasse.
Topaze.
Sucre de canne.
Talc.
LXXXTIIP MANIPULATION.
MESURE DE L'ECARTExMENT DES AXES.
L'angle des axes optiques n'est pas le même dans tous les cristaux; pour une substance déterminée, il varie encore d'une couleur à l'autre et il change môme plus ou moins avec la température.
Pour opérer la mesure de cet angle, on taille le cristal perpendiculairement à la bissectrice aiguë, et, le faisant tourner sur lui-même, on amène successivement les deux foyers des lemniscates dans l'axe optique de l'appareil de polarisation. L'angle dont le cristal a tourné est égal à l'angle apparent des axes, c'est-à-dire à celui des directions que suivent dans l'air les rayons qui ont traversé le milieu biréfringent suivant les axes.
Connaissant l'indice de réfraction moyen n du cristal, on peut calculer la valeur de l'angle intérieur; en effet, appelons 2V
4i^ OUr. \fl. — POLAIISÀTION.
Tandie jppareat mesuré, 2x l'angle cherché, nous écrirons
siiiV
sinx
Ouaud l'écart des axes est trop grand dans Tair, on opère dans l'huile ou daos un mélange d'alcool et de sulfure de carbone» d^indice i »5o environ, suivant la méthode indiquée par M. tirailich : les deux niçois sont fixés sur la cuve même dans laquelle est renfermé le liquide auxiliaire.
Description.
Les microscopes polarisants se prêtent généralement à la mesure des angles des axes: on les renverse horizontalemeiii et on remplace les gtaces par un nicol polariseur, ainsi que le représente layiV* m9*
La plaque esl supportée par une pince A, mobile sur un cercle divisé: le vernier, dont l'alidade est munie, permet d'eslimer le ^ de degré.
Pour donner à Tœil un point de repère, roculaireC porte un réticule à trois lîls, dont Tun croise les deux autres à angle droit, ou bitMi un micromètre gravé sur verre.
Quand ou veut mesurer les angles à diverses températures, on enferme le cristal dans une étuve à air en cuivre rouge B, dont les ailes sont chauffées par deux lampes à alcool L et L'; les thermomètres inclinés t et r' marquent la température. On peut aller jusqu'à Soo**, en évitant toutefois de maintenir longtemps celte température, car le collage des niçois pourrait en souffrir.
Ce dispositif, qui est dû à M. Laurent, permet encore d'opérer dans l'huile ; mais, dans ce cas, il est nécessaire d'amener Tobjeclif du microscope au contact de la cuve, de manière à reproduire les conditions de Texpérience de M. Grailich. On emploie ordinairement de Thuile d'olive décolorée par exposition au soleil.
' KBSUBE DE L'ëCÀRTEXENT DES AXES.
Maonel opératoire.
' Les deux niçois étanl croisés, on cherche par tâLonnei( à obtenir deux systèmes d'anneaux colorés bien synié-
ues par rapport à l'axe de l'appareil; la droite menée du r d'un système d'anneaux au foyer de l'autre doit ètndiète au cercle divisé, donc horizontale.
44o CDAP. XVK — POLARISATION.
Quelques opérateurs préfèrent placer Taxe à 45® des sections principales des niçois, parce que les branches d'hyperbole ainsi obtenues peuvent faciliter la détermination exacte des centres des anneaux.
2» On amène un des foyers devant l'œil, en coïncidence avec le centre du micromètre, et l'on note la division sur laquelle s'est arrêté le vernier.
3® Faisons maintenant tourner la tige qui traverse le limbe gradué; le second foyer devra s'arrêter au même point de repère que ci-dessus.
L'angle de rotation est égal à 2V.
4** On en déduit 2x par le calcul.
Résultats.
Angle des aies Subslances. Indice moyen. poarlejaane.
Cordiérite i,54 Sg.So
Diopside i ,68 58 . 67
Aragonite i ,63 17.50
Barytine 1,64 36.59
Plomb carbonate 2 ,00 8.7
Le déplacement des axes par la chaleur s'observe dans la glaubérite, la kaluszite, la heulandite et le feldspath. Mais c'est dans le gypse que ce phénomène se présente avec le plus d'intensité et s'étudie avec le plus d'intérêt.
A la température ordinaire, les axes sont écartés d'environ 58«; vers 92<*, ils se confondent et le cristal paraît uniaxe; à partir de ce moment, ils s'écartent de nouveau, mais dans un plan perpendiculaire au premier. Il est prudent de ne pas poursuivre l'expérience au delà de 120®, car il ne resterait bientôt qu'un fragment de plâtre à la place du cristal transparent qui produit ces curieuses apparences.
Quand on connaît les trois indices n',n\ n"', on peut calculer l'angle de l'un des axes avec la ligne de plus grande élasticité par la formule