REMARQUE SUR LES RÉSULTANTES ET SUR LES FORGES ISOLÉES
37. Il ne faut pas perdre de vue qu'une résultante est une force fictive qui équivaut à ses composantes quand on la fait entrer dans les équations de la mécanique, mais qui n'a aucune existence réelle.
Plus généralement, une force finie isolée, telle que celles que l'on considère dans la mécanique rationnelle, est nécessairement une force fictive, c'est-à-dire une résultante d'actions élémentaires. Si en efiet une force finie était réellement appliquée à un point géométrique d'un corps solide, cette force excéderait la limite de résistance du solide en ce point, et l'équilibre moléculaire serait nécessairement troublé. Nous avon^ vu que la limite de résistance s'exprimait par une force rapportée à (unité de surface; si la surface d'application était nulle, la tension ou la pression correspondante serait infinie, et par suite la limite de résistance serait dépassée. Aussi il faut s'habituer à considérer les forces de la nature comme des forces infiniment petites réparties entre les éléments infiniment petits des corps, et du même ordre de grandeur que ces éléments, de manière que le rapport de la force totale à la surface ou au volume qui en subit l'action soit toujours un nombre fini.
C'est ainsi que le poids d'un corps, résultante fictive des actions de la pesanteur, est réparti entre toutes les molécules, qui chacune ont un poids infiniment petit.
Pour exercer un efibrt en un point géométrique d'une poutre* il faudrait concentrer une surcharge sur ce seul point de la portée, ce qui est impossible, car la surcharge occupe nécessairement une certaine étendue.