INTRODUCTION
Les machines servant à déplacer les fluides, et plus spécialement celles qui sont destinées à l'élévation des eaux, ont été mieux étudiées par les ingénieurs que par les savants de profession ; en dehors de la détermination assez incertaine des pertes de charge que subît le liquide dans son passage à travers les conduites et les soupapes, les constructeurs ont dû se préoccuper de l'équilibre dynamique des systèmes, afin de proportionner les organes des pompes, et de régler leur vitesse de fonctionnement. Sous ce rapport, les appareils qui mettent en jeu l'inertie d'un fluide pesant, constituent un exemple à peu près isolé des groupes matériels dans lesquels les masses en mouvement ne sont pas dans une dépendance complète l'une de l'autre, car le piston peut aussi bien devancer la colonne d'eau aspirée, qu'il peut rester en retard relativement à Teau qu'il refoule.
Les travaux auxquels se sont livrés les ingénieurs à l'époque de la substitution des machines d'épuisement à rotation et à détente aux anciennes machines d'exhaure, ont préparé la voie à des inventions très diverses, mais qui toutes ont un objet commun : imprimer le mouvement à une colonne d'eau de hauteur constante, au moyen d'une force motrice variable^ due à la pression décroissante de la vapeur sur un piston. Les solutions ingénieuses de Worthington, Davey, Bockholtz, Rittinger, Riedlèr, etc., sont sorties de recherches théoriques à peine
soupçonnées ; l'ouvrage qui les Loordonnera d'une manière complète est encore à faire, et celui que nous publions n'en est en quelque sorte que le pro^^Tamnie dévelupp^ ; nous avons eu pour but, en récrivant, de présenter, avec autant d'unité et de concision que possible, la théorie des machines servant à déplacer les fluides, telle que nous l'eniseignons depuis plusieurs années à l'Ecole spéciale du Génie civil de Gand.
Le lecteur qui voudra pousser plus loin ses recherches pourra recourir au traité théorique de Fi7ik (*), à Touvrage très étendu de Poillon (2), et à celui de Hartmann (') qui vient de paraître. Le chapitre remarquable consacré par fliïfilmann {*) aux machines élévatoires est surtout précieux par ses aperçus historiques et ses indications bibliographiques.
1. C, Fîïik, Théorie und Konstruktion. df;r Brunnen-Anlagen, Kolhen und Zentrifiigalpum>pen, etc- Berlin, Guertnt^', 1878.
2. L. Poillon, Tt atté thèorh^ue et praiîqttt^ des pompes et machines à élever ïes eaux. Paria, E, Bernard ai C^ 1883,