‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales. Anatomie microscopique et physiologique des fluides de l'économieChapitre 116 sur 123 · INJECTIONS CHEZ LES CHEVAUX · texte numérisé non relu

INJECTIONS CHEZ LES CHEVAUX

Le iSat’ril. — Injection de 2 litres de lait de vache frais el chauffé au bain-marie jusqu’à la température de 38° ceutigr.

53,Q COURS RE M^CROSlCOPIE.

dans la veine jugulaire d’un clieval. — L’animal nç torohepaa; il retourne à l’écurie et mange. ■ — 'Mort iine demi-heure après. — Injection de 4 litres du même lait dans la veine jugulaire, d’un second cheval. - — L’animal se couche un quart d’heivre après l’opération. Mort au bout d’une heure.

22 juillet. — Injectiori d’un petit verre à boire ordinaire de lait , au moment où il vient d’être trait , dans la veine jugulaire d’un cheval vigoureux affecté de la, morve,., — - L’animfd lornbe comme frappé de la foudre, — biu l’êspirutiftu e.sl haletante, les battements du cœur précipités. . — Il meurt dansda nuit"

Le i(Q juin. -T- Injection de 3 décilitres et derni de lait de vache dans la veine jugulaire d’un cbcval. II, tombe, llroidit ses membres, et meurt promptement. — Injection de 3 déci.r litres de lait tiède dans la veine jugulaire d’up cheval entier, très-bien çonstltué et vigoureux. L’animal iQmbe, et s, e débat; il meurt presque aussitôt,.^ — Injection, de, 3- décilitres, de, lait dana la veine jugulaire d’un ç,heyal hongre at&e?, vigoureux, -n Il chaucelle, tçmbe et se débat pendant quelques minutes ; il se relève et paraît mieux. — Nouvelle, injection, de 3. décilitres ; sans accident. . — ■ Troisième injection d’un,e égate quantité, de lait. . — Rien encore , nmis l’animal m,çoVt au bout do sjx, heures, -rr- Injection de 3 décilitres, de lait eke^ un, ebevinà bongVÇ ue peu épuisé. — Il to,mbe,^ s^ débat et ae,rçlève-. An, bftqt d’uuc heure et demije il tçmb,e de. no.uyejau,, et umJaiît après .cinq heures.

.anon,

i^août. — Injection de 3o grammes de lait de vache frais, dans la veine jugulaire d’un ânoa ; Tanimal tombe , la respiration est haletante ; mais il se, rdèye. et n;’éprouyÆ, |^s d’autre accident,.

INJECTIONS. DANS LES Ç4YI,Tɧ- aÉBBpSJÇS. .

1 2 mai. • — Injection de. 4 grammes, de lait dans la plèvre droite d’un petit chien. — Aucun accident, Aucune trace de celte injection au bout d’un mois.

ÇQCÜMENXS. 531

iS mai., -T- Injectien, d,e 24. gTaraaiea de lait dans la plèvre droite d’un çW^a vigoureux , de moyenne taille- — ^ Aucun décident. Le 1 3 juin ^ à l’autopsie ^ auc-ane trace de l’injection» x^mai. — In jection de 8 grammes de lait bouilli dans le péritoine d’un chien de moyenne taiUe. Rien. Le 21 juin , aucune trace de celte injection.

18 mai. — Injection de 4 grammes de lait dans la plèvre d coite d’un lapin- Le 25 juin , aucune tracn de cette, injeelion.

27 aoûu Autre injection de lait dans la plèvre d’na chien. *— Même résultat.

INJECtaONS DE DIFFÉRENTES AtPTEES SUBSTANCES.

Ze i3 ojoût. — Injection de 6q grammes de dissolution gélatineuse de colle de poisson dans la veine jugulaire d’un chien moyen. — ■ Aucun accident.

ig août. — Injection de 16 grammes de bouillon de Bœuf léger dans la veine crurale d’un chien moyen-, — Pas d’aceidenti Idem, — Injection ele 8 grammes de solution concentrée de dextrrne,. dans la veine axillaire d’une poule. ^ — Rien.

Le 25. — Injection de. 65. grami»e.s d’eau gommée assez épaisse, dans la veine jugula.ire d’un chien moyeu. ^ — ..Vomissement. — Aucun autre accident.

Idem. ' — Injection de 4^* gramnies de solution assez concentrée de dextrine dans la veine jugulaire d’un chien moyen. Aucun effet.

1®'' septembre. — Injection de 65 granimes de dissolutian de fécule dans la veine jugulaire d’uu ehien moyen. — Aucun ac-*» cident.

2 septembre. — r- Injection de i4 grammes de dissolution de fécule dans la veine eruralé d\m lapin. — L’animal paraît trèssouffrant , et il est prêt à monrir au bout de deux heures. — On le tue. — Aucune trace de fécule dans rurine.

3 septer^re- — Injection de6o grammes d’eau sucrée dans la veine jugulaire d’us chien. L’urfne recueîRie trois heures et demie après, fermente avec la levure de bièi’e, — Pas d’accident.

Idem. — Injection de 65 grammes de dissolution de fécule dans la veine jugulaire d’un chien. ■ — ■ L’urine recueillie ne présente aucune trace de fécule. — Pas d’accident.

4 septembre. — Injection d’une solution de sucre de diabète dans la veine jugulaire d’un chien. — L’urine recueillie ne fermente pas avec la levure de bière. — Pas d’accident.

RÉSULTATS DES EXPÉRIENCES SUR L’ ALIMENTATION DES CHIENS AU MOYEN DU LAIT ET DD BOUILLON DE YIANDE.

Deux chiens, nés le 6 décembre i84o , tettent leur mère jusqu’au 21. — L’un est mis au régime du lait de vache , l’autre au bouillon ; le premier A pèse ôyS grammes ; le second B 670. Le 25. — Le premier A pèse 6io gramm., augment. 35 gramm.

Le second B — 65o — diminut. 20 —

Changement de régime réciproque.

Le 3o . —A ne pèse plus que 55o gr., dim.. 60 gr.

B pèse . 660 ■ — augm. 10 —

Léo. jam. i84i. — A ne pèse plus que 5oo — dim.. 5o •—

B pèse . 690 — augm. 3o —

A est dans un tel état de faiblesse , qu’on est obligé de le remettre au lait ; mais il meurt peu de temps après.

B continue de prendre du lait de vache, et le ii janvier il pèse 865.

Le 20 février 1841 •—■Deux chiens de la meme mère, âgés de 3o jours , sont mis , l’un au régime du lait de vache , l’autre au régime du bouillon de viande et de la soupe.

Le premier , tout blanc , pèse 720 grammes.

Le second, à oreille noire , pèse 74®

Le 26. — Le blanc , nourri au lait , pèse 875 L’oreille noire , à la soupe , 688

Le sang de ces deux chiens est examiné au microscope , et le 3 mars il présente des différences notables.

Celui du premier , noiuri au lait , offre des globules nom-

DOCÜMENTS. 533

breux bien nets dans leur contour, de couleur assez prononcée, ne se confondant pas entre eux ; ils ne s’altèrent que très-lentement dans leurs formes sur la lame de verre.

Les globules du chien nourri à la soupe sont moins nombreux , plus pâles , moins nets sur les bords , se confondent entre eux et s’altèrent en se déformant très-promptement ; ce résultat a été noté sans savoir auquel des deux chiens le sang appartenait. La différence devient encore plus tranchée au bout de quelques jours.

Ze 3 mars. — Chien blanc, nourri au lait. i ,000 grammes. Chien , oreille noire , à la soupe, 687

Changement réciproque de régime.

Ze 1 1 mars. — Chien blanc , mis à la soupe. 1 000 Oreille noire , mis au lait. 8^5

Le 16 mars. — Chien blanc , aspect chétif. 970

Oreille noire, vif et bien portant. 1,06 2

L’examen du sang démontre exactement le même résultat que précédemment. L’altération des globules est évidente dans le sang du chien nourri à la soupe , et elle est de même nature que celle que j’ai décrite.

Le 2 mai. — Ces deux chiens ont été remis au régime du lait, et maintenant ils mangent tous deux la soupe depuis un mois ; ils sont très-bien portants tous deux ; mais celui qui a été mis jeune au régime du bouillon n’a jamais atteint le degré de force et de développement de l’autre , quoiqu’il fût le plus fort au début de l’expérience.

L’un pèse 4 hilograrames.

L’autre 2,800

Rapport sur wi Mémoire de M. Î3on^ié conlenahl, ï°. la description d’un instrument dit lactoscopè , propre à indiquer la proportion de crème contenue dans le lait; 2®. V exposition d’un moyen pratique de reconnaître le mélangé du lait avec Veau; dès expériences sur V influence dé la glacé ou dun • abaissement de température sur le lait ; 4®. l’indication d’un ■ système d’appareil propre à contenir le lait sous Une température abaissée par la glace, soit pour le conserver, soit pour le faire voyager.

(Commissaires, MM. Thénard, Clievreul, Boussingault , Régnault, Séguier, rapporteur.)

( Extrait des Comptes rendus de V Académiè des Scterices , séance du 25 septemljrè 1543. )

« Pour apporter quelque ordre dans le rapport que no® allons faire , nous crojons devoir donner d’obprd, et très-succinctement 5 la description des divers appareils que M. le docteur Donné a soumis à votre examen ; nous vous exposerons ensuite la sérié d’expériences auxquelles votre commission a Jugé convenable de les soumettre pour constater leur efficaeîté.

« Le premier appareil sur lequel M. le docteur Donné a provoqué votre attention , est son lactoscopè , instrument destiné à faire connaître , par la sèule mesure de Y opacité d’une coucbe de lait, le plus ou le moins de crème contenue dans ce. lait. Getle méthode a pour base la compafaîsôn du lait dont on veut connaître la richesse , avec un lait normâl dont les éléments constitutifs , reconnus au moyen "de l’analyse chimique, ont servi de point de départ et de règle pour l’appréciation de la valeur des indications fournies par l’iiistrument dont nous allons essayer de donner une rapide description.

« Le lactoscopè consiste en un tuyau oculaire, composé de deux tubes concentriques montant l’un sur l’autre à vis. Chaque tube porte une glace plane; les deux glaces peuvent être, au moyen du pas de vis, amenées à un contact parfait. Le rapport des tubes entre eux est indiqué à cet instant par la coïnci-

deijce d’un zéro placé sur l’un d’eux , vis-à-vis d’une petite flèclie gravée sur l’autre ; l’espace généré entré lés glacés , à mesure qué l’on dévisse les tubes , est indiqué par uné division tracée sur la circonférence du tube intérieur. Comme l’înclinâison du pas de vis est fort petite , on comprend que là division inscrite sur la circonférence pèrméttrâ d’apprécier avec facilité des quantités même minimes , puisque j pâr exemple , cette circonférence , divisée en 5o parties , donnera lé moyen de fractionner, par ^ , l’espace engendré à cbaqué tour par Un pas de vis dë i millimètre d’écartement.

« C’est dans l’espace cbmpris entre les deux glaces , et variable à volonté , que l*on verse le lait qu’ôn veut comparer. 11 en faut une quantité Suffisante pour ne plüs permettre dë distinguer au travers la flamme d’une bougie placée à petite distance, à i mètre environ. L’instrument ainsi chargé s’intercale entre l’œil de l’observatéur et la lumière ; en diminuant alors progressivement la couche de lait , ëu vi^àiit lèütemeht un tube sur l’autré et répoussant ainsi lès glaCes^'oii arrivé à Une épaisseur au travers de laquelle l’imâgè dè la flammé commencera à poindre ; c’est le moment dè s’arrcler. La lecture dü rapport de la division avec la flèche indicatrice donnera l’épaisseur de là couche à Cët instant ; en dévissant plusieurs fois de suite ees tubes pour rendre à la couehe de lait son Opacité, èt les ramenant au point où l’imag'e commence à paraître , si l’on retrouve chaque fois le même rapport entre la division et là flèche indicatrice, on sera certain de l’exactitude d’un tel moyen d’observation.

« C’est en procédant de cette façon que vos commissaires ont constaté les faits suivants :

« Une petite quantité d’un même lait pur ayant été introduite dans plusieurs lactoscopes , vos commissaires se Sont accordés à reconnaître qu’il fallait, pour éclipser l’image de la flanime d’une bougié , une épaisseur de ctrucbe correspondante au chiffre 3o de là division des instrumerits, C’cst-à— dire de de miilimètre.

« Désireux de connaître de suite quelle serait , pdr rapport

536 CODRS DE MICROSCOPIE,

aux inductions fournies, l’importaiice d’une variation d’intensité dans le foyer lumineux, vos commissaires se sont transportés dans une chambre à parois noircies , éclairée par la seule bougie servant à l’observation , et la couche, dont l’épaisseur était indiquée par le chiffre 3o , a du , dans cette nouvelle circonstance , être augmentée d’une épaisseur correspondant à trois divisions , pour produire, l’éclipse connue dans le premier cas; l’expérience recommencée à la lumière du jour, comme la première fois, l’épaisseur de la couche a dû être ramenée au chiffre 3o , pour fournir la même perception.

« Cette expérience, tentée dans des limites qui ne se rencontrent jamais dans la pratique ordinaire d’un tel instrument, leur a démontré que la perception de l’image de la flamme d’une bougie , placée dans un appartement recevant par deux fenêtres opposées la lumière du jour, ne diffère de celle de la même flamme observée dans une chambre noire, qu’en ce. que la couche doit avoir dans un cas 3 centièmes de millimètre d’épaisseur de plus que dans l’autre.. Cette différence , minime même dans un cas extrême, montre quelle peut être la certitude des indications fournies dans des circonstances jamais aussi défavorables.

« C’est après ces précautions , que vos commissaires ont examiné successivement différents laits dont la pureté était certaine; ils ont reconnu que l’instrument pouvait, suivant la nature des laits, accuser, pour arriver à l’éclipse de l’image de la flamme dè la bougie, des épaisseurs variant depuis 1^, -j-ff à de millimètre.

« Cette expérience a révélé à vos commissaires , ce qui leur était bien connu, la possibilité d’une extrême transparence du lait , c’est-à-dire d’une grande pauvreté du lait en crème, par le fait même de la nature de ce produit , et sans addition frauduleuse d’un liquide étranger destiné à en étendre le volume, ce qui doit de suite faire comprendre que le lactoscope ne saurait à lui seul signaler cette nature de fraude. Vos commissaires ont cherché ensuite à reconnaître quelles modifications apporterait l’addition successive d’une certaine quantité d’eau à ün

lait dont ropacilé à l’état pur, au moment où l’image de la flamme de la bougie cessait d’être aperçue , était marquée par la division 3i. Le résultat de leur expérience a été celui-ci:

« L’épaisseur de la couche d’un certain lait pur, pour opérer l’éclipse de la flamme d’une bougie, étant de de millimètre , l’épaisseur de cette couche est devenue ;

De lorsque ce même lait a été étendu de ■— d’eau ;

De à par l’addition, de d’eau 5 De à par le mélange avec f d’eau.

« Une expérience finale avec ce même lait pur a redonné exacleraent le premier chiffre

« Dans une seconde expérience, vos commissaires ont constaté que du lait à l’état pur, exigeant une épaisseur de couche égale à de millimètre pour l’éclipse de l’image de la flamme de la bougie, n’avait produit le même effet à mesure qu’il avait été étendu d’eau , que dans la progression suivante :

20 grammes de lait, marquant 3o degrés, étendu de 5 grammes d’eau distillée, ont marqué .

20 gr. de lait étendu de lo gr. d’eau ont marqué.. .

20 gr. de lait étendu de i5 gr. d’eau ont marqué.. .

20 gr. de lait étendu .de 20 gr. d’eau ont marqué.. .

« Existe-t-il une proportionnalité entre l’opacité indiquée par le lactoscope et la richesse du lait en matière butyreuse? L’auteur du Mémoire ne l’a point annoncé.

« La connaissance de ces rapports serait de nature à donner à l’instrument un nouveau genre d’utilité ; on y arriverait en examinant , comparativement avec le lactoscope , une série de laits de constitutions très-variables et dont la composition aurait été préalablement déterminée par l’analyse chimique.

« Vos commissaires ne pouvaient pas se livrer aux longues expériences que de telles recherches exigeraient , ils ont cependant examiné chimiquement trois esjjèces de lait d’une richesse en crème très-différente , et ils ont trouvé les rapports suivants ;

îl

Le premier lait, marquant an lactoscope à a donné en résidu butyrenx . o,36o

538 COURS m MtCROSCOPIE.

Le deusièiiie ia!t, mât-quailt aü làctosfcôpè ~ à donne en résidu butyt-eux ....................... i . . 5,o5

Le troisième lait , marquant au lactoscope — ^ a donné en résidu bntyreux . . . 1,29

« Ges rapports , qui ne s’éloignent pas beaucoup de la proportionnalité , font désirer que des expériences soient entreprises dans cette direction.

« Dans une seconde partie de son Mémoire^ M. le docteur Donné appelle l’attention de FAcadénliü sur un fait qu’il regarde comme fort intéressant, et duquel il espère tirer un parti avantageux pour reconnaître les fraudes opérées dans le lait par l’addition de l’eau.

« Le sérum provenant de lait plus ou moins riche en matière butyreuse aurait toujours , suivant lui , après . filtration opérée avec soin , une même densité. S’il en était ainsi , et que le sérum eût une pesanteur spécifique normale et invariable différente de celle de l’eau, il serait possible, en effet, par une simple mensuration de la densité ^ de savoir si le sérum a été plus ou moins étendu avec un liquide d’une densité différente étranger à la composition actuelle du lait.

« Pour constater cette propriété du sérum , l’auteur du Mémoire a répété devant, la commission les expériences indiquées dans son travail. Cinq laits de constitutions très-différentes ont successivement été pesés à l’aréottlètre avant et après une fil^ tration plusieurs fois répétée.

Le lait n® 1 , accusant avant filtration .3 f a donné après 3 ;

Le lait n® 2 , accusant avant filtration 2 f f., a donné après 3;

Le lait n° 3, accusant avant filtration 4 L, a donné après 3 y ;

Le lait n® 4> accusant avant filtration 3 ^ f., à donné après 3f fâiblè;

Le lait n® 5, accusant avant filtration 3 f f., a donné après 3|-.

« Ces expérièncès avant démontré que des laits chargés de matière butyreuse dans des proportions très-dissemblables , comme 5^'’,o5 el oS'‘,36o, et donnant au lactoscope des indications éloignées l’une de l’autre de ^7^, n’àc-

cusaient pourtant à l’iwéomètre que des différences dé densité exprimées par 3 d. -f- et 3

DOCü3«ENTS. 5^^

« Il ressort de cette observation qüe l’aréomètre n’est pas tm instrument asséz sensible pour mesurer des variations dè densité aussi minimes, et constater d’ütie façon irréfragable une telle propriété du sérum , que des considéralions d’un autre ordre ne permettent pas de présumer.

« Dans la troisième partie de son travail , M. Donné fait connaître les dispositions mécaniques qu’il à adoptées pour établir un récipient propre à conserver le lait avec toutes ses qualités pendant Un long espace de temps. Les deux pensées principales qui ont dirigé l’auteur dans sa construction sont celles-ci : 1°. maintenir le lait sous une température abaissée ; s’opposer h la séparation dès éléments constitutifs du lait par suite de leur différence de pesanteur spécifique , en imprimant à la masse de lait conservée un mouvement de renversement tel que les couches supérieures puissent, sans secousses ni agitation brusque , venir prendre la place des couches inferieures.

« Le réservoir à conserver le lait soumis à votre examen consiste en un cylindre de métal garni , à l’extérieur, de bois ou autre substance peu conductrice de la chaleur ; au milieu dé sa hauteur, il est pourvu de deux tourillons ; il est traversé concentriquement par un tuhe métallique.

« Le lait étant déposé dans cet appareil , une certaine quantité de glace est placée dans le tube central ; par un mouvement de culbutement du vase sur ses tourillons portés par une espèce d’affût ou bâti de charpente, toutes les parties du lait sont bien mêlées; l’abaissement de lâ température est maintenu par le renouvellement de la glace à temps opportun , tout comme la tendance à la séparation des parties constituantes du lait , par suite de leur différence de pesanteur, est combattue par le culbutement de l’appareil à des temps déterminés.

« Dans la dernière partie de son Mémoire , M. lé docteur Donné décrit un appareil destiné à la conservation du lait pendant le temps de son transport, lorsqu’il s’agit de faire parcourir à cette denrée d’assez grandes distances pour l’amener du lieu de la production à celui de la consommation. Voici en quoi consiste cet appareil. Nous en donnons d’abord la descrîp-

tion : les expériences auxquelles votre commission a jugé convenable de le soumettre vous seront ensuite fidèlement rapportées. Le vase de transport est un cylindre en métal de la capacité de 5o litres environ ; il est entouré d’une enveloppe de bois placée à distance ; un tube central traverse ce vase dans toute sa hauteur : deux larges orifices permettent un facile nettoyage intérieur. Ces orifices comme ceux du tube central où se pose la glace, se ferment avec des' bouchons à vis. L’enveloppe de bois , garnie d’un fond et d’un couvercle , est assez spacieuse pour permettre d’insérer, autour du vase et sur sa partie supérieure , une certaine quantité de glace concassée.

« C’est dans de telles conditions que vos commissaires ont fait voyager sur une charrette non suspendue 5o litres de lait, et , comme point de comparaison , ont accompagné l’appareil soumis à l’expérience par un vase ordinaire de la capacité de 1 5 litres environ , rempli de lait , avec les seules précautions prises habituellement par les laitiers.

« Voici la durée et le résultat de l’expérience :

Le 21 août , à lo heures du matin , 5o litres de lait trait en la présence d’un de vos commissaires furent placés dans l’appareil ; la température primitive de 38 degrés fut préalablement abaissée à 25 degrés , au moyen de l’immersion , dans l’eau de puits, du vase dans lequel le lait venait d’être recueilli.

« 1 5 kilogrammes de glace, placés dans le tube central et sur la partie supérieure du vase de transport , furent consacrés à abaisser de nouveau la température du lait ; au moment où l’appareil fut fermé et scellé , le lait marquait encore i6 degrés.

« L’appareil et le vase de contrôle, c’est-à-dire un pot au lait métallique tel que les laitiers les- emploient ordinairement , furent, pendant cinq heures consécutives , traînés dans la charrette non suspendue. Après cet espace de temps , le lait contenu dans les deux vases fut examiné et trouvé en bon état ; seulement celui du vase ordinaire commençait déjà à laisser apercevoir, à sa surface, une légère couche de beurre. lo kilogrammes de glace furent remis dans le tube central ; celle qui

J avait été précédemment introduite se trouvait alors complètement fondue.

« Les deux récipients séjournèrent durant toute la nuit dans une cave ; leur contenu fut de nouveau visité le lendemain matin et reconnu en bon état, La température du lait contenu dans l'appareil soumis à l’expérience s’était abaissée , durant la nuit, à 3 degrés. lo kilogrammes de glace furent ajoutés à celle placée la veille, qui , cette fois, n’était pas encore tout à fait fondue, et derechef les deux vases furent soumis à une circulation , en voiture non suspendue, de huit heures consécutives. Après cette seconde épreuve , les deux vases , ouverts à i o heures du soir, ont laissé voir un lait en parfait état dans celui du docteur Donné , un lait aigri et tourné dans le pot au lait ordinaire. Le lait de l’appareil fut conservé à la cave la journée suivante, avec une petite quantité de glace, dont la fusion permit au lait de prendre successivement

A lo heures, une température de 4 degrés, celle ambiante étant de 21 degrés; . , ,

A 3 heures , une température de 6 degrés , celle ambiante étant de 21 degrés ;

A 7 heures 3o minutes , une température de 8 degrés, celle ambiante étant de 20 degrés.

« Le lendemain , à 8 heures, la température du lait était remontée à i3 degrés, celle de l’air ambiant étant alors de 1 9“, 5 ; l’état de conservation n’avait pas encore cessé d’être des plus satisfaisants. Une certaine quantité de ce lait placé par M. le docteur Donné dans son réservoir à culbutemenl avec addition d’une petite quantité de glace , était encore très-bon le aS. L’expérience avait commencé le 3i août , à 10 heures du matin.

« En résumé , M. le docteur Donné vous a soumis un instrument pour reconnaître rapidement et avec facilité la plus ou moins grande quantité de crème contenue dans le lait ; cette méthode de juger la valeur du lait par la seule quantité de sa crème est depuis longtemps adoptée. Avant l’emploi du lactoscope, elle n’avait d’autres moyens de vérification , en dehors

542 COtES EE MICROSCOPIE,

des analyses de laboratoire, trop longues et trop difficiles poursatisfaire à chaque instant aux exigences du commerce, que la mesure de la densité du lait par l’aréomètre , ou la recherche des proportions de sa crème par la séparation lente de celle-ci et son appréciatinn dans un tube gradué. Ces deux procédés avaient de graves ineonvénienta : le pi'emier, celui à l’aide de raréo^mètre, ue donnait que la résultante de toutes les subsian^ ces composant le lait ; il suffisait de substituer à Tune d’elles, à la crème , par exemple, une, moindre quantité d’une matière plus pesante, telle que de l’eau, même pure , pour que la densité continuât à demeurer la même , et que l’absence de la partie soustraite ne fût pas accusée.

«, L’autre procédé était tout aussi infidèle : il consistait à verser du lait dans une éprouvette, à l’y laisser reposer, puis à mesurer l’épaisseur de la couche de crème montée à la surface; mais ici encore l’addition d’une certaine quantité d’eau pare, d’eau de son surtout , suffit pour amener plus rapidement la séparation des globules d’avec la partie liquide. L’essai d’un lait étendu d’eau, fait au bout d’un temps trop court pour que la crème d’un lait pur fût montée , ferait , par suite de l’action séparative que nous venons de signaler 8e l’eau sur le lait , donner la préférence au lait étendu, si la mesure de l’épaisseur' de la couche de crème était le, seul mode d’apprécialicm.

« Le npuvei instrument du docteur Donné, est hàsé sur l’étude microscopique du. lait , qui moutre que ce produit organique est principalement formé d’un liquide transparent et de globules de matières grasses, de forme ronde et de diamètres, variés.

« Le lait devant son opacité aux globules de matières grasses qu’il, contient, la mesure de cette opacité pouvait fournir des indications utiles sur la plus ou moins grande quantité de la matière grasse d’un, lait quelconque.

« Il résulte de tout ce qui précède ;

vt 1°. Que l’instrument de M. Donné peut faire, connailre d’une manière plus prompte, plus approchée que les autres inslrumeirts employés à cet usage , quel est , de deux sortes de lai.t naturel on étendu d’eau , celni qui contient le plus de crème

DOCDMENTS. 543

« 2®. Que cet instrument peut être fort utile aux cultivateurs, puisqu’il les mettra à même d’apprécier, jusqu’à un certain point, l’influence de la nourriture sur la production de la crème dans les vaches laitières ;

« 3®. Qu’en déterminant les degrés que donne à l’instrument un lait de bonne qualité , il sera toujours facile de reconnaître si une autre espèce de lait satisfait à cette condition , et si , par conséquent, le lait éprôuvé'Contient sensiblement la même quantité de crème que le lait type : la cotnmission ne connaît aucun moyen de donner de l’opacité au lait , sans que l’addition des matières employées ne se manifeste promptement , soit par leur séparation , soit par leur saveur ou leur odeur ; si un semblable moyen existe ou vient à être trouvé, le lactoscope seul ne pourra plus servir à constater la fraude ;

tt 4°- Que l’appareil dans lequel M. Donné a conservé le lait en le refroidissant a donné, comme on devait le prévoir, les résultats qu’il a annoncés, mais que la commission n’entend pas juger la question économique ;

« 5®. Que les expériences faîtes par l’auteur sur la densité du sérum n’ont pas le degré de précision convenable pour prouver que cette densité serait toujours la même , quel que fût le lait d’où le sérum proviendrait.

« La commission , considérant que le Mémoire de M. Donné offre plusieurs remarques très-intéressantes, a l’honneur de proposer à l’Académie d’adresser des remercîments à l’auteur pour la communication de son travail.

« Votre rapporteur se plaît, en terminant, à rendre un public hommage au zèle, à la complaisance dont M. Damoiseau, nourrîsseur de vaches, a fait preuve en fournissant avec empressement, à la commission, des laits de diverses natures recueillis avec toutes les précautions désirables ; il ne fallait rien moins que le concours si obligeant de cet honorable industriel pour rendre possibles , à Paris , les expériences de la commission. »

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