MUCUS BUCCAL
La bouche , jusque vers le pharynx , pourrait même être , sous le point de vue qui nous occupe ici , considérée comme un repli de la peau, analogue au vagin; son mucus est franchement acide et rempli de cellules épidermiques; mais comme la limite où commence la muqueuse proprement dite n’est pas aussi bien déterminée que pour le vagin, nous rangeons la membrane buccale dans la classe des membranes mixtes.
Relativement à l’acidité du mucus buccal, il faut remarquer que ce caractère est plus ou moins prononcé^ suivant les proportions relatives de mucus et
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de salive qui se trouvent accumulées dans la bouche ; la salive en effet étant ordinairement alcaline , neutralise l’acide du mucus, et comme elle se renouvelle incessamment en entraînant les mucosités buccales, son caractère chimique devient facilement prédominant; si donc on veut constater la réaction du mucus de la bouche , il faut le prendre le matin , lorsqu’il est accumulé sur la langue, et lorsque la salive n’a pas encore nettoyé la cavité; de même que si l’on se propose de vérifier l’état de la salive , il faut avoir soin d’enlever le mucus buccal , de laver la bouche et d’attendre la sécrétion d’une nouvelle quantité de salive sortant de ses réservoirs. C’est faute de prendre cette précaution que l’on a attribué à la salive, tantôt W’ réaction acide , tantôt la réaction alcaline, suivant que l’on a opéré sur le mucus prédominant de la bouche ou sur la salive ellemême. Nous verrons que la salive peut effectivement devenir acide dans certains cas morbides ; mais dans l’état physiologique elle est constamment alcaline, et les erreurs qui ont été commises sur ce point tiennent à ce que l’on n’a pas eu égard à la présence du mucus buccal.
Le mucus de la bouche peut attaquer les dents par son acidité, et contribuer à la carie de ces organes , lorsque étant sécrété en abondance , il séjourne dans la bouche et n’est pas neutralisé par la salive. C’est ce qui arrive dans certaines affections de l’estomac , où une couche épaisse de mucus enduit la langue et dans le cours desquelles la salive elle-même perd sa réaction alcaline et devient acide. Non que je prétende attribuer la carie des dents à une simple action chimique
de la part dés fluides de la bouche; je suis au contraire persuadé que la carie des dents dépend le plus souvent d’une maladie spéciale de ces petits os, et que le rôle chimique des fluides altérés se borne à contribuer à leur destruction , par leur séjour dans les cavités déjà produites , sans être la cause première et déterminante de cette ulcération. Il n’en résulte pas moins que l’on doit apporter une grande surveillance au soin de la bouche et des dents, surtout à l’âge où chez les jeunes gens l’estomac et les fonctions digestives sont particulièrement disposés à s’affecter. Ces précautions sont d’autant plus nécessaires que le tartre qui s’amasse à la base des dents , tend également à les déchausser et à les altérer, et que les animalcules les vibrions qui s’engendrent dans cette matière salino-animale, ne sont peutêtre pas sans influence sur la destruction des dents. On ne doit pas craindre de frotter vigoureusement les dents jusqu’à faire saigner les gencives avec une brosse dure , imprégnée d’une poudre de charbon alcalinisée par le bi-carbonate de soude ; c’est une des préparations les meilleures et les plus simples à employer pour cet usage.