‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales. Anatomie microscopique et physiologique des fluides de l'économieChapitre 60 sur 123 · SANG · texte numérisé non relu

SANG

Les globules du sang conservent leurs propriétés essentielles et fondamentales dans l’urine acide; la forme de ces particules est modifiée, mais elle n’est pas profondément altérée , et on les reconnaît facilement si rares qu’elles soient, et si confondues au milieu d’autres particules , globules muqueux, purulents, matières salines, etc. Dès qu’on aperçoit des petits corps circulaires et aplatis, imitant assez bien la forme d’un anneau { fig> 58 ), on peut-être assuré que l’on a sous les yeux des globules sanguins; au reste ces globules conservent les propriétés chimiques que nous avons énoncées ; ils sont solubles dans l’acide acétique et dans l’ammoniaque, insolubles dans l’acide nitrique.

Mais sans avoir recours au microscope , on peut reconnaître les moindres traces de sang dans l’urine , en laissant reposer le liquide dans une éprouvette, dans un tube , ou dans un verre à réactif, pendant douze ou quinze heures; les globules sanguins sont plus lourds que l’urine et ils se déposent lentement à la partie inférieure; en attendant un temps suffisant, ils arrivent tous au fond et forment là une couche rouge reconnaissable à sa couleur; si l’urine contient d’an-

COURS DE 3IICROSCOPIE.

très matières, telles que du mucus ou du pus, les substances en se déposant, se rangent suivant l’ordre de leur densité; les globules muqueux et purulents occupent la partie la plus déclive, puis viennent les globules sanguins qui forment une couche plus ou moins épaisse à la surface du dépôt blanchâtre et le bordent tout autour d’un liséré rouge qui tranche par sa couleur.

Il est bien plus commun qu’on ne pense de rencontrer des globules de sang dans l’urine; les exhalations sanguines des reins et de la vessie ne sont probablement pas très-rares , et cette circonstance mériterait peut-être d’être remarquée dans les affections de l’appareil urinaire.

SPEBME.

L’urine contient des zoospermes dans beaucoup de circonstances physiologiques et pathologiques que l’on peut résumer de la manière suivante : chaque fois qu’il y a eu émission de sperme d’une façon quelconque , la première portion d’urine qui est rendue , qui passe par l’urètre à la suite de cette émission , contient des^animalcules spermatiques ; nous ne traiterons pas en ce moment des pertes séminales; cette question fera l’objet d’une leçon à part ; nous devons nous borner ici au fait de la présence du sperme dans l’urine et aux moyens de la constater.

La forme des zoospermes est, comme nous le verrons plus loin, caractéristique {Jîg^ 6i). Or cette forme n’est pas altérée par l’arine acide; on la retrouve intacte, même après un séjour de plusieurs mois; il peut se faire que des matières salines se déposent

à la surface du corps des animalcules, mais cette sorte d’incrustation disparaît au moyen d’un peu d’acide et par rébullition.

Les zoospermes sont plus pesants que l’urine et se réunissent à la partie la plus déclive; c’est là qu’il faut les chercher, et pour cela il faut laisser reposer l’urine pendant cinq ou six heures, décanter, prendre la portion inférieure du liquide et la laisser de nouveau déposer dans un verre conique à expérience. Avec cette précaution, la plus petite quantité de sperme dans l’urine ne peut échapper; une gouttelette de liqueur spermatique, mêlée à un litre d’urine , suffit pour présenter de nombreux animalcules spermatiques dans la dernière goutte de liquide réunie au fond du verre à expérience; cette recherche exige un pouvoir amplifiant de trois cents fois, une certaine habitude de manier le microscope et la connaissance exacte des zoospermes, surtout s’ils sont mêlés à d’autres matières, attendu que ces animalcules sont très-petits et qu’ils échappent facilement aux yeux peu exercés.

Tout ce qui concerne l’étude du sperme lui-même et l’importante question des pertes séminales devant être traité à part, je réserve pour ce moment les détails sur les zoospermes et sur les circonstances de leur passage dans l’urine.

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