ANON
i4 août. — Injection de 3o grammes de lait de vache frais, dans la veine jugulaire d'iui âuon ; l'animal tombe, la respiration est haletante ; mais il se relève et n'éprouyç |)as d'autre accident.
INJECTIONS DANS LÇIS CAVITÉS SÉREUSÇS.
Le 11 mai. — Injeeliou de 4 grammes de lait dans la plèvre droite d'un petit chien. — Aucun accident. • — Aitcunc trace de cette injection au bout d'un mois.
i5 mçii. T- Injeclipn de 3-4 graïiipies çlc lait dans plèvre droite d'im chien vigourçux , de moyenne taille. — Aucun accident. ■ — 'Le i3 juin, à l'awtopsie, anciino trace de l'injeclion.
i8 mai. — Iniçction tje 8 grammes de laît bouilli dans le péritoine d'un chien de moyenne taille. IVen. — Le 2i juin, aucune trace de celte iujcclion.
i8 mai. — Injection de 4 grammes de lait dans la plèvre droite d'un lapin. — Le 35 juiu , aucune ^F^cp de çpLte inipclion.
27 août. — Autre injeption de Iflit dans la plèvre d'iui chien. — i Même résultat.
lîîJRCflQNS DE DIFFÉRPNTES AtTTRES SUBSTANCES.
Ze i3 août. — Injection de 60 grammes de dissolutioi) gélfi- " lineuse de colle de poisson dans la veine jugulaire d'un- chien moyen. — Aucun accident.
1^ août. — Injection de 16 grammes de bouillon de bœuf léger dans la veiue crurale d'un chien moyen. • — Pas d'accident.
Idem. — Injectiou de 8 grammes de solution concentrée de dextrjnc, dans la veine axillaire d'une poule. — Rien.
Lç. 25. — Injection de 65 grammes d'eau gommée assez épaisse, dans }a veine jugulaire d'un chien moyen, —ri Vomissement.— Aucun autre accident.
Idem. • — Injection de 4o grammes de solution assez concentrée de dextrine dans la veine jugulaire d'un chien moyen. Aucun effet.
I" septembre. — Injection de 65 grammes de dissolution de fécule dans la veine jugulaire d'pn chien moyen. — - Ançuq accident.
2 septembre. — Injection de i4 grammes de dissolution de fécule dans la veine crurale d'un lapin. — L'animal paraît trèssouffrant , et il est prêt à mourir an bout de deux licures. On
le tue. — Aucune trace de fécule dans l'urine.
3 septembre. — Injection de 6q grammes d'eau sucrée dans la veine jugulaire d'un chifu, -rr L'urine rccuciUie trois heures e» démit! après, fcriuenlc avec lu levure de bière, Pas d'accident.
532 CODRS DE MICIIOSCOPIE.
Idem. — Injection de 65 grammes de dissolution de fécule dans la veine jugulaire d'un chien. — . L'urine recueillie ne présente aucune trace de fécule. — Pas d'accident.
4 septembre. — Injection d'une solution de sucre de diabète dans la veine jugulaire d'un chien. — L'urine recueillie ne fermente pas avec la levure de bière. — Pas d'accident.
RÉSULTATS DES EXPÉRIENCES SUR L'ALIMENTATION DES CHIENS AU MOYEN DU LAIT ET DU BOUILLON DE VIANDE.
Deux chiens, nés le 6 décembre i84o, teltent leur mère jusqu'au 21. — L'un est mis au régime du lait de vache, l'autre au bouillon ; le premier A pèse 676 grammes ; le second B 670. Le 25.— Le premier A pèse 610 gramm,, augment. 35 gramm. Le second B — 65o — diminut, 20 —
Changement de régime réciproque.
LeZo — A ne pèse plus que 55o gr., dim.. 60 gr.
B pèse 660 — augm. 10 —
Le^janv. i84i- — A ne pèse plus que 5oo — dim.. 5o —
B pèse 6go — augm. 3o —
A est dans un tel élat de faiblesse , qu'on est obligé de le remettre au lait ; mais il meurt peu de temps après.
B continue de prendre du lait de vache, et le 11 janvier il pèse 865.
Le 20 février 1841. — 'Deux chiens de la même mère, âgés de 3o jours, sont mis, l'un au régime du lait de vache, l'autre au régime du bouillon de viande et de la soupe.
Le premier, tout blanc, pèse 720 grammes. Le second, à oreille noire, pèse 740 Le 26. — Le blanc , nourri au lait , pèse 875 L'oreille noire, à la soupe, 688
Le sang de ces deux chiens est examiné au microscope , et le 3 mars il présente des différences notables.
Celui du premier, nourri au lait, offre des globules nom-
DOCOltfENTS. 533 hreiix bien nets dans leur contour, de couleur assez prononcée, ne se confondant pas entre eux ; ils ne s'altèrent que très-lentement dans leurs formes sur la lame de verre.
Les globules du chien nourri îi la soupe sont moins nombreux, plus pâles, moins nets sur les bords, se confondent entre eux et s'altèrent en se déformant très-promptement ; ce résultat a été noté sans savoir auquel des deux chiens le sang appartenait, La différence devient encore plus tranchée au bout de quelques jours.
Le 3 mars. — Chien blanc, nourri au lait. i,ooo grammes. Chien , oreille noire , à la soupe. 687
Changement réciproque de régime.
Le 1 1 mais. — Chien blanc , mis à la soupe. 1 000 Oreille noire , mis au lait. 8^5
Le 16 mars. ' — Chien blanc , aspect chétif. q'jo Oreille noire, vif et bien portant. 1,06 a
L'examen du sang démontre exactement le même résultat que précédemment. L'altération des globules est évidente dans le sang du chien nourri à la soupe , et elle est de même nature que celle que j'ai décrite.
Le 2 mai. — Ces deux chiens ont été remis au régime du lait, et maintenant ils mangent tous deux la soupe depuis un mois ; ils sont très-bien portants tous deux ; mais celui qui a été mis jeune au régime du bouillon n'a jamais atteint le degré de force et de développement de l'autre , quoiqu'il fût le plus fort au début de l'expérience.
L'un pèse 4 kilogrammes.
L'autre 2,800
COURS Ï)E irtlCtlOSCOPIE.
Rapport sur un Mémoire de M. Donné conlehant, i". la description d'un instrument dit lacloscope , propre à indiquer la proportion de cj*èmo contenue dans le lait; 2°. l'exposition d'un moyen pratique âe reconnaître le mélange du lait avec l'eau ; 3°. des expériences sur l'influence de la glace ou d'un abaissement de teinpératui'e sur le lait ; 4». V indication d'un système d'appareil propre à contenir le lait sous une température abaissée par la glace, soit pour le consen'er, soit pour le faire voyager.
(Commishaires, MM. Théuard , Chevreul , Boussingault , Regnault, SégtiîiSf-, rapporteur.)
{Extrait des Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance (la 25 septembre 1843.)
« Pour apporter qiielqùe ordre dans le rajîport que nous allons (aire, nous croyons devoir donner d'abord, et Irès-succinclemcnt , la description des divers appareils que M. le docteilr Donné a soumis à votre examen ; nous vous exposerons ensuite la série d'expériences auxquelles votre commission a jugé convenable de les soumettre pour constater leur efficacité.
« Le premier appareil sur lequel M. le docteur Donné a provoqué voire attention , est son /ac<ojco^e , instrument desliné à l'aire cdnnaître , par la seule mesure de Vopacité d'une couche du lait, le plus ou le moins de crème contenue dans ce lait. Cette méthode a pour basfe la comparaison du lait dont on veut connaître la richesse, avec un lait normal dont les éléments constitutifs, reconnus au moyen de l'analyse chimique, ont servi de point de départ et de règle pour l'appréciation de la valeur des indications fournies par l'instrument dont nous allons essayer de donner une rapide description.
u Le lactoscope consiste en un tuyau oculaire, composé de deux tubes concentriques montant l'un sur l'autre à vis. Chaque tube porte une glace plane; les deux glaces peuvent être, au moyen du pas de vis, amenées à un contact parfait. Le rapport des tubes entre eux est indiqué à cet instant par la coïnci-
DOCDMENTS. 535 dtrtce d'ilh zéro ythré sur l'un d'eux , vIs-Ji-vis d'une petite llèclie gravée siir l'aulrc ; l'espace généré entre les glaces , ;i iliesure que l'on dévisse Icslubes, est indiqué par une division tracée sur la circonférence du tube intérieur. Comme l'inclinaison du pas de vis est fort petite , on comprend que la division inscrite sur la circonférence perhiettra d'apprécier avec facilité des quantités même minimes, puisque, par exemple, cette circonférence, divisée en 5o parties , donnera le moyen de fracliolincr, par l'espace engendré à chaque tour par ùri pas de vis de ^ millimètre d'écartement.
« C'est dans l'espace compris entre leâ deux glaces , et variable à volonté , que l'on verse le lait qu'on veut comparer. ÏI eh faut une quantité àuITisante pour ne plus permettre de distinguer au travers la flamme d'une bougie placée à petite distance , à I mètre environ. L'iiislrumeht ainsi chargé s'intercale entre l'œil de l'observateur et la lumière ; en diminuntit aloi's progressivement la couche de lait, eii vissant lentement un liibe svtr l'autre, et repôussant àirtsî lès glaces, on arrive à hhe épaisseur au traVers de laquelle l'image dte la flamme commericem à poindre ; c'est le moment de s'artélér. La lecture du rapport de la division avec la flèche indicatrice donnera l'épaisseur de la couche à cet instant ; en dévissant plusieurs fois de suite ces tubes pour rendre à la couche de lait son opacité , et les ramenant au point où l'image commettce à paraître , si l'on retrouve chaque fois le même rapport entre la division et la flèche indicatrice, on sera certain de l'exactitude d'un tel moyen d'observation.
« C'est en procédant de cette façon que vos commissaires ont constaté les faits suivants :
« Une petite qiiantité d'un môme lait pur ayant été introduite dans plusieurs lactoscopes , vos commissaires se sont accordés à reconnaître qu'il fallait, pour éclipser l'image de la flamme d'une bougie, une épaisseur de couche correspondante au chiffre 3o de là division des inslrunieiits , c'cst-à-dirc de de millimétré. ,
<< Désireux de connaître de suite quelle serait , par rapport
53C COURS DE MICROSCOPIE.
aux intliicligiis fournies, rimportaïue d'une variation d'iulcnsilc dans le fojcr lumineux, vos eoniniissaires se sont Irnnsporlés dans une -"fLambie à parois noircies, éclairée par la seule hougie servant à l'observation , el la couche, dont l'épaisseur était indiquée par le cliilTre 3o , a du , dans celle nouvelle circonstance , cire auginentéie d'une épaisseur correspondant à trois divisions, pour produire l'éclipsé connue dans le premier cas; l'expérience recommencée à la lumière du jour, comme la première fois , l'épaisseur de la couclie a dû être ramenée au chifFre 3o, pour fournir la même perception.
« Celte expérience, tentée dans des limites qui ne se rencontrent jamais dans la pratique ordinaire d'un tel instrument, leur a démontré que la perception de l'image de la flamnrc d'une bougie , placée dans un appartement recevant par deux fenêtres opposées la lumière du jour, ne diffère de celle de la même flamme observée dans une chambre noire, qu'en ce que la couche doit avoir dans un cas 3 centièmes de millimètre d'épaisseur de plus que dans l'autre. Cette différence , minime même d;ins un cas extrême, montre quelle peut être la certitude des indications fournies dans des circonstances jamais aussi défavorables.
« C'est après ces précautions , que vos commissaires ont examiné successivement différents laits dont la pureté était certaine; ils ont reconnu que l'instrument pouvait, suivant la nature des laits, accuser, pour arriver à l'écIipse de l'image de la flamme de la bougie, des épaisseurs variant depuis -J-^ , ^ji * de millimètre.
« Celle expérience a révélé à "vos commissaires , ce qui leur était bien connu, la possibilité d'une extrême transparence du lait , c'esl-à-dirc d'une grande pauvreté du lait en crème, par le fait même de la nature de ce produit , et sans addition frauduleuse d'un liquide étranger destiné à en étendre le volume, ce qui doit de suite faire comprendre que le lactoscope ne saurait à lui seul signaler cette nature de fraude. Vos commissaires Ont cherché ensuite à reconnaître quelles modifications apporterait l'addilion successive d'une certa'ine quaiitité d'eau à un
DOCUMENTS. 537 lait donl l'opacité à 1 clat pur, au moment où l'image de la flamme de la bougie cessait d'èlro aperçue, était marquée par la division 3i. Le résultat de leur expérience a été celui-ci:
it L'cpîtisseur de la couche d'un certain lait pur, pour opérer l'éclipsé de la flamme d'une bougie, étant de -p^V millimètre , l'épaisseur do cette couche est devenue :
De -~ lorsque ce même lait a été étendu de d'eau ; W à Tinr P'""" l'addition de d'eau j "nnr ^ ^înrP-'*'' mélange avec f d'eau.
tt Une expérience (inale avec ce même laît pur a redonné exactement le premier chifl're
" Dans une seconde expérience, vos commissaires ont constaté que du laît à l'état pur, exigeant une épaisseur de couche égale à de millimètre pour l'éclipsé dè l'image de la flamme de la boTigie, n'avait produit le même eifet à mesure qu'il avait été étendu d'eau, que dans la progression suivante :
20 grammes de lait, marquant 3o degrés, étendu de "\
5 grammes d'eau distillée , ont marqué ^j^^ 1
20 gr. de lait étendu de 10 gr. d'eau ont marqué.. . > de millimètre.
20 gr. de lait étendu de i5 gr. d'eau ont marqué. . . \ 20 gr. de lait étendu de 20 gr. d'eau ont marqué.. . J
« Exisle-t-il une proportionnalité entre l'opacité indiquée par le lactoscope et la richesse du lait en matière butjreuse? L'auteur du Mémoire ne l'a point annoncé.
«I La connaissance de ces rapports serait de nature à donner à l'instrument un nouveau genre d'utilité ; on y arriverait en examinant , comparativement avec le lactoscope , une série de laits de constitutions très-variables et dont la composition aurait été préalablement déterminée par l'analyse chimique.
« Vos commissaires ne pouvaient pas se livrer aux longues expériences que de telles recherches exigeraient , ils ont cependant examiné chimiquement trois espèces de lait d'une richesse en crème très-différente , et ils ont trouvé les rapports suivants :
Le premier lait, marquant au lactoscope fj^- à , a donné en résidu butyreux o,36o
538 COURS 1)E MICROSCOPIE.
Le tlfiiiiièhic lait, marquant flii hctoscope — a donné ch résidu bii- «yi-eux 5,o5
Le troisième lait , inarqii.lut au lactoscope ^ ; a donné en résidu butyeux ,,29
« Ces rapports , qui ne s'élbîgnent pas heancoup de la proportionnalité, font désirer que des iexpcriences soient entreprises dans celte direction. ,
« Dans une seconde partie de son Mémoire, M. le docteur Donné appelle l'attention de l'Acadéaii'j sur un fait qu'il regarde comme fort intéressant, et duquel il espère lirur un parti avantageux pour reconnaître les fraudes opérées dans le lait par l'addilion de l'eau,
« Le sérum provenant de lait plus ou moins riche en matière butj/reuse aurait toujours , suivant lui , après (iltration opérée avec soin , une même densité. S'il en était ainsi , et que le sérum eût une pesanteur spécifique normale et invariable différente de celle de l'eau, il serait possible, en effet, par une simple mensuration de la densité, de savoir si le sérum a été plus ou moins élendu avec un liquide d'une densité différente étranger à la composition actuelle du lait.
« Pour constater cette propriété du sérum , l'auteur du Mémoire a répété devant la commission les expériences indiquées di^hs son travail. Cinq laits de constitutions très-différentes ont Successivement élé pesés à l'aréomètre avant et après une filtration plusieurs fois répétée.
Le lait a" i , accusant avant filtratiou 3 f.) a donné après 3 ;
Le lait a" 2 , accusant avant filtration 2 | f., a donné après 3;
Le lait a° 3, accusant avant filtration 4 f., a donné après 3-};
Le lait n*" 4) accnsaut avant filtration 3 J f., a donné après Sf faible;
Le lait ii° 5, accusant avant filtration 3 | f., a donné après 3 j.
« Ces expériences avant démontré que des laits chargés de matière butyreuse dans des proportions très-dissemblables , comme S^^oS et o°'",H6o, et donnant, au lactoscope des indications éloignées l'une de l'autre de -prj millim. à , n'accusaient pourtant à l'àréomètl-e que des différences de densité exprimées par 3 d. 7 et 2 f.
« il rcssoii (le cetle observalîoii que l'aréomèlre n'esl pas un ibsirumerit assez sensible pour mesurer (les variations dé (lensilé aussi minimes, et conslaler d'une fa(]on irréfragable une (elle propriété du sérum, que des considérations d'un autre ordre ne permettent pas de présumer,
« ÎDans la troisième partie de son travail , M. Donné fait connaître les dispositions mécaniques qu'il a adoptées pour établir un récipien t propre à conserver le kit avec toutes ses qualités pendant un long espace dé temps. Les deux pensées principales qui ont dirigé l'auteur clans sa construction sont ceîles-cî : 1°. maintenir le lait sous une température abaissée ; 2°. s'opposei" à la séparation des éléments constitutifs du lait par suite de leur différence de pesanteur spécifique, en imprimant à la masse de lait conservée un niouvemeilt de renversement tel c[ue les couches supérieures puissent, sans secousses ni agitation brusque , venir prendre la place des couches inférieures.
u Le réservoir à conserver le lait soumis à votre examen consiste en un cylindre de métal garni , à l'extérieur, de bois ou autre substance peu conductrice de la chaleur ; au millei^ de sa hauteur, il est pourvu de deux tourillons ; il est traversé concentriqucment par un tube métallique.
« Le lait étant déposé dans cet appareil , une certaine quantité de glace est placée dans le tube central ; par un mouvement de culbutement du vase sur ses tourillons portés par une espèce d'affût ou bati de charpente, toûtes les parties du lait sont bien mêlées ; l'abaissement de la température est maintenu par le renouvellement de la glace à temps opportun , tout comme la tendance à la séparation des parties constituantes du lait , par suite de leur différence de pesanteur, est combattue par le culbutement de l'appareil à des temps déterminés.
<i Dans la dernière partie de son Mémoire , M. le docteur Donné décrit un appareil destiné à la conservatioii du lait pendant le temps de son transport, lorsqu'il s'agit de Aiire parcourir à celte denrée d'assez grandes dislances pour l'amener du lieu delà production à celui de la consommation. Voici en quoi consiste cet appareil. Nous en donnons d'abord la descrip-
540 COURS DE MICIIOSCOPIE.
lion : les expériences auxquelles voire coniniission a jugé convenable de le soumellrc vous^sernnl ensuite fi Jèlement rapportées. Le vase de transport çst un cylindre en métal de la capacité de 5o liires environ; il est entouré d'une enveloppe de bois placée à dîslance ; un tube central traverse ce vase dans toute sa hauteur : deux larges orifices permettent un facile nettoyage intérieur. Ces orifices comme ceux du tube central où se pose la glace , se ferment avec des bouchons à vis. L'enveloppe de bois, garnie d'un fond et d'un couvercle, est assez spacieuse pour permettre d'insérer, autour du vase et sur sa partie supérieure , une certaine quantité de glace concassée.
«t C'est dans de telles conditions que vos commissaires ont fait voyager sur une charrette non suspendue 5o litres de lait, et, comme point de comparaison , ont accompagné l'appareil soumis à l'expérience par un vase ordinaire de la capacité de 1 5 litres environ , rempli de lait , avec les seules précautions prises habituellement par les laitiers.
« Voici la durée et le résultat de l'expérience : u Le 21 août, à lo heures du malin, 5o litres de lait trait en la présence d'un de vos commissaires furent placés dans l'appareil ; la température primitive de 38 degrés fut préalablement abaissée à 2.5 degrés , au moyen de l'immersion , dans l'eau de puits, du vase dans lequel le lait venait d'être recueilli.
« 1 5 kilogrammes de glace , placés dans le tube central et sur la partie supérieure du vase de transport, furent consacrés à abaisser de nouveau la température du lait ; au moment où l'appareil fut fermé et scellé , le lait marquait encore i6 degrés.
« L'appareil et le vase de contrôle, c'est-à-dire un pot au lait métallique tel que les laitiers les emploient ordinairement , furent, pendant cinq heures consécutives, traînés dans la charrette non suspendue. Après cet espace de temps , le lait contenu dans les deux vases fut examiné et trouvé en bon état ; seulement celui du vase ordinaire commençait déjà à laisser apercevoir, à sa surface, une légère couche de beurre, lo kilogrammes de glace furent remis dans le tube central ; celle qui
DOCUMENTS. 541 y avait été précédenirnont introduite se trouvait alors complètement fondue.
« Les deux récipients séjournèrenl durant toute la nuit dans une cave ; leur contenu fut de nouveau visité le lendemain matin et reconnu en bon état. La température du lait contenu dans l'appareil soumis à l'expérience s'était abaissée, durant la nuit, à 3 degrés. lo kilogrammes de glace furent ajoutés à celle placée la veille, qui , cette fois, n'était pas encore tout à fait fon- ^ due, et derechef les deux vases furent soumis à une circulation , en voilure non suspendue, de huit heures consécutives. Après cette seconde épreuve, les deux vases, ouverts à lo heures du «oir, ont laissé A'oîr un lait en parfait état dans celui du docteur Donné, un lait aigri et tourné dans le pot au lait ordinaire. Le lait de l'appareil fut conservé à la cave la journée suivante, avec une petite quantité de glace, dont la fusion permit au lait de prendre successivement
A lo heures, une température de 4 degrés, celle ambiante étant de ai degrés ;
A 3 heures, une température de 6 degrés, celle ambiante étant de ar degrés j
A 7 heures 3o minutes, une température de 8 degrés, celle ambiante étant de ao degrés.
« Le lendemain , à 8 heures, la température du lait était remontée à i3 degrés, celle de l'air ambiant étant alors de 1 9°, 5 ; l'état de conservation n'avait pas encore cessé d'être des plus satisfaisants. Une certaine quantité de ce lait placé par M. le docteur Donné dans son réservoir à culbutemenl avec addition d'une petite quantité de glace , était encore très-bon le aS. L'expérience avait commencé le 21 août, à 10 heures du matin.
« En résumé , M. le docteur Donné vous a soumis un instrument pour reconnaître rapidement et avec facilité la plus ou moins grande quantité de crème contenue dans le lait ; cette niéthode de juger la valeur du lait par la seule quantité de sa crème est depuis longtemps adoptée. Avant l'emploi du lacloscopc, elle n'avait d'autres moyens de vérification , en dehors
54? COURS CE MICUOSCOPIE.
des analyses de laboratoire, trop longues et trop diflicilcs pour satisfaire à chaque instant aux exigences du commerce, que la mesure de la densité du lait par l'aréomètre , ou la recherche des proportions de sa crème par la séparation lente de celle-ci et son appréciation dans un ti^be gradué. Ces deux procédés avaient de graves, inconvénients : le premier, celui à l'aide de Taréomètre, ne donnait que la résultante de toutes les sidjstances composant le lait ; il sufTisait de substituer à l'une d'elles, à la crème , par exemple, une moindre quantité d'une matière plus pesante, telle que de l'eau, même p\irc , pour que la densité continuât ù demeurer la inêpie , que l'qbsewce de la partie soustraite ne fut pas accusée.
«t L'autre procédé était tout aussi in&dèle : il consistait à verser du lait dans une épronvette, à l'y laisser reposer, puis à mesurer l'épaisseur de la couche de crème montée à la surfacç ; mais ici encore l'addition d'une cerlaîne quantité d'eau pure, d'eau de son surtout, sufllt pour amener plus rapidement la séparation des globules d'avec la partie liquide. L'essai d'un lait étendu d'eau, fait au bout d'un temps trop court pour que la crème d'un lait pur fût montée , ferait , par suite de l'action séparalive que nous venons de signaler de l'eau sur le lait, donner la préférence au lait étendu, si la mesure de l'épaisseur de la couche de crème était le seul mode d'appréciation-
« Le nouvel instrument du docteur Donné est basé sur l'étude microscopique du lait , qui montre que ce produit organique est principalement formé d'un liquide transparent et de globules de matières grasses, de forme ronde et de diamètres variés.
« Le lait devant son opacité aux globules de matières grasses qu'il contient, la mesure de çetle opacité pouvait fournir des indications utiles sur la plus ou moins grande quantité de la matière grasse d'un lait quelconque.
« Il résulte de tout ce qui précède :
« I". Que l'instrument de M. Donné peut faire connaître d'une manière plus prompte, plus approchée que les autres mslrupients employés à cet usage , quel est , de deux sortes de lait nativrel ou étendu d'esiu , celvti qMî contient le plus de crème ;
DOCDMExNÏS. 543 « 2°. Que cet insirument peut cire fort utile aux cultivateurs, puisqu'il les mettra à même d'apprécier, jusqu'à un certain point, l'influence de la nourriture sur la production de la crème dans les vaches laitières ;
« 3°. Qu'en déterminant les degrés que donne à l'instrument un lait de bonne qualité, il sera toujours facile de reconnaîlie si une autre espèce de lait satisfait à cette condition , et si , par conséquent, le lait éprouvé contient sensiblement la même quantité de crème que le lait type : la commission ne connaît aucun mojen de donner de l'opacité au lait , sans que l'addition des matières employées ne se manifeste promptement, soit par leur séparation , soit par leur saveur ou leur odeur; si un semblable moyen existe ou vient à être trouvé, le lacloscope seul ne pourra plus servir à constater la fraude ;
« 4°- Que l'appareil dans lequel M. Donné a conservé le lait én le refroidissant a donné, comme on devait le prévoir, les résultats qu'il a annoncés, mais que la commission n'entend pas juger la question économique;
« 5°. Que les expériences faites par l'auteur sur la densité du sérum n'ont pas le degré de précision convenable pour prouver que cette densité serait toujours la même , quel que fût le lait d'où le sérum proviendrait.
« La commission , considérant que le Mémoire de M. Donné offre plusieurs remarques très-intéressantes, a l'honneur de proposer à l'Académie d'adresser des remercîmenls à l'auteur pour la communication de son travail.
« Votre rapporteur se plaît, en terminant, à rendre un public hommage au zèle, à la complaisance dont M. Damoiseau, nourrisseur de vaches, a fait preuve en fournissant avec empressement, à la commission, des laits de diverses natures recueillis avec toutes les précautions désirables; il ne fallait rien moins que le concours si obligeant de cet honorable industriel pour rendre possibles, à Paris, les expériences de la commission. »