‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales [electronic resource]Chapitre 74 sur 129 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Que doit-on penser des méthodes de traitement employées jusqu'ici, et en particulier de la cautérisation à laquelle M. Lallemand accorde une confiance entière? Je ne prétends pas contester l'efficacité de la cautérisation de l'urètre dans certains cas; je dois dire pourtant que les faits dont j'ai été témoin ne sont pas favorables à cette méthode, et ne me laissent pas dans une sécurité complète relativement à son emploi; d'une part, j'ai vu des malades traités par la cautérisation, des malades cautérisés par M. Lallemand lui-même, qui n'étaient pas guéris, et de l'autre la cautérisation de l'urètre donne lieu chez certains individus à des accidents inflammatoires ou nerveux, dont les suites sont quelquefois redoutables; de telle sorte , que tant à cause de l'incertitude du procédé, que par la crainte que m'inspirent les manœuvres pratiquées dans l'urètre , j'ai dû avoir recours à des moyens plus généraux, agissant sur l'ensemble de l'économie, et incapables de compromettre la vessie et l'appareil sécréteur de l'urine.

Ces moyens ont consisté dans l'application du froid d'une manière générale et persévérante, par les bains, par les frictions à la glace, par la légèreté des couvertures et des vêtements en hiver, et dans un régime alimentaire approprié à l'état et à la constitution des malades; j'ai obtenu par cette méthode des résultats qui me semblent dignes de l'attention des praticiens; je citerai entre autres malades, un homme d'une trentaine d'années, affecté de pertes séminales depuis huit an-

nées, et réduit à un état de faiblesse, de découragement et d'impuissance déplorables ; l'emploi des bains de siège froids, de six à dix minutes, renouvelés avec une grande constance, tous les jours avant de se coucher, pendant six mois; ces bains rendus plus actifs en été au moyen de la glace, la suppression de vêtement et de couverture trop chauds, de manière à éprouver un léger sentiment de frisson habituel pendant les temps froids, l'usage de l'eau de goudron et de quelques toniques à l'intérieur , et enfin un séjour aux bains de mer, ont amené une guérison si parfaite et si solide , qu'elle se maintient depuis deux ans , et que le malade a repris toute la force et toutes les facultés que comporte sa constitution.

Je pourrais citer plusieurs autres cas analogues, mais je me bornerai à rapporter celui d'un jeune homme , réduit à un état d'impuissance par suite de pertes nocturnes du genre de celles que j'ai appelées pertes blanches, et chez lequel les demi-bains froids et le régime approprié ont promptement ramené les érections et les facultés viriles ; l'application du froid pendant un mois a suffi pour ranimer les organes et pour tarir les pertes qui, à dire vrai , n'existaient que depuis peu de temps.

C'est là une condition essentielle et que malheureusement nous ne rencontrons que très-rarement chez les malades; la plupart d'entre eux ne s'adressent à nous qu'après une très-longue durée de leur affection. Elle date de plusieurs années quand ils réclament nos soins; pour moi, sauf quelques exceptions, je n'ai guère eu affaire à des malades qui ne fissent remonter l'origine de leurs pertes, au moins à six ou huit ans,

quelquefois à dix et a quinze; nul cloute qu'ils n'offrissent bien plus de ressource et que la maladie ne fût moins rebelle, si on la prenait dès le début; mais ce n'est souvent qu'après bien du temps que les malades se rendent compte de leur état et qu'ils découvrent la cause de leur anéantissement physique et moral ; les pertes séminales ne donnent lieu à aucune douleur locale, à aucun trouble immédiat dans les fonctions, ce n'est qu'à la longue que l'attention des malades s'éveille et qu'ils s'éclairent sur leur position ; il ne faut pas moins de temps quelquefois, pour éclairer le médecin, le diagnostic des pertes séminales n'étant pas aussi facile que celui de beaucoup d'autres maladies plus vulgaires ou plus étudiées.

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