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PREPARATION DES PLAQUES ET INSTRUMENTS D'OBSERVATION

Préparation des lames et des plaques minces. — Les études de minéralogie micrographique ont pris, dans ces derniers temps, un tel développement, leur importance géologique est devenue si grande, qu'il nous parait nécessaire de consacrer un chapitre à la description sommaire des principaux procédés usités pour la détermination des minéraux au microscope (i). Nous commencerons par dire un mot de la préparation des plaques, ainsi que des instruments le plus souvent employés pour leur examen.

Lorsqu'il s'agit de cristaux de dimensions appréciables, il est facile, à laide d'un archet en métal et d'un tour d'horloger, d'y découper des lames suivant les orientations qu'on a choisies. Il ne reste plus qu'à amincir les lames par frottement sur une meule à l'émeri. Alors, en les portant sous le microscope polarisant à lumière parallèle, on reconnaît, à l'absence ou à la présence de teintes chromatiques limitées par des contours nets, si le minéral est homogène ou s'il est composé de parties diversement orientées, avec ou sans intercalation de matières étrangères.

Quand on a affaire à une roche dont les minéraux composants ne peuvent pas être facilement isolés, on en détache au marteau une esquille convenablement choisie et Ion y fait naître une face plane, par polissage sur une meule horizontale à l'émeri. Cette face est alors appliquée, à l'aide du baume de Canada, sur un petit bloc prismatique de verre, qui lui servira de soutien, et l'on procède, comme auparavant, au polissage de la face opposée. On arrive ainsi, avec quelque habitude, à préparer des plaques dont l'épaisseur, d'ailleurs bien uniforme, ne dépasse pas deux ou trois centièmes de millimètre. Ces

(i) Voir, pour plus de détails : Fouqué et Michel Lévy, Minéralogie micrographique; Michel Lévy et Lacroix, les minéraux des roches ;'\ Rosenbusch, Mikroskopische Physiographie der petrographisch wiehtigen Mineralien, a* édit.. i885; Cohen, Sammlung von Mikrophotogra-

phien ; Zirkel. Pétrographie.

PROPRIETES OPTIQUES

plaques sont collées avec du baume tic Canada entre deux lames de verre, les précautions étant prises pour qu'il ne resle pas de bulles d'air interposées. La préparation des plaques minces est devenue d'un usage courant. 11 y a

souvent grand avantage, pour un lithologiste, à effectuer luimême cette opération ; car s'il en peut suivre les progrès sous le microscope, il aura déjà des données très utiles relativement à la nature des minéraux de la roche qu'il veut étudier. En effet, d'après ce que nous avons vu sur la très inégale biréfringence des espèces, si l'on use une plaque contenant un assez grand nombre de minéraux, de manière à l'amener progressivement jusqu'aux environs de omm,oi ou omm,oa, les espèces cjui perdront les premières leurs couleurs de polarisation seront la chlorite, puis l'idocrase, l'apatite, lorthose, le quartz, etc. La calcite gardera toujours des couleurs "vives. L'épaisseur des plaques étant habituellement comprise entre oBm,oi et omm,o4, lorthose est généralement blanc ou de couleur gris-pâle, le quartz est d'un gris tirant parfois sur le jaune <i le pyroxène vivement coloré en nuances allant du jaune au rouge et même au vert. Pour o"",o5, l'augite donnerait déjà du vert de second ordre.

Emploi du microscope. — L'un des instruments les mieux adaptés aux études de plaques minces est le microscope Nachet, grand modèle (fig. 3n>). Le nicol

Pig. 3io.

EXAMEN Di:s PLAQUES MINCES 297

analyseur A est mobile el peut-être relevé en A . lorsqu'on veut observer le polychroîsme ou supprimer remploi de la lumière polarisée. De même, le polariseur T peut être abaissé avec le condenseur ou, par un mouvement de rotation, rejet»' surir côté en T'. La platine porte-objet, qui peul tourner avec un rentier, sur un limbe gradué, est muni.' de vis 11, H . qui permettent de déplacer la préparation suivant deux directions perpendiculaires, de manière a amener an centre le point qu'on veut plus particulièrement observer. Mai- la principale supériorité de l'appareil réside dans la disposition qui, en rendant l'oculaire indépendant de l'objectif, oblige ce dernier li a tourner en même temps que la plaque porte-objet, de telie sorte que, pendant cette rotation, le même point reste constamment au centre du champ de vision.

Le grand microscope est destiné aux observations cm: lumière parallèle. Mais on peut aussi s'en servir pour lexamen en lumière convergente. Pour cela, ou bien on emploie le système de M. Km. Bertrand, qui consiste à interposer, entre l'objectif et l'analyseur, un jeu de lentilles qui produit la convergence, en même temps qu'on installe un éclaireur au-dessus du polariseur; ou bien on a recours au dispositif imaginé par Von Lasaulx. Après avoir placé, au-dessus du polariseur, un condenseur à double lentille, on installe un objectif a fort grossissement et on supprime momentanément l'oculaire. On voit alors apparaître, au moins dans certaines sections, une image d interférence, d'autant plus nette qu'elle est plus petite, ce qui permet le plus souvent de reconnaître si le minéral est uniaxe ou biaxe.

On admettait avec Ilelmboltz que la limite de visibilité au microscope était le quart de micron c'est-à-dire le quatre-millième de millimètre et, pour des raisons tirées de la nature ondulatoire de la lumière, on regardait comme douteux que le dixième de micron pût jamais être dépassé. Depuis lors, cette limite semble avoir été poussée jusqu'au vingtième de micron i . Mais la diffraction devrait empêcher d'aller au delà.

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