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MACLES ARTIFICIELLES

Production de macles secondaires. — Quelque ingénieuse que puisse être une théorie des macles, le principal mérite qu'on doive lui demander est d'être d'accord avec l'expérience, quand celle-ci est réalisable. Or, s'il existe un grand nombre de macles qu'on n'a pas encore réussi à reproduire (macles primordiales des cristallographes), en revanche il y a toute une catégorie de groupements (macles artificielles ou secondaires) qu'on réalise, soit par des actions mécaniques, soit par l'intervention de la chaleur sur certains cristaux. Il importe de voir comment on en peut rendre compte.

La plus remarquable des macles par actions mécaniques est celle cpii se produit pour la calcite dans l'expérience déjà citée de M. Baumhauer (fig. 335, page 3^7). Tous les éléments de la partie déplacée du cristal ont subi une translation parallèle au plan de séparation ou plan de glissement b\ et proportionnelle à leur distance à ce plan.

Lois des déformations. — L'étude géométrique des translations proportionnelles (1) montre qu'il y a lieu de distinguer : i° le plan de glissement; i° le plan perpendiculaire au premier et parallèle à la translation, qui est le plan de symétrie de la déformation, la droite d intersection des plans étant X arête de glissement. Si la translation d'un point, situé à l'unité de distance du plan de glissement, est égale à K, il est aisé de reconnaître que les deux plans, normaux au plan de symétrie, et faisant de part et d'autre avec la direction négative du glissement, des angles a tels que cot x = — , sont amenés par la

déformation dans une position symétrique, à la fois par rapport au plan de glissement et à la normale à ce plan. On peut donc les appeler plans de nulle déformation. Leurs intersections avec le plan de symétrie jouissent du même privilège et peuvent s'appeler rangées principales.

(1) Voir Wallerant, Bull. soc. miner., juillet 190^.

Dans l'expérience de Baumhauer, le plan de glissement étant /■>', l'arête de glissement est une parallèle à une arête b, les plans de nulle déformation sont de notation p et les lignes conjuguées ou rangées principales sont les diagonales de ces laces p divergeant du sommet ternaire.

On démontre i que pour qu'une translation proportionnelle transforme un polyèdre en son symétrique, soit relativement au plan de glissement, soit relativement à l'arête de glissement, il faut et il suffit que le plan et l'arête soient respectivement un plan diamétral ou un diamètre du polyèdre; et, dans ce dernier cas, le plan de nulle déformation est conjugué du diamètre en question. En outre, pour qu'après cette translation les particules complexes soient devenues symétriques, il faut que le plan et l'arête de glissement leur appartiennent aussi en qualité d'éléments diamétraux.

Avec la calcite ces conditions sont remplies, b{ étant un plan diamétral du rhomboèdre dont b est une arête, c'est-à-dire aussi un ('dément diamétral.

Macles artificielles diverses. — Il se produit aussi des macles mécaniques sans glissement, dans les cas où le plan diamétral de macle est un élément de symétrie du réseau, auquel cas ce réseau est à lui-même son symétrique. Alors le macle ne résultera plus que de la déformation de la particule complexe, à laquelle cet élément faisait défaut; celle-ci, pouvant être amenée par l'action mécanique à une orientation différant moins de la position symétrique que l'orientation primitive, pourra venir d'elle-même, une fois l'action terminée, se placer dans l'orientation symétrique, qui est une position d'équilibre, et la macle sera produite.

C'est le cas de la boraeite qui, bien qu'adoptant un réseau terquaternaire, ne possède en réalité, comme l'indiquent les phénomènes optiques, qu'un axe binaire A2, coïncidant avec un axe quaternaire du réseau, et deux plans de symétrie iV, en coïncidence avec deux plans de symétrie non principaux de l'assemblage. Or si, sur une lame de boraeite taillée normalement à un axe ternaire du réseau, on appuie la pointe d'une aiguille, on fait naître avec la plus grande facilité des lamelles symétriques par rapport aux autres plans non principaux, et cela sans produire aucune déformation extérieure. La même chose s'observe avec un composé de chlorhydrate d'ammoniaque et de bromure de nickel.

On peut aussi produire des macles mécaniques sans glissement sur les acétates triples qui contiennent, en combinaison avec la soude et l'urane, un des métaux suivants : enivre, cobalt, nickel, zinc; ces cristaux sont rhomboédriques; mais les plans de symétrie du réseau pissant par l'axe ternaire font défaut au cristal.

La particule de l'édifice obtenu par action mécanique devant être symétrique de celle de l'édifice primitif, le phénomène des macles de ce genre ne peut

(i) Voir Wallerant, Gi<> tpemenls cristallins.

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