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PARTICULARITÉS DES CRISTAUX

forme cristalline sont bien constituées. Sur les faces, la cristallisation a marché moins vite et il en résulte des dépressions, parfois en forme d'entonnoirs oo de trémies, donnant naissance à ce qu'on appelle des squelettes de cristaux. Ainsi les octaèdres de Cuprite sont souvent réduits à leurs arêtes et à leurs plans principaux, les faces étant restées creuses el comme corrodées.

Plus souvent encore la matière cristallisante semble s être portée de préférence à la périphérie, de manière à constituer un cristal aussi gros que possible, dont l'intérieur est demeuré vide ou s'est rempli de matières étrangères. Ainsi les gros dodécaèdres de Grenat des chloritoschistes consistent fréquemment en une simple pellicule, tout l'intérieur étant rempli de chlorite et. dans ce cas, l'impureté des cristaux contraste d'une façon remarquable avec la dimension et la régularité de leur forme extérieure. La même chose arrive aux octaèdres de Magnétite disséminés dans les schistes. D'autres fois, le Grenat ou l'Idocrase forment une couche mince cristallisée, entourant un noyau constitué par un mélange de calcite avec l'un de ces minéraux [Périmorphose de Scheerer).

C'est probablement à un phénomène de cet ordre qu'il faut attribuer ce qu'on appelle le grès cristallisé de la forêt de Fontainebleau. Ce sont des rhomboèdres assez gros et groupés, ayant exactement les formes de la calcite., mais dont l'intérieur est surtout constitué par du grès siliceux à ciment calcaire. Il semble donc que le carbonate de chaux ait cherché à cristalliser sous la plus grande dimension possible, se contentant, pour remplir l'intérieur, des grains de sable quartzeux qu'il servait à agglutiner.

Les cristaux-enveloppes sont un phénomène très fréquent. Nous avons déjà parlé des prismes pyramides de Quartz , qui s'emboîtent les uns dans les autres. Souvent un gros prisme de Quartz se montre, à l'une de ses extrémités, sous la forme d'un cristal unique, avec pyramide terminale bien développée, tandis que, à l'autre extrémité, on voit apparaître une foule de prismes pyramides distincts, tous orientés de la même manière. Quelquefois même, sur chacun de ces prismes, une des faces pyramidales est disposée de telle façon que toutes les faces homologues se trouvent dans le même plan, ce qui explique qu'elles puissent en arriver à se confondre en une face unique.

Du reste, ce fait est assez général pour que M. Sadebeck ait conçu, sous le nom de Cristallotcctonique, une doctrine d'après laquelle tout cristal est formé d'une agglomération de sous-individus. Ces éléments pourraient être plus ou moins simples, et tantôt leur forme serait concordante avec celle de l'individu total, tantôt elle serait plus compliquée. Lorsque quelques-uns des sousindividus prennent, dans une direction, un développement plus rapide que le reste du cristal, ce dernier ne se termine pas de ce côté par des faces planes.

Orientation par influence. — En tout cas, quelles qu'aient été les particularités de la cristallisation, deux choses ressortent clairement de l'observation : d'une part, la tendance à l'orientation identique des éléments contigus,

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même quand ils restent distincts : d'autre part, la fréquence îles formes envclopp js, qui tendent à englober, sous une même et unique surface, soit plusieurs individus séparés, soit une partie cristalline et un remplissage dénature quelconque.

L'influence des éléments déjà consolidés sur l'orientation des particules en de cristallisation est si nettement marquée, qu'elle se manifeste même sur des cristaux dont les dates de formation diffèrent beaucoup. Ainsi, dans les porphyres, on constate par les observations chromatiques que, très souvent, les petits individus quartzeux de la pâte ont pris l'orientation des gros cristaux de quartz ancien, autour desquels ils sont venus former comme une auréole. De même on a remarqué que les grains de glace des glaciers, augmentant peu à peu de grosseur par la congélation de 1 eau qui les imbibe, peuvent finir par donner lieu à des individus beaucoup plus gros, d'orientation uniforme.

Le fait n'a rien qui doive surprendre; car l'adjonction d'éléments nouveaux

replace la périphérie des cristaux anciens dans des conditions analogues à

celles de leur formation, et il est naturel que l'unité primitive du réseau tende

reconstituer. Nous avons vu d'ailleurs que, si elle n'y parvient pas, du

moins les réseaux juxtaposés s'influencent réciproquement, suivant les lois qui

-dent aux maries.

Ajoutons qu il n'est pas rare de voir deux espèces distinctes s'orienter d'une manier.- définie l'une par rapport à l'autre. Ainsi, en Bohème, la Pyrite jaune cubiq h e a cristallisé en même temps que la Marcasitc rhombique, et tandis qu'une des faces cubiques de la première espèce s'appliquait exactement sur une (ace p de la seconde, une autre face cubique prenait la direction de l'une

- faces /n de la Marcasite. Souvent aussi, sur des cristaux d'Albite, on voit de petits cristaux d'Adulaire implantés parallèlement les uns aux autres. Enfin

i une particularité des cristaux de Staurotide du Saint-Gothard, qu'une de leurs - se dispose exactement dans le prolongement d'une face d'un cristal

de I »i-thène.

Cristaux à faces courbes. Cristallites. — Pour terminer rémunération

- particularités de la structure cristalline, il convient de mentionner la fré-

tées courbes. 11 y a des espèces, comme le Diamant, où le fait est général, en sorte que les cristaux à faces courbes y sont plus nombreux que les autre-. Dans une tout autre série de minéraux, la Dolomie est remarquable par la courbure habituelle des faces de ses rhomboèdres, ce qui, du reste, n'influe pas sur le tranchant des arêtes. Le même phénomène se présente dans les fac - verticales des prismes de Tourmaline, comme dans celles du Béryl ou Aigue-Marine et parfois de la Topaze; enfin il est très fréquent dans les cristaux de Gyps

La plupart du temps, ce phénomène doil être attribué à la juxtaposition d'une série très nombreuse de facettes, faisant partie de la même zone. Ainsi la

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surface des octaèdres courbes de Diamant montre un grand aombre de stries parallèles, dessinant îles pyramides triangulaires de plus en plus surbaissées. De même le grand nombre des stries sur les prismes de Tourmaline et de Béryl indique une succession de prismes hexagonaux ou dodécagonaux. .Mais il est douteux que la même explication convienne au cas des cristaux de Pyroxène, d'Amphibole et d'Apatite qu'on observe dans certains calcaires cristallins, où leur surface est comme fondue et offre une courbure tout à fait irrégulière. Dans les minéraux de nature vitreuse, tels que L'Obsidienne, oh rencontre souvent, sous la forme d'aiguilles, de globules et d'arborisations microscopiques dites cristalliles, des indices de dévitrification donnant naissance, non à des cristaux réellement spécifiés, mais à des corpuscules qui tiennent le milieu entre l'étal cristallin et l'état amorphe.

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