‹ Cours de minéralogieChapitre 188 sur 327 · VI · texte numérisé non relu

VI

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sente donc le nombre de grammes que pèse, dans les conditions indiquées, un volume d'oxygène égal à 11 litres ta dixièmes, constante expérimentale qui s'appliquerait à tous les corps gazeux.

Seulement, si la plupart des corps sont diatomiques, c'est-à-dire si leur molécule doit être divisée en deux atomes, il y en a, comme le mercure et le zinc, qui sont monoatomiques, tandis que le phosphore et l'arsenic sont tétratomiques, le soufre à 5oo degrés étant hexatomique, etc.

Dans le tableau, on n'a pas fait figurer trois éléments des terres rares, dont l'individualité ne paraît pas douteuse, mais qui n'ont encore été qu'entrevus, à savoir Y llolmium, VErbium et le Thulium. De même, on a supprimé le Decijiiiun. admis depuis quelques années sur la foi d'expériences inexactement interprétées (i).

Les chiffres du tableau sont en général conformes à la table des poids atomiques, publiée chaque année dans le Bulletin de la société chimique; mais quelques-uns d'entre eux ont été modifiés conformément à de récentes déterminations.

Classification des corps simples. — Les corps simples ont été repartis en deux grandes classes : i° celle des métaux, jouissant de l'éclat dit métallique, bons conducteurs de l'électricité et du calorique, doués d'une forte densité, toujours électro-positifs dans leurs combinaisons avec les autres corps, enfin donnant, par leur union avec l'oxygène, des bases plutôt que des acides; a0 la classe des métalloïdes, doués de toutes les propriétés inverses.

Mais il s'en faut de beaucoup qu'on soit absolument d'accord sur les limites des deux classes. Ainsi, pour M. Tschermak, aux métalloïdes appartiennent seulement les corps suivants : Oxygène, Phosphore, Azote, Titane, Silicium, Carbone, Bore, Iode, Brome, Chlore, Fluor, Tellure, Sélénium, Soufre. Tous les autres sont des métaux, parmi lesquels il y a lieu de distinguer les métaux cassants (Sprôdmetallej, Bismuth, Antimoine, Arsenic; les métaux lourds, Zinc, Cadmium, Plomb, Ftain, Cuivre, Argent, Mercure, Or, Platine, Fer, Manganèse, Cobalt, Nickel, Chrome, Vanadium, Molybdène, Tungstène, Uranium; enfin les métaux légers, au-dessus desquels l'hydrogène occupe une place à part.

Au contraire, d'autres chimistes rangent le Zirconium, le Titane, l'Etain, le Thorium, 1 Arsenic, l'Antimoine, le Bismuth, l'Uranium, le Tantale, le Niobium et le Vanadium parmi les métalloïdes.

Dans ces derniers temps, divers savants, et notamment M. Mcndélejeff, ont cherché à montrer que les propriétés des corps, fusibilité, volatilité, ductilité, etc., pouvaient être regardées comme des fonctions périodiques de leurs poids atomiques. Partant de cette idée, on a essayé d'établir une classification naturelle des éléments en séries, d'après la double considération des poids

(i) Nous rappellerons que l'ancien Didyme (Di) a été divisé en deux éléments, le Néodyme et le Proséodyme.

atomiques et de ce 411e les chimistes ont appelé la valence des atomes, c'est-àdire la faculté que possède chacun d'eux de s'unir à un nombre plus ou moins considérable d'atomes d'hydrogène.

Mais quelque intéressantes que soient ces tentatives, elles ont beaucoup perdu de leur valeur, depuis qu'on a introduit, dans la détermination des poids atomiques, une rigueur qui a fait ajouter presque partout des décimales à des nombres jusque-là réputés -impies. D'ailleurs il semble impossible de faire rentrer dans une classification périodique les éléments, au nombre de quinze, cpion rencontre dans le groupe des terres rares, c'est-à-dire celui du Cerium, du Lanthane, du Néodyme, etc.

État naturel des substances minérales. — Parmi les corps simples, il en est peu qui soient assez difficilement altérables pour se présenter à l'état natif. Si l'on excepte les corps gazeux, tels que l'oxygène, l'azote, etc., on n'en compte guère que onze qui soient dans ce cas; encore, pour la plupart d'entre eux, l'état natif n'est-il qu'une exception. Ce sont, en fait de métalloïdes, le soufre et le carbone; en fait de corps métalliques cassants, l'arsenic, l'antimoine, le bismuth; parmi les métaux lourds, l'or, l'argent, le mercure, le cuivre, le fer, le platine (auquel il convient encore d'ajouter l'iridium et le palladium).

La très grande majorité des espèces minérales résulte de l'union de deux ou plusieurs (déments simples. En général, les métaux légers figurent dans des combinaisons oxygénées, ou en compagnie des corps haloides, tandis que la plupart des métaux lourds se montrent combinés avec le soufre, le sélénium, le tellure, en même temps qu'avec l'arsenic et l'antimoine, qui, malgré leur aspect métallique, jouent plutôt en chimie le rôle de métalloïdes. Aussi ces corps ont-ils reçu le nom de minéralisateurs, parce qu'on peut admettre qu'ils ont, en quelque sorte, servi de véhicules aux matières métalliques lourdes, pour les amener de l'intérieur du globe jusqu'au voisinage de la surface.

Les minéraux de beaucoup les plus abondants de la croûte terrestre, là où cette dernière n'a pas subi de remaniements ultérieurs, sont des silicates. Ce sont eux qui constituent, presque seuls, toutes les roches qu'on peut appeler fontarnendales. Ils sont essentiellement stables et généralement réfractaires. A l'extrême opposé de la série apparaissent les combustibles fossiles, pour la plupart d'origine organique et que leur enfouissement a seul préservés de la destruction qu'ils eussent encourue à L'air libre. Ils forment un véritable trait d'union entre le monde organique et le monde inorganique.

Importance relative des divers éléments. — On remarquera que le silicium qui, par -on union avec l'oxygène, a été l'agent par excellence de la formation de la croûte terrestre, et le carbone qui, en se combinant avec l'hydrogène el l'oxygène, suffit presque à constituer tous les tissus organiques, appartiennent a la même famille chimique et se placent exactement l'un à côté de l'autre par leurs propriétés. Et pourtant, alors que la silice donne les com-

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