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FORMULES DES MINÉRAUX

Les trois quotients sont entre eux, à peu de chose près, comme les nombres i : i : 2,o6, OU, en gros, i : i : a. On admettra donc que la formule de la Clialoopyrite doit cire écrite Fe Cu S-'.

Il resterait à contrôler cette formule, qui n'exprime que des rapports de poids. Ce sérail chose facile, d'après ce que nous avons dit précédemment, si l'on pouvait déterminer la densité de vapeur delà Chalcopyrite. Mais la plupan des minéraux échappent à ce moyen de contrôle. Aussi leurs formules ne sontelles que provisoires et les symboles qui y figurent peuvent toujours être multipliés par un même coefficient, si les analogies du minéral avec un autre, dont la densité de vapeur ait été déterminée, conduisent à le faire, ou si l'interprétation de certaines propriétés chimiques semble l'exiger. C'est ainsi que plusieurs minéralogistes préfèrent, pour la Chalcopyrite, la formule Fe- Cu8S*,demême que, pour la Proustite, on admet parfois Ag8As2S6 au lieu de Ag'AsS3, qui est cependant plus simple.

Très souvent, au lieu de formules atomiques, comme celles qui viennent d'être données, ou en emploie d'autres, où les éléments sont déjà groupés en combinaisons définies. Ainsi l'analyse de l'Analcime de Fassa ayant fourni

Silice 55,aa : 60 = 0,9187

Alumine 22,99 : io3 = 0,2282

Soude i3,53 : 62 = 0,2182

Eau 8,27 : 18 == 0,4594

et les rapports des quatre quotients étant à peu près ceux des nombres /, : 1 : 1 : 2, on écrit souvent la formule de l'Analcime :

4Si02. APO3. Na20. srPO.

Mais, ainsi que nous avons eu l'occasion de le dire en partant de considérations cristallographiques, ce groupement des éléments constituants nous paraît tout à fait factice et nous préférons nous en tenir, sauf quelques cas spéciaux, à la méthode des atomistes, pour qui la formule de l'Analcime doit s'écrire :

Al2Na2rPSi4013.

Quand deux éléments peuvent se remplacer mutuellement par isomorphisme, on groupe leurs symboles dans des parenthèses, en les séparant les uns des autres par des virgules. Ainsi (K, Na)2 indique que 2 atomes d'un radical alcalin peuvent être fournis indifféremment par le potassium ou par le sodium.

Dans un certain nombre d'ouvrages de minéralogie, l'oxygène s'indique par des points placés au-dessus du symbole O ; ainsi O pour O3. Le soufre aussi se représente par des traits verticaux. P'b étant l'équivalent de PbS. Enfin on emploie aussi des lettres barrées pour doubler les symboles, par exemple u pour A1203.

Ajoutons que. dans les ouvrages allemands, les chiffres qui désignent le nombre des atonies sont placés en bas; ainsi Al„03au lieu de Al'-O3.

Influence de la pureté des substances. — Il est rare que l'analyse d'un minéral, même cristallisé, réponde d'une façon rigoureusement exacte à la formule atomique admise. Non seulement il y a de fréquentes substitutions d'éléments isomorphes; mais l'analyse accuse aussi la présence de substances étran- - Le microscope en donne la raison, lorsqu'il nous révèle, même au sein des minéraux qui paraissent le plus purs, l'existence d'inclusions, en nombre plus ou moins considérable. Lorsqu'on les a reconnues, on peut essayer de les séparer, en combinant l'emploi des liqueurs titrées de grande densité, telles que le tungstoborate de cadmium, l'iodure de méthylène, étendu de benzine ou de xylol, avec l'action graduée des acides chlorhydrique et fluorhydrique, enfin avec un triage à la main, opéré sous le microscope. On obtient de cette manière des résidus relativement très puis, dont l'analyse fournit, pour les rapports d'oxygène, des nombres extrêmement voisins de ceux qu'indique la théorie (i).

Nomenclature minéralogique . — Un bon nombre d'espèces minérales sont connues depuis une haute antiquité; à celles-là, l'usage a imposé des noms que la science a souvent acceptés. Pour les autres, les fondateurs de la minéralogie ont adopté, tantôt des dénominations dont l'étymologie grecque était empruntée à l'une des principales particularités de la substance (par exemple, 1 A' mite, ainsi nommée par Haùy à cause de l'aspect coupant de ses cristaux, qui les fait ressembler au tranchant d'une hache), tantôt des noms rappelant la composition chimique (par exemple, chaux fluatée pour le fluorure de calcium, magnésie boratée, zinc oxydé silicifère, etc.).

Depuis longtemps l'usage a prévalu d'assigner à chaque espèce, et même à chaque variété, un nom univoque qui rappelle, soit une propriété de l'espèce, soit le nom du gisement, soit celui du savant qui a découvert le minéral, soit enfin celui d une personne à qui on a cru convenable de le dédier. La plupart de ces noms, il est vrai, ont l'inconvénient de n'offrir à l'esprit rien qui puisse mettre sur la voie de la composition du minéral. Mais leur brièveté présente, dans la pratique, d'incontestables avantages et, de plus, ils sont entièrement indépendants des fluctuations de la nomenclature chimique. On peut même dire que les meilleurs sont ceux qui ont été formés avec des noms de personnes ou de pays; car souvent, après avoir cru bien faire en désignant une espèce par une particularité regardée comme caractéristique, on a retrouvé cette particularité mieux empreinte encore dans an minéral différent. Nous aurons d'ailleurs soin <l indiquer, dans un Lexique placé à la fin de l'ouvrage, toutes les synonymies que l'usage aconsacn i synonymies spnt extrêmement nombreuses et, de pins, il faut avouer qu'on a singulièrement abusé de la faculté de créer

• que M. Lacroix ;> vérifié sur la sillimanite, «ju'il a séparée d'un échantillon de fibrolite, où elle était associée à l'amphibole, au quartz, an Feldspath, etc., ainsi que sur l'anorthite, rariété indianite, qu'il u pu isoler 'l une roche à pyroxène, grenat et épidote.

DETERMINATION DE LA DENSITE Ml

des noms spéciaux, pour désigner des variétés plus ou moins insignifiantes. Il serait grandement à désirer que la nomenclature minéralogique lût soumise .1 une revision sévère, prenant pour base Les principes énoncés par Dana | i . savoir : i° pour tout minéral analysé, il faul prouver, par an examen microscopique et chimique attentif, qu'on a bien affaire à une matière homogène ; a0 1 investigation approfondie qui sert à définir une nouvelle espèce doit précéder et non suivre l'application d'un nom nouveau.

Mais jusqu'à ce que cette revision ait été faite par ceux qui sont en possession de l'autorité nécessaire, nous ne pouvons nous dispenser de mentionner tous les noms qui ont été déjà publiés. C'est ce que nous avons essayé de faire dans le Lexique, en niellant à contribution les listes de MM. Dana, des Cloizeaux, de Selle, Pisani, Leymerie, Zirkel, Hint/.c, Lacroix, Chester, Spencer et les recueils périodiques relatifs à la minéralogie.

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