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DÉFINITION DE LA MINÉRALOGIE

La Minéralogie, considérée dans son acception la plus générale, est la branche de l'histoire naturelle qui a pour objet la connaissance des corps inorganiques ou minéraux. C'est à elle qu'il appartient de définir les diverses espèces entre lesquelles peuvent se répartir les innombrables individus dont se compose le règne minéral, et de nous mettre ainsi en possession de procédés -impies, pour reconnaître tous ceux de ces corps qui recèlent des substances utiles.

Ainsi compris, le domaine de la Minéralogie est immense et il devient indispensable de le subdiviser en parties, dont chacune puisse être étudiée pour elle-même et par un ensemble de méthodes qui lui soient propres. En premier lieu, on est convenu de borner la Minéralogie à la connais-, une des espèces simples, réservant à la Géologie et aux sciences qui s'y rattachent le soin d étudier le mode de groupement de ces espèces et la façon dont elles interviennent dans la construction de l'écorce terrestre. Ensuite l'usage a prévalu de limiter la compétence du minéralogiste aux espèces que la nature nous offre à l'état de liberté, laissant à la Chimie minérale celles qui n'ont encore été obtenues que par l'emploi de procédés de laboratoire, dits procédés chimiques. Et comme c'est précisément à ces procédés qu'il faut recourir pour déterminer la composition des espèces, le soin de cette détermination a été, du même coup,

DE LAl'i'ARENT, COCRS DE MINERALOGIE.

INTRODUCTION

abandonné à la Chimie. Enfin on a l'habitude d'exclure du programme de la Minéralogie tous les corps qui, dans les circonstances ordinaires, affectent !'. ta! liquide ou 1 étal gazeux, l>e la sorte cette science a cessé d'être l'histoire générale des corps inorganiques, pour devenir simplement l'histoire naturelle et descriptive des espèces minérales <[ui composent la croûte du globe.

t»u ii' -aurait méconnaître l'avantage qu'il y a, pour la pratique comme pour l'enseignement, à spécialiser, ainsi qu'on vient de l'indiquer, le domaine de la Minéralogie. Le but immédiat de cette science se trouve mieux défini; ses procédés d'investigation, presque tous empruntés aux ressources de la Physique, -ont plus simple- et plus homogènes. Il est aussi plus facile de trouver r. unies, chez un même observateur, les aptitudes que réclame leur maniement. Néanmoins, il importe de se souvenir que ces restrictions, appor- - h cadre de la Minéralogie, n'ont pas leur raison délie dans l'essence même des choses. Assurément, les corps minéraux artificiellement obtenus par les chimistes n'ont pas moins de droits que les autres à l'examen du minéralogiste. Chacun d'eux peut être retrouvé, quelque jour, dans un gisement jusqu'alors inconnu et prendre ainsi sa place parmi les produits du grand laboratoire de la nature. Il suffit d'ailleurs qu'il constitue nue espèce stable et distincte, pour qu'il y ait lieu de l'admettre dans la famille des corps minéraux, en le groupant avec ceux près desquels le placent ses affinités. Nombre des plus récentes et des meilleures conquêtes de la cristallographie sont dues à I étude de cri-taux, non seulement artificiels, mais encore dérivés de substances dites organiques. Et certes il est malaisé de comprendre pourquoi, par exemple, le soufre fondu dans les laboratoires devrait être laissé aux chimistes, tandis que le soufre cristallisé dans les fissures des solfatares naturelles appartiendrait de droit aux minéralogistes.

tte raison de logique vient s'en joindre une autre, tirée du but élevé que toute science digne de ce nom doit s'efforcer d'atteindre. Si la Minéralogie n'était qu'un moyen pratique d'arriver à la connaissance des substances rainé-

1,1 il. ■-. on ferait sagement d'en restreindre systématiquement le programme et d'écarter le plus possible de son chemin l'intervention des autres sciences qui s'y peuvent rattacher. Mais alors la Minéralogie ne serait plus une science;

.lit un art, fart de distinguer les miner au i \ et l'on ne devrait la considérer .mue I prologue indispensable de 1 art des mines. C'est bien ainsi du

que l'avait eonçue, à la fin du siècle dernier, l'esprit éminemment pratique d Werner, lorsque, détachant de son domaine la Minéralogie géographique ou

losie, la Minéralogie chimique et la Minéralogie économique, il en avait fait simplemi al ce <pi il nommait Y Oryctognoaic.

M.ii-. -e qui pouvait convenir au ■ besoins de l'illustre professeur de Freiberg

pondrait plus aux légitimes aspirations de I esprit scientifique moderne.

■ ii avoir des visées plus liante- que la connaissance

d un certain groupe 'I objets eu vue de la satisfaction «les besoins matériels de

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