DEUXIEME CLASSE SILICATES DES AMYGDALES
ZEOLITES
Le remplissage des amygdales, dans 1rs roches basiques vacuolaires, s'opère à l'aide d'une famille naturelle de silicates, qui figurent aussi parmi les dépôts des sources thermales el qu'on a groupés sous la dénomination de Zéolites. Cronstedt désignait ainsi, dès i-'iii, des substances qui se gonflent et bouillonnent (vio. bouillir) lorsqu'on les expose à la flamme du chalumeau. Leszéolites sont toutes hydratées (donnant, par suite, de l'eau dans le tube), et presque tontes aluminifères. Dans ce cas, si l'on fait abstraction de la proportion d'eau, les rapports d'oxygène sont les mêmes que dans la famille des feldspath s, c'està-dire i *. '! ; i ; i *. 3 ; 6 : i '. 3 *. <S ; i ; \ • 9; i \ j \ 12.
Les protoxydes des zéolites sont la potasse, la soude, la chaux, la baryte. La couleur de ces minéraux est généralement blanche, leur densité variable de 2 à 2,5, leur dureté comprise entre » et 6 et ils sont parfaitement décomposables par les acides. M. Damour avait remarqué que la dessiccation à ioo° ou dans une atmosphère très sèche enlevait à presque toutes les zéolites, réduites à la grosseur d'un pois, une notable partie de 1 eau de combinaison. Par contre, placées dans un air saturé d'humidité, elles absorbaient de ', à 12 "/0 d'eau, qui s'évaporait par exposition à l'air libre. Depuis lois, M. G. Friedel a montré (1) que l'eau de toutes les zéolites peut être totalement chassée sans que le réseau cristallin soit détruit. Non seulement celte eau est susceptible d'être reprise, mais on y peut substituer divers gaz ou des composés volatils du silicium.
ZÉOLITES SODIQUES Mésotype. H*Na*AlaSi8012. — P. S. =2,17 à 2,26. — D.= 5 a 5,5.
S. rhombique. 1». A. = 0,983 ; 1 " o,3Î2; 01/71 = 91°; bl/„bl/a adj. = i42°/|0
et 1 ',''"'<'.
',; à i8. SiO*; 25 a 27. A1*08; 1 5 a r6. Na'O; <>.'>. iiJ<>.
Combinaisons habituelles; mbx / Jjnb1 / % ■=. iiG°',o'); mbxj~c (fig. 146) avec x = ) bibi/it/ii/u ; et .v.r= 1 ï6°i8' avant-, mgW .,-, m/^g1 b1/» etc. — Clivage
m parfait. Allongement très net suivant A'g1.
(t)Bul/. Soc. ruiner., XIX, p. y3.
SILICATES DES ROCHES BASIQUES
Cassure conchoïdale ou inégale; éclal vitreux, incolore, blanche grise.
Opt. — A. 0. dans g1. Signe positif, lîiss. perpendiculaire à pi p<p. — ng = 1,4887 (rouge); nm = 1, ',:<);; np= 1,4768. — 2 V = Kj'^9'; 2E = 94027'.
Ch. Se gonfle et fond en verre incolore ou verdâtre, quelquefois à la flamme simple de la bougie et sans qu'il -.■il besoin de souffler. Réact. 88.
En petits prismes hyalins ou d'un blanc laiteux, tapissant des géodes dans les roches volcaniques (Auvergne) ou en rognons bacillaires et fibreux, à texture très nettement rayonnée. La Xatrolite (ou pierre de soude), en masses fibro-compactes jaunes, composées de noyaux sphéroïdaux radiés, est remarquable dans le Ilôgau (Wurtemberg). La Radio lue de Brevig a la même structure.
Etym. : Le nom de mésotype a été créé par Haiiy, qui considérait les formes dr cette espèce comme intermédiaires (us'70;) entre celles de la Stilbite et celles de 1 Analcime.
J^jy€
Fi;.-, y,,',.
ZÉOLITES SODICO-CALCIQUES
Analcime. H»(Na2, Ca), AI2Si4Ou. —P. S. =-±,it. à 2,29. — D.= 5,5.
S. cubique (en apparence).
■»;. SiO2; 22 à 2',. Al-0<; 12 à i ', . Xa-Q ; o a 6. CaO ; 8 à cj. H20. Combinaisons habituelles : le trapézoèdre a1, 1res fréquent; pa?\ crar , ce dernier symbole appartenant à un trapézoèdre très surbaissé (lig. 447) Clivage/? imparfait. Eclat vitreux, parfois nacré; incolore, blanche, blanc rougeàtre, rouge de chair.
Ch. Blanchit, se gonfle et fond; avant calcination, facilement attaquable en abandonnant de la silice floconneuse ou gélatineuse. Indice = [,4874 (r0l,ge)-
L'analcimc se présente en gros cristaux trapézoédriques dans les tufs mélaphyriques du Tyrol méridional. On la trouve aussi aux îles Cyclopes, en petits cristaux hvalins, en Auvergne, à Stalla, eu Irlande, au Supérieur, <•!'■. La variété de l'Oural, pourvue d'un clivage cubique assez ii' 1. a reçu les noms de Cubiziie el de Cuboïtc
La Vicr analcime de Toscane es! une Analcime magnésifère (10 "/„. MgQ), Bans chaux et avec o,45. Na'O, qui affecte les formes a- et pa?.
Etym. : drvsXxtç, impuissant, parce que ce minéral est peu susceptible de
triser par frottement.
L analcime offre des phénomènes de polarisation que divers auteurs ont
Fig
EUDNOPHITE, GMÉLINITE, FAUJASITE, THOHSON1TE 511
cherché à expliquer par des tensions intérieures, tandis que Mallard y a vu des groupements de ■> \ cristaux à symétrie rhombique pseudo-quadratique. M. Bertrand (i) a fail voir que six prismes quadratiques, couronnés par des octaèdres bl, tels que 0lù] opposés = 900, peuvent s< grouper autour d'un point, eu s'accolanl parallèlement à 61, suivant trois directions rectangulaires el occuper loul l'espace, de façon à présenter extérieuremeut la forme <lu trapézoèdre a1, les lace- de ce pseudo-trapézoèdre étant formées par l< des cristaux prismatiques. D'ailleurs l'analcime de Monte-Catini, en lames aormales aux axes ternaires du trapézoèdre, donne la croix et les anneaux d'un cristal uniaxe.
L'analcime se distingue de la leucite en ce que, par la calcination, elle devient opaque en dégageant de l'eau.
L Eudnophite est une zéolite très voisine, par sa composition, de l'analcime, mais rhombique, avec mm=z iao°; R. A. z=oi5'j<j '. \ * 0,640. — P. S. = 2, 27. Biréfringence = 0,004. A létat secondaire dans la syénite de Norvège.
Gmélinite. Il'-(Na-.Ca) Al8Si4018. — P. S. =2,04 à 2,12. — D. = 1,3.
S. rhomboédrique ; IL A. = 1 : 0,72!»',; pp = ii2°26'.
La Gmélinite (dédiée a Gmelin), qui renferme de » à 7 °/0 de soude pour 5 à 5 de chaux, avec 20 à 22 °/0 d'eau, olfre souvent la combinaison etype1/^, avec clivage e'1. Elle tapisse des cavités dans des wackes du Vicentin, de l'Irlande, de lilc de Chypre.
Signe optique variable; indice = 1,46; biréfringence = 0,001.
Dans la Faujasite (dédiée à Paujas de Saint-Fond), on compte de ï à j °/0 de soude et autant de chaux, avec 22 à 28 d'eau. La forme parait être l'octaèdre a1 du système cubique. — P. S. = 1,92. — D. = j à 6.
Thomsonite. H12(Ca,Na2)aAl*Si*021. — P. S. = 2,*i à 2,38. — D. = 5
S. rhombique; R. A. = <»,f)<j2 : 1 : 1,009 (2); mm = 90°2D.
i; à 39. SiO-; 3o. A1*03; 12 à 14. GaO ; ', à 8. NaaO; 11 à 1 ',. ILO.
Clivages : g1 parfait; //' moins parfait.
Eclat vitr.ux, incolore, blanche; se gonllc et fond au chalumeau en email blanc. On en distingue deux variétés; i° la Thomsonite proprement dit longues baguettes cannelées. /;///' çfpa1, m/tl g1 pal/t n'/6, du trapp d'Ecosse. 20 la Coniptonltc, en groupes sphéroïdaux ou en prismes courts, mh '^'i?60, des basaltes de Bohème.
(1) Bull. Soc. minerai, de France, 1881, p. 6a. — (a) Rapport d'axes choisi de manière à mettre en évidence la symétrie pseudo-cubique (Lacroix).
512 SILICATES DES ROCHKS BASIQUES
Opt. Signe positif. A. 0. dans/). Biss. normale à g'1 ; aV = 53°; /;,, =: i ,5a5
ge ;««== 1,503;»,= 1,498. p<p.
1 1 diée au chimiste Thomson.
La Mésole ou Féroëlite des îles IVroè est une thomsonite à \x ou 43 °/o de silice, groupée en sphérolithes a éléments très lins. La Scoulérite ou pierre de pipe de l'Amérique du Nord est une variété impure de Thomsonite.
Mésolite. H«(Ca,Nas A^STO» — P. = S. 2,18 à 2,39. — D. = 5,5.
La mésolite (que quelques auteurs considèrent comme un mélange isomorphe de mésotype avec une zéolite calcifère, la Scolésite) est triclinique, avec formes voisines de celles de la mésotype; m/ = Qi<>45/. Clivages m et t parfaits.
L'espèce contient 10 "/„ de chaux et '1 de soude.
Signe opt. positif. Biss. sensiblement normale à h1. A. 0. dans un plan voisin de g1 ; aV = 35°; ç; v. Allongement tantôt positif, tantôt négatif.
Gonfle et se tord au chalumeau. Le plus souvent en aiguilles, accolées en masses divergentes et implantées sur d'autres zéolites.
M. Lacroix réserve le nom de mésolite à l'espèce triclinique et range dans la Scolésite les minéraux sodico-calciques à signe optique négatif.
La Pectolite, (Ca,Naa,H |Si03, des amygdaloïdes et des mélaphyres, est
une zéolite peu hydratée, fusible sans bouillonnement et contenant i\ °/0 Je chaux avec 9 "/0 de soude. Complètement isomorphe avec la Wollaslonile, elle e-i optiquement positive, avec Biss. normale à g1; aV = Go"; biréfringence égale à o,o38.
ZÉOLITES CALCICO-POTASSIQUES Christianite. H8(K2,Ca)Al2Si4016. — P. S. = a,i5 à a,ao. — D. = ',,>.
La Christianite, en raison de la forme de ses cristaux (llg. 4^K), a longtemps été regardée comme rhombique, avec mm=. m°i Y. Mais diverses considérations, notamment celle des propriétés optiques,
^^^^-^S-^^^x Ion lait restituer au système monoclinique. Ilabif^___\^' — '■ 0* \
// la- "■■■■■" tuellemenl les auteurs admetteni que les cristaux de
\bh j bte ,y .-.-■■"" , I
L^l /,■--••••' 9 J la figure 448 sont essentiellement formés par les faces <£ ^^ ,
i JZ-^~^"^ m, inclinées l'une sur 1 antre dà peu près iao° el
associées à la base/3 ainsi qu'au plan de Bymétrie g1.
(R. A. =0,702 : 1 : [,22;/wm=iao06';/>/*1= ia4°49').
I lependanl la Christianite offre des groupements par pénétration très curieux,
pommela double macle cruciforme de Stempel (fig. ïî'j, laquelle esl symé-
GISMONDINE
Pi8- 449
trique relativement à trois axea rectangulaires el accuse, par suite, une sorte (1 Bymétrie cubique. Or Mallard a montré que si, gardant les faces/? el ■;'. on considère les faces mm comme représentant l'hémipyramide bl/v les valeurs respectives des trois axes sonl voisines, comme le montre la formule cidessus, du R. A. =0,707 : 1 : 1 , en même temps que les inclinaisons mutuelles de ces axes sonl très rapprochées de <)o". Mais le rapport <>.7<>7 : 1 : 1 esl le
même que celui de — : 1:1 ou 1 : \ 2 : \ 'a, soit justement le rapport <l 'un axe quaternaire du cube aux deux axes binaires qui lui sont normaux.
Des lors on comprend bien les groupements de l'espèce; d'abord celui de la figure i'i,s, où deux cristaux pgibi/tse pénètrent mutuellement, l'un d'eux formé par une hémitropie du premier autour de l'axe pseudo-binaire normal à p ; ensuite la macle cruciforme de Marburg fig. j5o), où un individu composé conformément à la loi précédente est groupé avec un autre, qu'on obtient en faisant tourner le premier de 900 autour de l'axe pseudo-quaternaire qui serait normal à A1 ; enlin la double macle en croix de la ligure 4<i9» où les trois lignes de symétrie marquent les trois positions prises par l'axe pseudo-quaternaire pour reconstituer une symétrie cubique.
Les faces terminales des composants de la macle triple font entre elles des angles tels que si, comme dans les cristaux de Stempel, elles sont développées de manière à faire disparaître les angles rentrants, il en résulte un solide tout à fait semblable au rhombododécaèdre. En effet, on a en même temps /*'/., blj%=. iao° et />£'/•• — ''■<*""•
Clivages p et g1 . Signe opt. positif. Plan A. 0. normal à g1. Biss. n. faisant avec p, dans l'angle aigu ph1, 1 1" à 3o°. Angle vrai des axes variant de Ga° à 8o° : aH = 65° à S'»0. Indice moyen = i,5i. Biréfringence : 0,oo3.
Gonfle et fond difficilement au chalumeau en verre bulleux. Réact. 88. La variété Phillipsite, plus riche en potasse, se rencontre en Italie, tandis que la Christianite proprement dite est connue à Marburg, en Auvergne, etc.
Étym. : Dédiée à Christian VIII de Danemark. L'espèce est souvent décrite sous le nom de Pliillipsite, en l'honneur du minéralogiste anglais Phillips. C'est aussi Yharmotome calcaire des Allemands.
Fig. l5o.
Gismondine. H8(Ca,K2)AlâSi*Ol
S. quadratique (ou pseudoquadratique); ùlbl = o/i°3o' sur/;. L'analyse donne i3%. CaO ; 3. K20 et 2 1 . H'20.
DE l.APPAREKT, COURS DS MINERALOGIE.
SILICATES DES ROCHES BASIQUES
Cristaux pins ou moins distincts, en octaèdres pseudoquadratiques, résultant d'une macle de dômes monocliniques e' ; blancs et vitreux, associes à des cristaux de Christianite, dans une lave de Capodi Bove. Signe négatif. aV= io°.A.O. dans g*. Biréfringence : o,o E
l'.ti/m. : Dédiée à Gismondi.
Apophyllite. H-(Ca.K iSi 0S -+- II-O ou, suivant M. Tschermak, (Hs,K*)*CaSia07. — P. S. = 2,3', à 2,39. — I). = J,5 à 5.
S. quadratique (en apparence , avec B. A. = i : 1,77. En réalité monoclinique.