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FAMILLE DES CARBONATES RHOMBOÉDRIQUES

Calcite. Ca CO\ — P. S. = 2,70 à 2,73. — D.=r'i. — S. rhomboédrique : R. A. = 1 : o,8543 ; pp= io5°5'.

La calcite est, de toutes les espèces minérales, celle qui, par la netteté de

MINERAUX DES GITES. OXVSELS

ses caractères, aie plus influe sur le développement de la science minéralogique.

On compte plus de 170 formes simples observées; le nombre des combinaisons est pour ainsi dire illimité.

Le rhomboèdre primitif p est 1res rare, même en combinaison. Il ne se produit guère que par 1 évaporation des dissolutions de carbonate calcique très pur dans l'eau chargée d'acide carbonique. En revanche, le clivage p étant facile et net, on obtient aisément des rhomboèdres de clivage/.; (fig. 491), où l'angle plan du sommet est de ioio55'. On connaît plus de 8 rhomboèdres sur les angles a, de 3; sur les angles e. Parmi ces derniers, nous noterons : le

Kg ','/,•

Fi g. 495.

Fig. 49C.

rhomboèdre inverse el (fig. 49a), où l'angle au sommet est de 78°5 1', et dont les arêtes peuvent être tronquées parle clivage/; (fig. 1 9 '5 ) avec/; e1 adj.= 1 29°^ Vin" ; ce rhomboèdre e1 est la forme des cristaux de calcite, avec remplissage de grès, de Fontainebleau; le rhomboèdre e:< ''fig. 494) ou contrastant d'Haùy, avec angle de 65°5o'; e:i/2 (fig. 49;) encore plus aigu, car l'angle est de 63°5i'; fig. ',',<< ou rhomboèdre cuboïde d'Haùy, ainsi nommé à cause de son angle de 88°i8' et bien qu'il y en ait un autre, e:,/4, encore plus voisin du cube, I angle étant de ao°5 >.

Le rhomboèdre bx li^. 197)011 équiaxe est très aplati; son angle dièdre au sommet est <1>- 1 ;; ~>- et rona/>&*=i4a°3a/3o<'.

On connaît le prisme e*, avec pe*= \'\\'J'\~' , souvent combiné avec bx et formanl la variété dodécaèdre d'Haùy H\g. '198); l'angle e-b* adj. est de ii6°i5/. Quand cette loi rue se raccourcit au point que é1 disparait presque, on a la

CALCITE

calcite en tête de clou. Il ne faut pas confondre la combinaison e*&1 avec une ,, ,in. qUi lui ressemble h qui résulte de l'union de Lx avec le rhomboèdre aigu e/,t, de 6o°36' (6g. i99

Le prisme dx se montre aussi, el sa combinaison avec e1 donne la figure 5oo nu v b. x dVadj.= i4o°34'3o.

Fig. 499-

Fig. ûoo.

Les scalénoèdres (fîg. ">cn sont fréquents el surtout les métastaliques (i). Parmi ces derniers, d-, souvent allongé (fig. 5oa), parfois tronqué (fig. 5o3) par le clivage p (/>da=i5o°58'), avec d- rf2 adj. = i44°24' (arête longue), io4°38' (arête courte) et d- d- sur dx = i'\i°\) ; et d6, de y'|V (sur dl) dominent au Derbyshire.

L'isocéloèdre d,d[/ijb1/. (8.8.i6.3) a été rencontré en Belgique, à Rhisnes. Il porte des stries parallèles à b1.

ht - V

Fig. ôoi.

Fitr. ~m.I.

On connaît la combinaison c2bxd- (fig. 5o4) ou calcite analogique d'Haûy. Des Cloizeaux a signalé, dans les cristaux isolés au milieu de l'argile d'où s'extrait le spath d'Islande de Rôdefjord, la combinaison /> //' d2 (fig. 5o5), avec b> //'= iG',0"': p l>''= i67°i4/;jprf2=i5o°58'.

L'aspect de ces derniers cristaux rappelle celui d un cube pyramide.

La face «' esl fréquente (pw1 = i35°23/i6',)> généralement rugueuse et opaque. A Andreasberg, elle esl associée à t:!. Les faces b\ b-, dx, sont ordinairement striées parallèlement à leur intersection avec/).

i ) Voir plus liant, p. 17'u

MINERAUX DES GITES, OXYSELS

Parmi les zones intéressantes, nous citerons les suivantes : a^b'hl1; a^b-c.d- ; dxele-p; a^b^/^è3/^*; eid-el/ip ei.

Maries fréquentes : i° par hémitropie normale avec bl pour face d'assemblage

Fig. 5o5.

Fig. 5o6.

(fig. 5o6 . Cette hémitropie, appliquée à d-, donne la macle en papillon fig. Son). Les axes principaux sont alors à ir2-°-2ij']-i." l'un de l'autre. Les rhomboèdres les plus transparents du spath d'Islande sont souvent pénétrés de minces lamelles orientées suivant cette loi, qui préside aussi, comme nous le savons, au décollement par glissement de la calcite (i).

2° Par hémitropie normale avec a1 pour face de jonction. Sur les scalénoèdres, cette hémitropie, qui se réduit à une rotation de 00° autour de l'axe ternaire (la rotation de i ao° ne faisant que substituer les sommets), produit une sorte d'isocéloèdre (fig. 5o8) avec angles rentrants à quatre facettes. Avec la combinaison £>e2, au lieu de la figure 498, où

Fig. 008.

Fig. 509.

Fig. 010.

Fig. 5ll.

les faces e2 sont terminées de manières différentes aux deux extrémités d'une même verticale, on a la. figure 5<hj.

3° Plan d'assemblage parallèle et axe d'hémitropie normal à e1 (fig. 5io). Les scalénoèdres de Traverselle, maclés suivant cette loi, ont leurs axes principaux se coupant suivant des angles de Vi à V>".

, l'Ian d'assemblage p et axe normal à p. Les axes principaux font des angles de 90°46' f-t de 8o°i l\ . Cette marie est dite en cœur (fig. 5n) parce qu'elle produit, avec les scalénoèdres cP du Derby shire, une ligure d'apparence cordiforrne. Dans cette macle, les deux cristaux ont un clivage en commun.

(1) Voir j.lus haut, p. 3oâ.

CALCllE

En dehors des clivages, la .assure delà calcite, difficile à obtenir, est conchoïdale. Double réfraction énergique, négative; n0= i ,'i >8 (D) ; n, = 1,486. Éclat vitreux : le rhomboèdre e*/B est généralement terne el arrondi. Couleur

variable.

La calcite possède, comme nous l'avons déjà dit (1), une direction dépourvue de dilatation linéaire; cette direction est la normale à un plan qui, partant du sommet, ferait, à l'intérieur, avec les faces />, un angle de ao°aa'3i*. — Electrique par pression.

Ch. Infusible; devient blanche et opaque, sans changer de forme; devenue caustique, jette un vif éclat. Facile effervescence avec les acides.

Dans les plaques minces, la calcite est essentiellement caractérisée par ses vives couleurs de polarisation ; elle est comme irisée par des teintes grises, roses et bleues, qui rappellent les feux des perles fines; sur les plaques peu inclinées relativement à a1, les trois clivages dessinent des lignes plus fines, souvent très régulières, s'cnlrecroisant sous des angles de 1200 (fig. 5ia). De plus, dans les roches, les grains et les lames de calcite offrent très fréquemment une division en minces lamelles hémitropes suivant bl , qui s'entrecroisent en deux systèmes d'une grande régularité.

La calcite est répandue dans la nature en grande aboi.dance. La variété la plus pure est le Spath d'Islande, connu pour l'énergie de sa double réfraction, discernable à l'œil nu. Ce spath, qui renferme 1 >>7o.CO-;~>6, 1 5. CaO et 0,1") d'oxydes ferreux et nianganeux, remplit une grande cavité dans un trapp amyg-

daloïde. Le rhomboèdre baserai se présente quelquefois au Hartz en lames très minces. A Andreasberg, le prisme basé e-a1 offre un éclat vitreux sur e2, nacré sur a1. La Prunnérite est une calcite impure, contenue dans les trapps des îles Feroë, et où le rhomboèdre cuboïde e4/5 est d'un violet grisâtre, à faces arrondies.

Les stalactites et les stalagmites sont de la calcite concrétionuée, clivable intérieurement en rhomboèdres. Quand leurs couches sont de nuances différentes, elles forment Y albâtre calcaire (albâtre oriental d'Egypte; onyx d'Algérie). Les concrétions calcaires sont parfois en grains (pisolites, dragées de Tivoli). Le spath satiné, à éclat soyeux et nacré, est une calcite à fibres excessivement fines.

C'est encore la calcite, plus ou moins pure, qui forme les divers marbres, statuaires (Paros, Carrare), ou compacts.

L' Hémaloconitc est un calcaire-marbre rouge sang, mélangé d'oxyde ferrique.

Fig. 5l2.

- Caliite. Grossissement : liOdiam.

D'après M. Rosenbusch.

(1) Voir plus haut, p. 3 1 3. 3 1 i.

MtNERAUX DES GITES, OXYSELS

A la variété grenue appartient le marbre rouge antique. Quant aux variétés plus ou moins amorphes de calcite qui forment les divers calcaires connus, leur étude appartient à la lithologie plutôt qu'à la minéralogie.

Il y a des Cas fréquents de pseudomorphoses, où la calcite, conservant ses formes, a été transformée en quartz, en calamine, en barytine, en pyrite, etc.

La calcite se distingue de l'aragonite par sa densité moindre, son effervescence plus facile aux acides et la manière différente dont elle se comporte au chalumeau. Le dîmorphisme du carbonate de chaux s'explique d'ailleurs sans peine, si l'on réfléchit que la symétrie de l'aragonite est pseudo-hexagonale.

Dolomie. — La Dolomie (dédiée à Dolomieu) répond généralement à la formule CaMgCsO6, c'est-à-dire à CaCO3 -f- MgCO3, qui correspond à 5',, 21 °/0 du premier carbonate contre 45,79 du second. Plus rarement, sa composition peut être exprimée par Ca3C309-|-Mg2C206 (63,97 contre 36,o3)ou par Ca^O6 + MgCOM;...'M.: 29-?' •

P. S. =2,85 à 2,92. — D. =^ 3,5 à 4. Syst. rhomboédrique : R. A. = 1 : o,63a ; PP= 106 i"> . avec angle plan du sommet égal a ioa03ô/46,!'.

Autant le rhomboèdre primitif est rare pour la calcite, autant le rhomboèdre p de la dolomie est fréquent, soit seul, soit en combinaison avec a1 ffig. Si 3), l'angle alp étant de i36°8'.

Les principales combinaisons sont : p ; p «' ; p e3 (lig. 5 1 '( avec e3e3 = 66°^' et pe'= 1 ',<S '■),- -, p bl ; a'e3 ; alpe9 ; dx y>e:! ; dlpeze* ; etc. Le prisme e- est fort rare.

Quelques formes indiquent une P

hémiédrie, au moins apparente et accusée par la combinaison de e3 et de p avec six faces seulement du scalénoèdre cP d* I '.A1 f ',. Du reste, les figures de corrosion de la Dolomie ne sont jamais symétriques et conduisent à l'hypothèse d'un polyèdre particulaire holoaxe hémisymétrique dont l'influence

est habituellement masquée par la coexistence des formes conjuguées.

Clivage p parfait. Hémitropies normales avec ai ai p pour faces de jonction.

Double réfraction énergique, négative; n0= 1,682; ne= i,5o3. Kclat vitreux;

couleur variable.

Ch. Infii>il.|(j. A la température ordinaire, la poudre fait elfervescence avec

I acide chlorhydrique : mais les fragments non pulvérisés se dissolvent lentement

'•t sans effervescence appréciable, quoique complètement.

La 'loi,,, ni.- peut être comp charoide ou marmoréenne et grenue; elle

esl quelquefois bitumineuse, fétide et cendreuse.

Pig. 5i3.

G10I5KRTITE, PISTOMESITE, MESITINE 571

La dolomie grenue se distingue en général par un toucher beaucoup plus rude < { ne celui des marbres calcaires. En plaque mince, elle donne des couleurs irisées à fond gris.

Presque toutes les dolomies contiennent un peu de fer et de manganèse, remplaçant la chaux ou la magnésie par voie d'isomorphisme. On donne le nom de spaths brunissants aux dolomies qui contiennent plus de i5 " Bde carbonate ferreux, parce qu'elles brunissent par exposition à l'air. C'esi aussi à ces variétés que s'applique la dénomination d'Ankérite.

Il existe à Teruel (Espagne) une dolomie à 2,63 u/0 d'oxyde de fer, qui se présente dans le gypse en petits cristaux noirs pai ; on lui a donné le nom de Tcrue/ite; mais ce n'est pas une espèce distincte. La face a1 est rugueuse et terne, les autres étant brillantes.

Giobertite. MgCO3. — P. S. = 2,99 à i,i j. — D. = 4,5 à 5. — S. rhomboédrique : R. A. = 1 : 0,81)9; pp = "»7" 3o'.

Les seuls cristaux connus ont la forme/;. Clivage j> parfait. Double réfraction énergique, négative; n0 = 1,72; ne = i,5i. Eclatvitreux; incolore, jaune ou brune.

Ch.. Réact. 81. Se dissout dans l'acide chlorhy drique ; mais l'effervescence ne se produit qu'à chaud.

En cristaux dans la serpentine, le schiste chloriteux, le mélaphyre. En masses compactes dans les schistes cristallins.

Étym. : Nom donné par Beudant en l'honneur de Giobert. Beaucoup d'auteurs emploient le nom de Magnésite, qui a l'inconvénient de désigner déjà l'Ecume de mer.

L'isomorphisme de la magnésie et de l'oxyde ferreux ne donne pas seulement naissance aux variétés, plus ou moins bien définies, qu'on appelle les spaths brunissants. Quelques combinaisons se montrent plus particulièrement stables et constituent presque des espèces. Nous en citerons deux :

Pistomésite. MgCO3 4- FeCO:!. — P. S. = 3,4a à 3,43. — D = .',. — S. rhomboédrique : pp = io70|78\

.Masses spathiques à grandes lames, clivables suivant j>, d'un gris jaunâtre. Noircit et devient magnétique au chalumeau. Solublesans elfervescence à froid. Contient ',',. CO-; 11. MgO; i'(. FeO.

Mésitine. MgsOO6 -h FeCO3. — P. S. = 3,35 à 3,38. — D. = 3,5 à ',. — S. rhomboédrique : pp= k»7°i V.

Clivage p parfait. Cristaux jaunâtres ou bruns. Mêmes réactions que l'espèce

572 MINERAUX DES GITES. OXYSELS

précédente. Le Mésitine contient ,(i. C(>--. a8. MgOel a \ à 27. FeO. II accompagne la dolomie et la pyrite à Traverselle.

Etym. : peairqç, intermédiaire (entre giobertite et sidérose). Le nom de pistomésite rappelle que c'est plutôl cette espèce qui devrait former la transition.

La Breunérite. à ><> %. CO2; 3i à \%. MgO ; 3 à 16. FeO, avec P. S. — i. 1 . — 1). =4 ii », ">, est encore une espèce intermédiaire, ou plutôt une variété, grise, jaune ou brune, produite par l'isomorphisme de Fe ci Mg.

Les carbonates de fer, de manganèse et de zinc pourraient ici trouver place, de même que le carbonate de plomb eut été convenablement décrit à la suite de la série rbombique. Mais les uns et les autres sont réservés pour le groupe des minerais.

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