CHLORURE, BROMURE, CHLOROBROMURE, IODURE
Cérargyrite. AgCl. — P. S. = 5,6. — D. = i à i,5. — S. cubique.
La Gérargyrite ou Ccrargyre, qualifiée aussi d'argent corné, se présente en niasses compactes ou en petits cristaux cubo-octaédriques, parfois avec bl, art a1 j, d'un aspect cireux et, le plus souvent, d'un gris de perle, quelquefois verdàtre ou brunâtre, devenant violacés ou gris foncé par l'action de la lumière. Son caractère le plus net est la facilité avec laquelle elle se laisse couper au couteau, comme de la cire. Eclat adamantin. Ind. = 2,061 (Raie D).
Soluble dans l'ammoniaque et fusible à la flamme d'une bougie, elle se réduit sur le charbon en bouton d argent. Avec le sel de phosphore et l'oxvde de cuivre, elle donne la réaction du chlore.
Étym. : xs'paç, corne, à cause de son aspect.
En réalité, ce qu'on appelle communément Cérargyrite représente un groupe complexe, où il y a lieu de distinguer : la Chlorargyrite AgCl, la Bromargyrite AgBr, Y Embolite Ag(ClBr) et Y lodembolite ou lodobromite Ag(ClBrl). Ces diverses espèces peuvent former des mélanges isomorphes en proportions très variables.
La Bromargyrite, Bromargyre, Bromyrite ou Bromite, est un bromure d'argent, AgBr, cubique ou cubo-oetaédrique, en masses cristallines jaunes ou vert olive, accompagnant le Cérargyre au Huelgoat et à Chanarcillo. P. S. = 5,8 a 6. — D. = 1 à a. Fusible au chalumeau et soluble à chaud dans l'ammoniaque concentrée, elle se laisse couper au couteau comme l'argent corné. Avec le sel de phosphore et l'oxyde de cuivre, colore la flamme en vert bleuâtre.
L Embolite d'su^ôÀtov, intermédiaire [entre Gérargyrite et Bromargyrite]) est un minéral vert grisâtre ou vert d'asperge, parfois jaunâtre, cubique et sectile comme les espèces précédentes, pouvant offrir les formes /j, a1, b\ b2, et formé par un alliage variable de chlorure et de bromure d'argent. — P. S. — 5,8. — L>. = 1 â i,5.
Iodargyrite. Agi. — P. S.= 5,71. — I). = i.5.
S. hexagonal : 11. A. = 1 : 0,81 \. Cristaux mpb1, quelquefois avec bi/vb]//t; nib^ , = 1V2"; />' .A1', sur m ■= \'i\°. Clivage p parfait.
L lodargyrite ou Iodargyre, tendre et Qexible, d'un beau jaune de soufre, quelquefois verdàtre ou brune, forme «les cristaux pyramides qui offrent à peu près les mêmes angles que la Greenockite. Signe opt. positif.
l'ri'ii ii Spencer, Minerai. Magazine, Londres, i(i<>2.
IODARGYRITE, OR G67
Décomposée, avec dégagement d'iode, par les acides sulfurique et azotique bouillants, l'iodargyrite prend, dans le tube fermé, une couleur orange foncée, qu'elle perd par refroidissement.
L'Iodargyrile offre diverses particularités physiques d'autant plus intéressantes, que MM. Mallard et Le Chatelier(i) ont réussi à les rattacher à la forme cristalline de l'espèce. D'abord, M. Fizeau avait depuis longtemps constaté (pie celte substance, quand on la chauffe, au lieu de se dilater, subit une contraction cubique, la dilatation de l'axe horizontal ne compensant pas le raccourcissement de l'axe vertical sénaire. De plus, M. Lelunann a reconnu (pie l'iodure d'argent fondu prenait, en se solidiiiant, la forme cubique au lieu de la forme hexagonale.
MM. Mallard et Le Chatelier se sont assurés que l'iodargyrite, énergiquement biréfringente à la température ordinaire, devient subitement uniréfringente à -h i \6", en absorbant, dans cette transformation, 6,<S petites calories par gramme, soit, en grandes calories, ic,6 pour les 23',gr,8 que représente le poids moléculaire.
Or si l'on prend le rapport d'axes cristallographiques indiqué par M. de
Zepharovich, soit 0,8896 * 1 et qu'on multiplie le premier nombre par -, on
trouve 1,2294 I 1, qui diffère peu, et cela par excès, de 1,22 i~ '. 1, rapport d'un axe ternaire cubique à un axe binaire. Donc la symétrie hexagonale de l'iodargyrite est voisine de la symétrie cubique et, pour qu'elle l'atteigne, il suffit que l'axe vertical, qui est trop grand, se raccourcisse; c'est précisément le fait constaté par M. Fizeau, et qui doit apparaître comme une préparation au changement d'état cristallin observé à 1460.