LES DROITS BU CITOÏES BANS LA PATRIE
« La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas. » (Art. V.)
La dignité de la personne humaine, la seule libre au monde, qui est te fondement de la Morale, devient ainsi le principe sur lequel repose toute la société.
D'abord, puisque l'homme est libre, sous la réserve de ne pas troubler l'ordre public, il restera libre sous quelque forme qu'il emploie son activité : il le sera dans ses pensées et dans ses croyances. C'est !a liberté de conscience.
Il ne sera pas moins indépendant dans « la communication des pensées et des opinions, ce qni est un des droits les plus précieux ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » (Art. XI.)
Ensuite, puisque chaque individu est libre, la société tout entière doit l'être, et prendre soin elle-même de ses propres intérêts. C'est le second droit, celui qui concerne l'indépendance politique des citoyens.
Chaque nation, chaque État est une société où tous les membres, c'est-à-dire tous les citoyens, ont des intérêts communs qu'ils ne peuvent pas traiter eux-mêmes, et dont ils confient la direction à un ou plusieurs gérants chargés du gouvernement, mais en se réservant de donner leur opinion sur la manière dont ils sont gouvernés et de prendre ainsi part aux afTaires du pays.
Une société politique est donc une association d'hommes qui ont des droits, des devoirs et des înté. rets, association formée en vue du plus grand bien de
V» LA PArniE.
tous, en vue surtout de la grandeur et de la prospérité de la Patrie dont la société porte le nom.
Vous devinez bien que l'idée de la liberté et de l'égalité de tous les hommes a nécessairement changé tout l'ordre politique, c'est-à-dire l'ensemble' des rapports de la nation avec son gouvernement.
Chaque citoyen, ayant sa part d'intérêt dans la société, doit pouvoir se mêler, pour sa part, k la gestion des intérêts de tous; et, comme il a sa volonté à liû, aussi respectable que celle de qui que ce soit, il doit pouvoir exprimer cette volonté et travailler à la faire triompher.
Voilà les principes dont s'est inspirée la Déclaration pour établir, à côté des droits de l'homme dans la société, ou droits civils, les droits du citoyen dans l'État, ou droits politiques.
La nation n'en reste pas moins la source de tout pouvoir, et tout commandement se fait en son nom. « Le pi'incipe de toute souveraineté réside essentiellement dans ta nation'. Nul corps, nul individu ne peut en exercer d'autre qui n'en émane expressément. » C'est ce qu'on appelle la i nationale.
SOMMAIRE
Le devoir qui s'impose à chacun de s'intéresser aux affaires de l'État a pour conséquence trois droits :
1" La liberté civile et politique de tout citoyen, comprenant la liberté de conscience et la liberté d'action, dans le domaine fixé par les lois.