‹ Cours de morale religieuseChapitre 24 sur 54 · XXXIII · texte numérisé non relu

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que les autorités morales dont îîs s'étoient faits les instrumens ; et ils ont applaudi des premiers aux systèmes qui mettoient la Religion hors des débats du monde. Aucun, pouvoir aujourd'hui ne la protège ; aucun intérêt social ne yeut faire alliance avec elle ; et la voilà déclarée , en quelque manière , une opinion de fantaisie. Quel sort inattendu pour une si haute pensée !

Politiques et guerriers ! vous croyez que votre science suffît au genre humain , et vous considérez:

avec dédain les idées religieuses ; mais dans l'espace qu'elles comprennent, on vous aperçoit à peine.

Et que seriez- vous encore au milieu de notre monde terrestre , si des divisions en souverainetés différentes n'avoient pas fait naître ces rivalités qui ont rendu vos talens

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nécessaires ? Veut-on bien connoître la grandeur comparative des idées religieuses ; plaçons le parallèle , non pas dans une de nos cellules politiques , mais au milieu de l'univers ; et supposons, en imagination , l'arrivée miraculeuse sur notre terre, de quelques habitans de l'mie des sphères célestes jetées comme notre globe dans Timmensité de l'espace.

Nous avons quelques momens la permission de leur parler, le moyen d'en être entendus. Quelles questions leur ferions-nous ? Mettrionsnous de l'intérêt à savoir si leurs princes vers l'Orient ont de plus grands Etats que leurs princes de l'Occident; s'ils se font bonne guerre; si leurs généraux , dans les batailles , font usage de l'ordre profond ^ ou s'ils aiment mieux l'ordre mince ; s'ils connoissent nos boulets serpen-

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tans , nos mines souterraines } s'ils ont la conscription , s'ils ont le feu grégeois ; de qu^elles armes enfin , de quelles armes destructives on se sert dans leur monde ? Non , ce n'est pas là sûrement la curiosité que nous leur montrerions ; nos guerriers même et nos politiques auroient d^autres pensées. Nous voudrions tous apprendre d'eux, si doués de facultés particulières , ou éclairés par une révélation , ils n'ont aucune notion de plus que nous sur l'origine du monde , sur l'existence d'un Etre suprême et sur les vues de la providence : nous désirerions être instruits de leurs conjectures sur l'avenir , de leurs espérances , de leurs idées religieuses , et de Tinfluence de ces idées sur leur système social.

Voilà l'homme et ses grands intérêts : et c'est par une primauté

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