‹ Cours de morale religieuseChapitre 6 sur 54 · XI · texte numérisé non relu

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sions , en les réglant , en les dirigeant , vous avez mis de Thannonie entre la véhémence de notre caractère et cet instinct social qui sembloit d'abord incompatible avec les autres conditions de notre nature.

Enfin , loin que la morale doive nous paroitre l'ennemie de nos plaisirs , elle en est au contraire la bienfaisante régulatrice : elle nous recommande la modération ; mais cette modération n'est qu'une prudente distribution , une sage économie de nos moyens. Est-ce à nos passions que nous accorderions notre confiance ? elles n'ont point de système , et ne régnent sur nous que par emportement ; et quand elles nous ont égarés , quand elles ont joui de notre aveugle obéissance , elles nous abandonnent à nos regrets. Nous

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essayons alors de nous reprendre aux conseils de la raison ; mais tout le tems que nous les avons délaissés , nous avons perdu le contentement ^ qui naît d'une parfaite harmonie entre les plaisirs et la sagesse , entre les faveurs de la nature et leur ménagement entendu*

Ces faveurs n ont pas été répandues sur la terre avec confusion ; toutes ont leur tems et leur durée , toutes ont leurs limites , toutes ont un rapjDort à notre organisation ; et c'est avec un sentiment d'ordre que nous devons en jouir. Voilà le devoir que les lois de la morale nous imposent ; et jamais ces lois ne sont en contradiction avec le bonheur auquel les hommes peuvent atteindre ; les hommes , à la vérité , considérés non pas dans un état d'isolement , mais dans leur communauté sociale ,

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dans cette grande relation où la Justice est absolument nécessaire*

Réflexion importante , et dont les conséquences ont une grande étendue.

Les principes de morale sont simples ; mais souvent leur influence sur le bonheur n'est pas immédiate :

et c'est en les rapportant , comme nous l'avons déjà dit , au cours entier de la vie , que l'expérience a consacré leurs utiles services.

Ces principes avoient donc besoin d'une autorité ; et la Religion , par sa sublime essence , devoit remplir sur la terre une si auguste fonction.

Que la morale de raisonnement soit présentée seule à l'homme armé de toutes les facultés de l'esprit , il dira que c'est son affaire de distinguer le moment où cette morale

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