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ASTHÉNIE

L’asthénie a aussi été désignée par les mots hyposthénie et adynamie .La valeur scientifique de ces expressions est la même.

Cet état d’asthénie peut être primordial et l’individu l’apporter en venant au monde : c’est l’asthénie congéniale. Il peut aussi se développer accidentellement, et cela sous des influences diverses.

Une excitation longtemps soutenue a pour effet de produire l’épuisement de l’innervation. De là résultent une foule de désordres qui constituent un mode vicieux d’accomplissement de toutes les fonctions. Les différentes conditions que le sang peut présenter peuvent produire aussi ce mode imparfait d’accomplissement de toutes les fonctions. Tel est le résultat de l’appauvrissement du sang. Ainsi sont les individus qui, après une perte considérable de sang, tombent dans l’anémie. Ainsi sont les chlorotiques et les individus atteints de scorbut, qui reconnaît pour cause l’insuffisance des suîistances réparatrices. Alors survient comme conséquence l’affaiblissement du système musculaire.

L’asthénie peut aussi se développer par l’introduction de substances étrangères dans les corps vivants. Certaines substances ont la propriété de déterminer la prostration. Elles agissent probablement en viciantlesang. Tels sont les venins animaux, les poisons, les miasmes pestilentiels, les virus.

Indépendamment de ces causes, l’état asthénique peut être engendré par certaines maladies. Ainsi les typhus, les entérites folliculeuses produisent souvent un état de prostration extrême. Les maladies chroniques produisent aussi, au bout d’un certain temps, l’asthénie. Il y a, au reste, des différences à ce sujet, selon les maladies et selon les individus. Ainsi on voit des phthisiques, avec des cavernes évidentes, ne tomber que fort tard dans l’asthénie. On voit d’autres individus qui tombent dans une prostration complète dès le début d’une affection légère qui exigera; pour la reconnaître, la plus grande attention.

Quelle que soit sa cause, l’asthénie peutentraîner des états différents de l’économie. Elle peut exister avec la santé ; à elle seule elle peut constituer une maladie. Elle peut compliquer des lésions quelconques.

1er cas. — Elle peut exister avec lin certain

état de santé. Dans ces circonstances, les individus ont un aspect de langueur générale; leur digestion est difficile; le cœur éprouve des palpitations. Un des traits qui caractérise cet état, c’est la difficulté de supporter des températures extrêmes. Ainsi un froid intense ou une grande chaleur sont également insupportables pour ces individus. Une température moyenne leur est au contraire favorable. Si ces individus se fatiguent d’une manière quelconque, la fièvre arrive aussitôt. La durée de cette fièvre estjvariable ; elle cesse ordinairement par le repos. Ces individus supportent très-mal les émissions sanguines; et comme ils ont vu qu’elles ne réussissaient pas, leur emploi les jette dans l’angoisse et dans l’abattement, au lieu d’améliorer leur état. Leurs digestions deviennent de plus en plus diffici-» les, et leurs palpitations augmentent. De ces considérations découle le grand principe de ne jamais rien faire d’important sur un malade, sans s’informer de sa vie antécédente, de sa constitution et de ses habitudes.

2e cas. — Dans ce cas, l’asthénie est par elle:même une maladie, parce qu’elle est tellement prononcée, qu’elle envahit toute l’économie. On voit, en effet, des individus qui ne sont malades que parce qu’ils sont dans un état trop grand de faiblesse. L’appétit est nul; il faut les forcer à prendre des aliments ; et la digestion ne se fait bien que lorsqu’on leur administre des toniques. Chez ces individus l’appétit revient à mesure que l’estomac absorbe des matières réparatrices. Les selles sont pâles etraresen général; mais elles peuvent être abondantes et diarrhéiques.

Du côté de la circulation on remarque des palpitations qui s’accroissent à mesure que l’individu est saigné, tandis que les toniques déterminent un effet tout à fait opposé. Le pouls est rare. Si vous pratiquez des émissions sanguines, il devient fréquent. Par l’emploi des substances toniques et nourrissantes, vous déterminez un effet salutaire, et vous les mettez en bonne voie de guérison. On remarque en outre qu’il faut tenir ces malades dans une température assez élevée.

Dans cet état morbide apparaissent souvent des pétéchies et des hémorragies. La circulation est gênée et en rapport avec l’état de la respiration.

Du côté des appareils des sécrétions on voit une facilité remarquable à la transpiration cutanée. Les individus ont, sous ce rapport, beaucoup de ressemblance avec les phthisiques. L’exhalation séreuse augmente quelquefois. Malgré les travaux louables qui ont eu pour but de ramener les hydropisies à une gêne delà circulation veineuse, il faut avouer qu’il y a une cause qui nous échappe, et que ce n’est que par de nouvelles observations qu’on pourra, dans tous les cas, se rendre

compte de ce phénomène. L’anasarque des asthéniques n’est pas explicable par les opinions qui ont cours dans la science.

Dans cet état asthénique les individus sontils disposés aux inflammations? Oui, sans aucun doute; et à mesure que l’état asthénique va croissant, l’état inflammatoire se développe. Le mot inflammaloin , en effet, est une expression complexe, elles différentes lésions qui représentent un état inflammatoire, correspondent à des causes très-diverses. Dans certains cas le principe de l’inflammation est dans le système nerveux, mais dans d’autres cas ce n’est point à ce système qu’on peut i’attribuer. Je n’en finirais pas, si je voulais énumérer toutes les causes capables de traîner à leur suite l’état inflammatoire. Disons que l’asthénie est dans ce cas , mais que, comme à toutes les maladies qui en résultent, elle lui imprime un caractère spécial sous les rapports delà marche, des symptômes et du traitement. Ne voit-on pas, en effet, la congestion être produite par des maladies très-différentes sous tous les rapports ? Observons, par exemple, une stomatite et un scorbut. Dans ces deux maladies les" gencives présentent le même gonflement; cependant ces deux affections sont loin d’être de même nature.

L’asthénie peut déterminer certains flux ; comme aussi les tubercules peuvent être la conséquence de cet état morbide.

3e cas. — Danscecas l’asthénie se développe à propos d’une maladie quelconque, et survient comme complication de celte maladie. II faut remarquer que la durée plus ou moins longue de la maladie, que les influences climatériques et de température contribuent pour beaucoup au développement de cet état asthénique. C’est dans ces occasions, comme l’a prouvé M. Broussais, que de larges émissions sanguines sont utiles.

4e cas. — Il existe une distribution bizarre de l’étal des forces, qui donne lieu à d’autres symptômes et au réveil d’autres sympathies. La marche de ces phénomènes est aussi différente; de là des différences dans le diagnostic et dans le pronostic. C’est dans ce quatrième cas qu’est comprise là maladie maligne des anciens. Et remarquons que ce mol maligne n’est pas aussi absurde qu’on le dit, et que, jusqu’à un certain point, il paraît juste, quand on se reporte à l’époque où Les anciens médecins ne pouvaient se rendre compte de certains états morbides, et que même ils n’y comprenaient rien. 11 est vrai que Sydenham a écrit que ce mot maligne avait fait autant de mal au genre humain, que l’invention de la poudre à canon. Mais c’est une exagération de ce grand médecin; car dans le cas dont nous parlons, c’est le système de localisation

NÉVROSES

qui est absurde au milieu du trouble général de l’économie.

Le traitement de ces différents cas est aussi variable que les nombreux symptômes qui en résultent. On devra prendre en considération les sympathies et la marche de la maladie. En général , on devra faire usage de l’application du froid et des antispasmodiques. Il faudra être avare des émissions sanguines.

VIe CLASSE. — NÉVROSES COMPLEXES, CARACTÉ- RISÉES PAR UN TROUBLE SIMULTANÉ DE TOUTES

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