DU CANCER UTÉRIN
Le cancer utérin est essentiellement constitué par du tissu squirrheux ou du tissu encéphaloïde. Sans la présence de l’un de ces deux produits morbides , le cancer utérin n’existe par pour nous.
Dans certains cas le cancer commence par une simple ulcération s’étendant en profondeur. Il y a ici un grand rapport à établir entre les prodromes du cancer utérin et ceux du cancer des lèvres et des membranes muqueuses.
Le siège du cancer utérin est d’abord au corps de l’utérus, puis au col. Ses caractères anatomiques sont semblables à tous ceux déterminés par la présence de ces productions morbides. La dégénérescence commencée tend éminemment à s’accroître; après avoir envahi l’utérus en entier, elle atteint la vessie et le rectum , et au bout d’un certain temps , les principaux organes renfermés dans le bassin, se transforment en une bouillie infecte, et la cavité du bassin n’est plus elle-même qu’un cloaque, résultat de cette vaste décomposition. Les ganglions lymphatiques et les lymphatiques eux-mêmes , ont pris part à cette décomposition : il en est souvent de même du conduit thoracique; de là une cachexie cancéreuse générale.
Les causes du cancer utérin sont souvent fort difficiles à déterminer. Toujours il faut admettre une prédisposition sans laquelle il ne pourrait se produire. Les filles vierges, les filles publiques, les femmes mariées y sont également sujettes. Souvent on a pu constater l’hérédité du cancer utérin. Ainsi une femme
qui meurt d’un cancer utérin peut avoir eu un père affecté d’un cancer de quelques parties du corps, ou une mère qui aura succombé à un cancer du sein. Tous les âges n’y sont pas également exposés; on l’observe le plus souvent après l’âge de 55 ans , puis entre 60 et 70 ans , en dernier lieu , entre 20 et 30 ans. Il est rare dans la première jeunesse.
Symptômes. — Si , à l’aide du toucher et du spéculum , on fait un examen attentif de l’utérus, on aperçoit d’abord une petite ulcération qui aura déjà donné lieu à une altération générale de la constitution , quoique cependant la maladie locale soit peu avancée. On aperçoit et on sent aussi des bosselures , des duretés, des inégalités , sans lésions d’abord de la membrane muqueuse, mais présentant bientôt le caractère de fongosités. Plus tard , on n’aperçoit plus que des tissus ramollit, et une, désorganisation de plus en plus vaste.
La douleur occupe le même siège que dans la métrite chronique. Elle est continue, intermittente. Les femmes se plaignent souvent de douleurs atroces en aliant à la selle; dans certains cas, des douleurs lancinantes horribles se font sentir, dans d’autres elles sont beaucoup moins vives. Si vous établissez une comparaison entre deux femmes d’âges différents, affectées toutes deux d’un cancer à la matrice , vous trouverez qu’elles éprouvent des douleurs bien différentes sous le rapport de leur intensité. Ce sera, en général, la femme la plus jeune qui souffrira le plus.
Lorsque le cancer est avancé, le vagin donne lieu à la sortie de matières diverses. Les règles sont modifiées ; elles sont souvent trèsabondantes , douloureuses ; des pertes blanches surviennent , qui plus tard sont mêlées à des matières fécales et à l’urine. Des hémorragies abondantes surviennent , tantôt au début, tantôt plus tard.
Pendant longtemps le cancer utérin peut ne donner lieu à aucun symptôme général; puis surviennent la pâleur et l’amaigrissement. On observe un singulier état de faiblesse qu’il ne faut pas confondre avec la faiblesse nerveuse. A une certaine époque de la maladie on voit que le teint des raala.des est jaune paille, ce qui annonce que l’infection est devenue générale. Alors les malades éprouvent des palpitations, le souffle carotidien se fait entendre, de la sérosité s’infiltre dans le tissu cellulaire et dans les membranes muqueuses ; de là l’anasarque, l’œdème des membres inférieurs par suite de la compression des veines du bassin. Souvent il se déclare une péritonite promptementmortelle. Enfin d’au 1res inflammations intercurrentes peuvent survenir.
Le cancer utérin peut avoir une marche aiguë ou chronique.
Traitement. — Il est triste de le dire,
mais c’est l’expression de la vérité , le cancer utérin confirmé est, dans l’immense majorité des cas , au-dessus des ressources de l’art. On ne peut qu’employer des palliatifs, émollients, narcotiques , bains, injections, cautérisations au début, etc., etc. L’ablation du col de l’utérus, quand le cancer est borné à cette partie, est le seul moyen efficace à employer. Malheureusement les succès obtenus par ce moyen ne sont pas incontestables , et souvent des récidives sont venues détruire l’espoir qu’on avait prématurément conçu.
VIe CLASSE. — LÉSIONS D’iNNEftVATION.
DE l’HYSTÉRALGIE.
L’hysléralgie est caractérisée par une douleur à l’utérus, ordinairement produite sous l’influence de fortes émotions morales. Celle douleur est quelquefois si vive, que les femmes se roulent par terre en vociférant. Cet accident est ordinairement de peu de durée; au bout de quelques heures, il a cessé, soit spontanément, soit par l’administration de quelques antispasmodiques.
Nous aurions ici à vous parler des altérations diverses et nombreuses que peut présenter la menstruation. Le temps ne me permet pas d’aborder ce sujet. Je ne puis que vous dire quelques mots des maladies de l’ovaire.
de l’ovarite.
Elle peut être aigue ou chronique. Elle'peut se terminer par suppuration , et le pus peut se faire jour par le rectum après avoir per-
foré le péritoine. Elle est assez fréquente à la suite de l’accouchement. Elle se décèle par une douleur plus ou moins vive dans l’excavation du bassin, s’irradiant ver les lombes, ou plutôt encore vers l’aine et la cuisse. Presque toujours on peut reconnaître sur les côtés de la ligne médiane une tumeur qui se rapproche de cette ligne à mesure qu’elle s’accroît, et qui s’élève quelquefois de plusieurs travers dedoigtau-dessusdu détroit supérieur, de manière à être prise pour l’utérus développé. Elle donne lieu à des symptômes généraux plus ou moins graves selon l’intensité de l’inflammation. On la combat par tous les moyens antiphlogistiques.
DE l’HYDROFISIE DE L’OVAIRE, OD KYSTE DE L’OVAIRE.
Maladie fréquente des ovaires, et très-commune chez les femmes. Il y en a de plusieurs espèces, d’uniloculaires, de multiloculaires, d’aréolaires, ou gélatiniformes. Le liquide contenu dans ces kystes est ordinairement séreux, filant comme du blanc d’œuf, ou gélatineux; il peut être purulent, sanguinolent, couleur de bistre ou de marc de café. Il peut être si abondant que la tumeur qu’il détermine remplisse tout l’abdomen et simule une hydropisie ascite. On voit des femmes porter une hydropisie de l’ovaire pendant plus de trente ans , sans en être incommodées.
On emploie contre les hydropisies de l’ovaire le traitement de toutes les hydropisies {Voy. page i83).