LÉSION DE FONCTIONS
Dyspepsie nerveuse.
La dyspepsie, qui est un des symptômes des lésions gastro-intestinales, peut être essentielle , et reconnaître pour cause une simple lésion de l’innervation. Une preuve bien évidente et bien connue de l’influence spéciale idiopathique du système nerveux sur la production de la dyspepsie , est le trouble de la digestion qui survient après une émotion morale un peu vive. Si cette influence morale agit souvent, les digestions resteront troublées alors même que la cause aura cessé d’agir, elle restera purement nerveuse pendant un certain temps, ce qui ne veut pas dire qu’à la longue elle ne puisse entraîner à sa suite des désordres de nutrition , et de nerveuse qu’elle était primitivement, se transformer en une inflammation chronique gastro-intestinale.
Elle est commune chez les personnes nerveuses et facilement impressionnables.
Symptômes. Ils consistent dans de mauvaises digestions. Vous trouverez des malades qui présenteront un phénomène bizarre ; à certaines époques, leur estomac digérera tout ou rien ; aujourd’hui le lait, le porc, les viandes les plus lourdes passeront très-bien, demain l’alimentation la plus légère ne pourra j être supportée. L’appétit est ordinairement conservé, la langue est dans l’état le plus naturel, il n’y a pas de soif, le malade jouit, hors le temps des digestions, d’une bonne santé, mais si la maladie se prolonge, comme la nutrition est altérée par les mauvaises digestions, l’épuisement est rapide.
Traitement. Un fait capital que l’on ne doit pas oublier dans le traitement de la dyspepsie nerveuse , c’est que souvent la privation d’aliments aggrave l’état du malade, que l’estomac perd l’habitude de digérer, et que lorsque , plus tard , on voudra la lui rendre, on éprouvera de grandes difficultés. Il en est de cet organe comme de l’œil qui a été longtemps privé de la lumière. On devra donc , dans certains cas, maintenir l’alimentation.
Si la diète avait été gardée , il faudrait d’abord diminuer la sensibilité extrême de l’estomac, par l’administration de l’opium. Son action, dans ces cas, est entièrement contraire à celle qu’il produit ordinairement, puisqu’il favorise ici l’acte de la digestion. On pourra lui substituer avec avantage l’extrait de pavot.
Dans les dyspepsies nerveuses , il pourra être fort utile de déverser sur d’autres organes la fluxion nerveuse dont l’estomac est le siège, fluxion très-rationnellement admise par analogie avec la fluxion inflammatoire sanguine. La thérapeutique d’ailleurs s’ac- 1
commode très-bien de cette, manière de voir, car en effet les affusions froides déterminent vers la peau un afflux de sang et un mouvement actif nerveux. Si, après les affusions froides , on introduit dans l’estomac des aliments même grossiers , on sera tout étonné de voir cet organe , qui tout à l’heure se révoltait contre l’eau de poulet, les digérer parfaitement. Certainement les affusions froides sont le meilleur moyen à employer contre la dyspepsie nerveuse.
4e Ordre. — Lésions des fonctions du tube