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DE LA COQUELUCHE

('Pertussis ; tussis convulsiva, ferina, spasmodica, suffocaliva , etc. )

C’est une maladie caractérisée par des quintes de toux violente y interrompues par une inspiration très-sonore, et terminées par des vomissements glaireux..

Dans cette affection , il y a à la fois élément inflammatoire (qui seul ne pourrait pas rendre raison des accidents) , et élément nerveux qui se traduit par des symptômes caractéristiques.

Caractères anatomiques. Dans l’état actuel de la science , il est impossible de caractériser anatomiquement la coqueluche. Les autopsies cadavériques que l’on a eu occasion de faire

ont démontré des altérations très-diverses et qui étaient plutôt le résultat des complications qui accompagnaient la coqueluche que de cette maladie même. La rougeur de la membrane muqueuse bronchique est une des lésions les plus constantes; elle manque cependant quelquefois. On a observé fréquemment aussi l’inflammation du tissu pulmonaire lui-même , des tubercules dans cet organe et dans les gaiiglions bronchiques. La dilatation des bronches a été souvent observée. M. Breschet elle docteur HermannKilian, ont rencontré plusieurs fois l’inflammation des nerfs pneumo-gastriques ; mais d’autres observateurs , dans des néeropsies infiniment plus nombreuses, l’ont inutilement cherchée. Il n’est pas rare de trouver des traces de congestion des méninges ou du cerveau ; les voies digestives sont rarement altérées.

Causes. Les causes qui produisent la bronchite déterminent aussi la coqueluche. Elle est plus fréquente au printemps et en automne que dans lès autres saisons de l’année; mais elle se montre dans tous les autres temps, dans tous les climats et sous toutes les températures.

C’est une maladie particulière à l’enfance et qui sévit depuis la naissance jusqu’à l’époque de la seconde dentition. Passé l’âge de huit à dix ans, elle devient de moins en moins fréquente , quoiqu’on l’ait observé^ quelquefois dans l’âge adulte et même sur des vieillards. Cette maladie est un peu plus commune chez les filles que chez les garçons. Elle attaque également les enfants de toutes les classes de la société; en général on ne l’observe qu’une fois dans la vie.

Cette affection est sporadique, épidémique et contagieuse. Même quand elle est sporadique, il est rare qu’elle n’attaque pas un grand nombre d’enfants à la fois. Quand elle se présente sous la forme épidémique, elle envahit un hameau , une ville , une contrée tout entière, en frappant indistinctement presque tous les enfants. Les épidémies de coqueluche ont été fort nombreuses, et quelquesunes ont été très-meurtrières.

La coqueluche est contagieuse; les faits rapportés par des observateurs exacts ne permettent plus le doute à cet égard. La propriété contagieuse est d’autant plus marquée, d’après M. Guersent, que la maladie est à son plus haut degré d’intensité. C’est ordinairement cinq à six jours après qu’on s’est exposé à l’infection , que la toux commence à se manifester.

Symptômes. lre période. Lacoqueluchedébute par une simple bronchite, qui peut durer depuis plusieurs jours jusqu’à plusieurs semaines. Le malade éprouve d’abord quelques frissons , il est triste et assoupi , les yeux sont rouges, larmoyants, la face bouffie

MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

la toux sèche, sonore, fréquente et revenant » par quintes , la fièvre plus ou moins intense, le sommeil agité, l’appétit nul.

2e Période. Plus ou moins de temps après ces premiers symptômes , la toux prend le rhyth me spécial qui caractérise la coqueluche. Les quintes, plus longues et plus rapprochées, s’annoncent par un chatouillement incommodé vers le larynx ou le commencement de la trachée-artère, et à cet avertissement que les malades comprennent fort bien , ils s’accrochent au premier point d’appui qui se présente. Alors les secousses de la toux se manifestent, et elles sont si rapides que l’inspiration est impossible et que la suffocation paraît imminente. La face est rouge, gonflée, quelquefois violette , les yeux font saillie hors des orbites, le battement des artères superficielles se fait avec force ; il y a distension des veines du cou, et injection des vaisseaux capillaires. Le malade est pris d’éternuement, et souvent le sang s’échappe par les narines , par la bouche ou par les oreilles. Le corps et surtout la tête, le cou et les épaules se couvrent d’une sueur froide et abondante ; des vomissements ont lieu , et dans quelques cas il y a excrétion involontaire des urines et des matières fécales , comme aussi les efforts violents auxquels le malade se livre peuvent déterminer la formation de hernies. Plus ou moins de temps après l’invasion de la quinte, quelques petites inspirations saccadées surviennent, suivies bientôt d’une inspiration plus longue et sifflante qui termine l’accès. Souvent il n’est qu’interrompu , et les mêmes phénomènes de toux convulsive et de suffocation reparaissent bientôt après, pour ne cesser entièrement que lorsque le malade rejette par l’expectoration ou par le vomissement, un liquide glaireux, filant , incolore , ordinairement accompagné des matières muqueuses ou alimentaires contenues dans l’estomac.

L’auscultation pratiquée pendant les accès fait entendre que l’air s’arrête aux grosses bronches et qu’un obstacle invincible s'oppose à ce qu’il pénètre au delà.

L’inspiration prolongée et sifflante qui termine l’accès paraît se passer entièrement dans le larynx.

La durée de chaque accès varie de quelques minutes à un quart d’heure et quelquefois plus. Les malades éprouvent après l’accès un sentiment de douleur dans la poitrine et de fatigue générale qui se calme bientôt , et l’on voit les enfants retourner à leurs jeux , ou se rendormir si l’accès est survenu pendant la nuit. Le retour de ces accès est fort variable, tantôt ils reviennent toutes les dix minutes , tantôt toutes les heures , quelquefois toutes les deux heures. Ils sont plus fréquents pendant la nuit, le matin et le soir, que pendant la journée. Dans l’intervalle

des accès, si la maladie ne présente aucune complication, les enfants conservent l’appétit, les forces et la gaieté, quelle que soit d’ailleurs l’intensité des accès.

Cette période a une durée qui varie de quinze jours à un mois ou six semaines , et quelquefois elle se prolonge beaucoup au delà.

3e Période. C’est celle de déclin ; pendant sa durée, les quintes deviennent plus rares, plus courtes et moins intenses ; le sifflement aigu et pathognomonique qui les termine , s’affaiblit peu à peu , et finit par disparaître complètement. Le liquide rendu devient opaque, et se convertit en crachats épais et Verdâtres. La durée de cette troisième période est de huit à dix jours, ou d’un à plusieurs mois.

Complications . La coqueluche est souvent compliquée de dilatation bronchique , de pneumonie à divers degrés, de tubercules, dont elle hâte singulièrement la marche, de l’œdème etde l’emphysème du poumon, de pleurésiè , de péricardite , quelquefois de croup. Les affections intestinales, la diarjhée surtout, l’accompagnent assez fréquemment.

Pronostic. Quand lacoquelucheestexempte de complications , le pronostic est généralement peu grave, car, dans la très-grande majorité des cas , elle se termine d’une manière favorable. La maladie est d’autant plus grave qu’elle affecte des enfants plus jeunes ; qu’elle en frappe un plus grand nombre, et qu’elle règne en automne et en hiver. Quand la terminaison doit être fatale, une fièvre continuelle, l’amaigrissement ou l’anasarque , des quintes fortes et répétées, dans l’intervalle desquelles la respiration reste gênée et fréquente, annoncent que le danger est grand et prochain.

Traitement. Toutes les ressources de la thérapeutique ont été employées contre cette maladie , et il n’est peut-être pas un médicament un peu énergique qui n’ait été vanté et rejeté tour à tour.

Dans la première période, le traitement le plus convenable est celui de la bronchite aiguë.

Dans la deuxième période , si les accès sont modérés , on se bornera aux adoucissants , et on n’emploiera les émissions sanguines que lorsque l’intensité des accès sera très-grande; ce n’est pas que la saignée fasse disparaître les quintes , mais elle en diminue la force et la durée, en modifiant le système nerveux qui , dans cette maladie , joue un si grand rôle. On couvrira la poitrine de cataplasmes émollients. L’extrait de belladone , dans une potion , administré dans l’intervalle des quintes, produit quelquefois d’heureux résultats. M. Guersent a administré avec sucçès des pi-

PHLEGMASIES.

Iules composées d’extraits de belladone, de ciguë , et d’oxyde de zinc gr. 1/4 ; trois à quatre pilules par jour. Si la maladie persiste, il conviendra d’opérer une révulsion sur le canal intestinal , soit par de légers vomitifs, comme le sirop d’ipécacuanha , à la dose de deux onces, du par des purgatifs doux, comme le suivant :

2j- Séné,

Ipécacuanha,

Sirop d’hysope,

Oxymel scillitique,

dans une chopine d’eau , à prendre par cuillerées. Après une certaine durée de la maladie, les malades s’affaiblissent, les chairs deviennent flasques, l’amaigrissement survient; dans ces circonstances, il convient d’employer un traitement légèrement excitant, et de recourir à des infusions aromatiques, au sirop de quinquina ou de gentiane. Les narcotiques peuvent être associés, avec avantage, aux toniques , dans cette période de la maladie.

Qnant au régime , on ne devra prescrire la diète rigoureuse que lorsque la coqueluche sera très-violente, ou accompagnée de quelque complication grave. Dans les cas ordinaires, on fera suivre un régime doux , on prescrira une alimentation légère, et lorsqu’il y aura affaiblissement on ordonnera un régime plus nourrissant et réparateur.

On maintiendra le malade dans une température chaude pendant l’hiver, et dans l’été, ou , au printemps, on se trouvera bien de le faire changer d’air, de le conduire à la campagne. Il devra , dans tous les cas , être bien couvert, et porter de la flanelle sur la peau. Les bains tièdes sont utiles.

Nous dépasserions de beaucoup les bornes que nous nous sommes imposées, si nous voulions faire la longue énumération des prétendus spécifiques que l’on possède contre la coqueluche. Ainsi l’application des sangsues derrière les oreilles, les frictions, avec la pommade stibiée , l’application d’un fer chaud à l’occiput, la vaccine , l’émétique à l’intérieur, le sulfure de potasse , l’acide hydrochlorique, la teinture de cantharides, l’acide hydro-cyanique , l’eau distillée de laurier-cerise, l’assa-fœtida , la belladone , le narcisse des prés, etc., etc., tous ces agents thérapeutiques ont été préconisés , et tous employés, dit-on, avec succès. Observons , à cet égard, que les méthodes de traitement qui réussissent très-bien dans certaines circonstances, sont sans effet dans d’autres, et que cela tient à des modifications de l’organisme ou du monde extérieur, dont la nature et l’essence nous sont complètement inconnues.

DEUXIÈME SECTION

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