INDURATION SIMPLE
Quelques auteurs , et entre autres , Baillie, considèrent cet état comme le commencement de la dégénération squirrheuse ; mais il nous semble que c’est à tort , parce que , de l’aveu même de ces anatomistes , rarement l’état squirrheux existe , et que , plus rarement encore , il occupe à la fois tout l’organe ; tandis que l’induration s’observe dans toutes les granulations dont la réunion constitue le pancréas , comme nous l’avons vu nous-même à l’autopsie d’un homme qui succomba à une duodénite chronique. Cette glande offrait le volume et la couleur qui lui sont naturels , mais les glandules qui la composaient étaient indurées et résonnaient à la percussion. En examinant avec plus d’attention cette pièce pathologique, nous pûmes nous assurer que le tissu cellulaire qui entourait chaque granulation était sain, c’est à dire ni friable ni induré , et cette circonstance , si elle se présentait à d’autres observateurs, suffirait pour faire distinguer celte induration de l’état squirrheux, qui jamais ne laisse intact le tissu cellulaire de l’organe qu’il envahit. M. Becourt a rencontré plusieurs fois cette altération. Dans un cas où tous les organes abdominaux étaient sains , le pancréas était composé de granulations jaunâtres plus petites et plus dures qu’à l’ordinaire. Plusieurs auteurs paraissent bien avoir observé quelque chose d’analogue; mais, comme ils se bornent à dire que le pancréas
DE LA PANCRÉATITE CHRONIQUE
était dur, il est impossible de spécifier l’altération dont ils veulent parler. Il faut cepenpendant en excepter Morgagni, qui a trèsbien su distinguer cette altération du squirrhe.