‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 167 sur 227 · D. DE L'INDURATION DES CENTRES NERVEUX · texte numérisé non relu

D. DE L'INDURATION DES CENTRES NERVEUX

L'induration des centres nerveux a été plus rarement observée que le ramollissement.

Elle peut être partielle ou générale. Quand elle est générale , elle affecte la masse encéphalo-crânienne et la moelle épinière.

L’induration peut n’être pas portée au même degré dans tous les points.

Quelquefois la consistance des parties a été augmentée au point de pouvoir être comparée à de la cire ou à du fromage de Gruyère ; quelquefois au point de ressembler à un véritable fibro-carlilage , dont elles.avaient l’élasticité.

Quand l’induration est partielle, elle peut avoir son siège dans toutes les parties :

Dans les hémisphères cérébraux ;

Un certain nombre de circonvolutions ;

Les parties blanches centrales ;

Rarement les corps striés ou la couche optique ;

Les cornes d’Amraon, tantôt une seule; tantôt deux ;

Le corps calleux;

Le septum lucidum ;

Rarement la voûte à trois piliers ;

Dans le cervelet, soit le lobe médian, soit les lobes latéraux ;

Enfin dans la moelle épinière.

L’induration peut exister seule , ou coïncider avec d’autres affections. Elle peut être compliquée d’hypérémie ou d’anémie , d’hypertrophie ou d’atrophie. Autour du point induré on peut rencontrer un ancien foyer hémorrhagique cicatrisé , des productions accidentelles , etc.

Enfin les méninges peuvent être affectées vers le point où elles correspondent au point induré.

Celle maladie a été observée à tous les âges.

Symptômes de V induration des hémisphères cérébraux .

Qu’il y ait congestion , ou qu’il n’y ait pas de complication, les symptômes sont les mêmes dans l’un et l’autre cas; ce sont ceux des fièvres dites ataxiques : mouvements convulsifs , trouble de l’intelligence , délire auquel succède l’affaiblissement , la résolution des membres , le coma , la mort.

Cette induration de la totalité des hémisphères cérébraux est rarement chronique.

La science en possède trois cas {Archives générales de Médecine, tome XIII, p. 4 >9 ; Journal des Progrès , tome XVII , p. 257). Dans un de ces cas , idiotisme complet ; dans les deux autres , hébétude ; dans deux , épi-

lepsie ; dans un , faiblesse des quatre membres , qui finit par une paralysie complète , interrompue par des convulsions; dans tous f sensibilité obtuse. Dans un des cas , atrophie complète d’un des hémisphères cérébraux. Un cas où l’âge et la durée de la maladie ne sont pas indiqués ; dans un autre , symptômes durant toute la vie ; mort à vingt-deux ans. — 3e cas. Premiers symptômes à quarante-un ans; mort à quarante-huit.

Dans l’induration partielle des hémisphères cérébraux , qui n’a été vue qu’à l’état chronique , le symptôme le plus constant a été l’altération des mouvements , la paralysie s’étendant graduellement simple ou avec contracture , convulsions partielles ou générales.

Les désordres de l’intelligence ont été moins constants. On a vu coïncider les symptômes épileptiques avec l’induration des cornes d’Ammon.

M. Lallemand cite un cas d’induration de la substance blanche du lobule moyen, sans qu’il y ait eu le moindre trouble dans l’intelligence et les mouvements. Le malade seulement ne pouvait pas parler.

On a vu l’induration dans les deux côtés des hémisphères , ne point donner lieu à l’altération des mouvements.

Nous avons eu occasion de voir une petite fille de vingt mois , dont les fonctions de la vie de nutrition étaient parfaitement intactes, et qui ne présentait d’autre altération dans les mouvements, qu’un balancement invin* cible delà tête, de droite à gauche. Trois semaines après son entrée à l’hôpital, elle tomba dans le marasme et mourut. A l’autopsie , on trouva les circonvolutions des deux hémisphères tellement indurées , qu’elles offraient la densité et l’élasticité d’un fibro-carlilage. Elles présentaient la couleur de l’ivoire , et la substance grise et blanche avait la même couleur. A la partie inférieure d’un lobe latéral du cervelet , on voyait une poche enkystée , dans le liquide de laquelle nageaient des granulations semblables à des esquilles d’un os fracturé.

L’induration du corps calleux n’a jamais été trouvée seule.

Le septum lucidum a été trouvé induré , comme un fibro-carlilage.

L’induration du cervelet peut exister avec ou sans symptômes.

(^oyes Serres, Anatomie du cerveau , t. II ; Gall , Fonctions du cerveau, tom. 111 ; Rostan , Ramollissement , pag. 169.)

L’induration de la moelle épinière peut-être générale ou partielle. Elle peut acquérir une telle consistance, qu’on lui fait subir des tractions , qu’on lui fait supporter des poids, sans qu’elle se rompe.

Le symptôme remarqué a été la paralysie augmentant graduellement.

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