‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 169 sur 227 · AUGMENTATION DE LA SÉCRÉTION INTERSTI- TIELLE, OU OEDÈME DU CERVEAU · texte numérisé non relu

AUGMENTATION DE LA SÉCRÉTION INTERSTI- TIELLE, OU OEDÈME DU CERVEAU

Celte altération consiste dans une infiltration d’une certaine quantité de liquide séreux dans la pulpe cérébrale. Le cerveau paraît et est réellement plus mouillé qu’à l’ordinaire. Quand on le coupe par tranches on voit suinter de petites gouttelettes d’eau, et en le pressant et l’exprimant on en fait couler une plus ou moins grande quantité de liquide.

Cet œdème du cerveau peut coïncider avec l’accumulation d’une certaine quantité de sérosité dans l’arachnoïde , dans la grande cavité de la faux du cerveau ou dans les ventricules. II peut exister en même temps qu’un ramollissement ou qu’une hémorrhagie. Il peut aussi constituer la seule altération qu’on trouve sur le cadavre.

L’œdème du cerveau n’a été observé que dans les hémisphères cérébraux , le corps calleux et la voûte à trois piliers.

Il peut survenir au milieu de circonstances très-diverses ; il peut être originaire ; d’autres fois , et c’est le plus commun , il se montre pendant le cours de certaines maladies chroniques ; il arrive alors comme complication de ces maladies. Il peut survenir aussi pendant le cours ou vers la fin de certaines maladies du cerveau ; ainsi il n’est pas rare de voir cet organe s’œdématier après un épanchement sanguin. 11 doit être considéré , 1° comme maladie primitive, 20 comme succédant à une maladie du cerveau ; 3<> comme pouvant coïncider avec une des maladies de cet organe.

Il a été observé à tous les âges , chez des enfants qui n’avaient que quelques mois, chez les adultes, beaucoup plus souvent chez les vieillards.

Celle maladie peut se présenter sous deux formes diverses et qui la rendent bien dis-

tincte , sous la forme aiguë, ou sous la forme chronique.

lo Forme aiguë . Elle est beaucoup plus rare que la forme chronique. Les symptômes qu’elle détermine ressemblent entièrement à ceux d’une forte attaque d’apoplexie. En effet , l’individu est pris tout-à-coup de perle de connaissance , de paralysie , d’état comateux. La ressemblance devient plus parfaite lorsque le poumon s’engoue et que la respiration devient stertoreuse. Alors la mort arrive chez les uns en moins d’une heure, chez les autres au bout de plusieurs heures, d’autres fois après quelques jours , mais toujours avec les symptômes de l’état apoplectique. C’est la véritable apoplexie séreuse des anciens.

Voyez , combien c’est avec juste raison que nous avons rejeté le terme d'apoplexie comme synonyme d’hémorrhagie cérébrale. Ici tout le cortège d’une apoplexie se manifeste avec une altération toute différente.

On a vu l’œdème aigu du cerveau survenir au moment où d’autres maladies disparaissaient. Ainsi , Dance a publié l’observation d’un individu affecté d’une ascite qui disparut, et qui fut remplacée par un œdème du cerveau . Le malade succomba en moins d’un quart d’heure.

2 0 Forme chronique. Celte forme a été plus souvent observée ; elle se rencontre surtout chez les vieillards très-avancés en âge. Chez quelques malades on voit l’intelligence, le sentiment et le mouvement s’affaiblir sans qu’on puisse accuser l’influence de l’âge, mais bien un état morbide du cerveau , qui se présente alors infiltré de sérosité, œdématié.

M. Etoc Demazy attribue la stupidité des aliénés à l’œdème chronique du cerveau ; il a soutenu il y a deux ans , une thèse remarquable sur ce sujet.

Quant au traitement, il doit varier suivant que l’œdème est à l’état aigu ou à l’état chronique. A l’état aigu, il se rapproche des flux actifs contre lesquels on doit employer les émissions sanguines, et des révulsifs puissants.

A l’état chronique , ces mêmes révulsifs sont plus ou moins répétés.

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