‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 211 sur 227 · LA LÈPRE · texte numérisé non relu

LA LÈPRE

La lèpre est cette affection de la peau , désignée par M. Alibert sous le nom de dartre furfuracée arrondie ( Herpes furfuraceus cir cinnatus), qui est caractérisée par des plaques squammeuses, toujours à forme arrondie, disposées en cercles ou en anneaux qui circonscrivent ordinairement un espace central où la peau conserve son intégrité , en sorte que

MALADIES DE LA PEAU

ïa surface cutanée est ainsi recouverte d’anneaux dont le cercle écaillèux est formé par de petites plaques rosées à bords relevés et à centre déprimé, recouvertes de petites squammes minces et légères, d’un blanc argentin ou nacré , ordinairement assez adhérentes , tandis que l’intervalle de peau entouré par ce limbe circulaire , conserve son intégrité (Alibert, Gibert).

La lèpre peut aussi présenter un autre mode de développement ; ainsi elle peut se former par de larges plaques orbiculaires dont le centre s’affaisse et devient sain , tandis que les bords restent relevés et squammeux.

Ordinairement elles commencent par de petites plaques squammeuses, qui se montrent aux coudes et aux genoux, et qui, dans ces régions, s’agglomèrent et se confondent de manière à former des plaques orbiculaires assez irrégulières. La maladie s’étend ensuite sur la face externe et postérieure des membres , sur le tronc , le cuir chevelu, sur la face même , quoique cette dernière région soit moins souvent que les autres le siège de la lèpre.

Ces plaques sont ordinairement sans douleur, et ne donnent lieu tout au plus, de temps en temps , qu’à un léger sentiment de prurit ou de fourmillement.

Les squammes qui recouvrent les plaques se détachent , se renouvellent un certain nombre de fois , puis cessent de se former. Les plaques qui leur succèdent restent rouges pendant un certain temps, s’affaissent et pâlissent, puis disparaissent , et la peau reprend son état d’intégrité.

C’est, en général, une maladie peu grave et qui ne donne lieu à aucun dérangement notable de la santé.

Traitement. Le traitement par des dépuratifs , les toniques et les purgatifs a souvent réussi. Quelques praticiens se sont bien trouvés des préparations arsénicales prises à l’intérieur, et de la teinture de cantharides.

LE PSORIASIS.

Le psoriasis (dartre squammeuse de M. Alibert) est caractérisé par des plaques qui apparaissent sous la forme de petits points rouges ou rosés , accompagnés , dans quelques cas , d’un sentiment de démangeaison ou de fourmillement plus ou moins incommode. Bientôt à leur centre apparaît une écaille légère. Ces points s’étendent, s’arrondissent et deviennent à peu près lenticulaires.

lre. Variété. Psoriasis guttata. — Ces plaques lenticulaires peuvent rester ainsi isolées et semées à la surface du corps , comme les gouttes d’un liquide dont on aurait arrosé les téguments. Les squammes minces et blanches qui se forment à la surface des plaques , y sont ordinairement plus ou moins adhérentes j

elles laissent après leur chute une surface rouge et proéminente, mais constamment sèche.

Toutes les parties du corps peuvent être le siège du psoriasis ; mais on les observe surtout dans le sens de l’extension des articulations des membres , comme au coude et au genou, à la face externe et postérieure des membres , au dos. Dans quelques cas , la maladie est générale: d’autres fois elle est bornée à certaines régions , d’où plusieurs variétés de psoriasis d’après son siège.

2e yariété. Psoriasis diffusa ( dartre squammeuse lichenoïde , Alibert ). — Dans celle-ci la peau se couvre de plaques beaucoup plus étendues, de forme irrégulière, qui offrent , par la réunion de petites élévations qui se sont confondues en s’étendant, des surfaces rouges ou rosées , plus ou moins larges, occupant quelquefois presque toute l’étendue d’un membre, recouvertes de squammes blanches , plus ou moins épaisses et plus ou moins adhérentes.

3e Variété. Psoriasis gyrata. — Elle est très-rare. Les plaques squammeuses sont disposées en spirales plus ou moins étroites , qui se contournent sur le tronc ou sur les membres.

Les parties génitales des deux sexes peuvent être le siège du psoriasis partiel. Ainsi chez l’homme il peut siégerait prépuce. Cet organe est alors épaissi , gercé , rétréci , saignant quand on le tiraille , et recouvert de petites écailles minces et légères ( psoriasis prœputialis). Il en est de même du scrotum , et chez la femme, des grandes lèvres.

Le traitement est le même que celui de la lèpre , dont plusieurs pathologistes n’ont fait qu’une variété.

PITHYRIASIS.

[Dartre furfuracèe volante de M. Alibert.)

Affection cutanée superficielle, accompagnée quelquefois d’une légère coloration rosée de la peau , suivie d’une desquammation de l’épiderme , qui se détache en petites lamelles blanchâtres ou en mollécules pulvérulentes [farines).

Cette maladie se montre au cuir chevelu , aux sourcils, au menton, etc. Elle peut envahir une plus ou moins grande étendue du corps.

On combat cette affection par des moyens analogues à ceux que nous avons indiqués pour les deux affections précédentes.

ICBTHYOSE.

Maladie caractérisée par un aspect singulier de la peau. Elle offre, en effet, à un degré avancé , celui de la peau de poisson. S’il y a une maladie isolée de l’élément inflammatoire, c’est certainement l’iehthyose-

Elle peut être partielle ou générale. L’ichthyose partielle est peu importante et ne mérite pas de fixer notre attention. Mais l’ichthyose générale est très-grave. A la suite de son apparition , les grandes fonctions tombent dans un état de langueur remarquable ; la respiration et la digestion sont troublées ; les individus succombent sans qu’on puisse améliorer par aucun traitement leur horrible maladie.

On combat l’ichthyose partielle par les bains sulfureux et les douches sulfureuses. Aucun traitement n’est capable d’arrêter l’ichthyose générale.

3o Altération de sécrétion des poils , des ongles, etc.

Les maladies qui donnent lieu à l’altération de ces sécrétions sont spécialement décrites dans les cours de chirurgie. Observons qu’en général ces maladies ne sont point locales, et qu’elles résultent d’une altération générale de l’organisme. Ainsi , presque toujours l’altération des ongles se lie à une diathèse scrofuleuse ou tuberculeuse , et souvent à une affection syphilitique.

4° La matière colorante de la peau peut être altérée dans sa sécrétion en plus ou en moins. Dans la race noire cette matière colorante peut disparaître en totalité , ou dans quelques parties seulement. De là, l '‘albinisme partiel ou général , qui se rencontre aussi quelquefois dans la race blanche.

Les opinions les plus récentes sur l’albinisme tendent à faire admettre qu’il dépend d’une déviation organique tenant à un défaut de développement , consistant dans la non-sécrétion du pigmentum nigrum de la peau de l’iris et de la choroïde ; défaut de sécrétion constituant un état de décoloration transmissible par voie d’hérédité, comme tous les états organiques , et qui ne peut être modifié et détruit que par une succession de croisement de races.

Chez le blanc, le pigmentum nigrum peut augmenter; de là une teinte plus noire de la peau , dont la cause productrice est complètement ignorée.

La sécrétion de ce pigmentum peut être pervertie. Alors, sur quelques points du corps, et à la face en particulier, on observe des taches grises ou jaunes , auxquelles on a donné le nom d ’èphèlides. Souvent leur durée est assez longue , et dans quelques cas elles ne s’effacent jamais.

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