‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 3 sur 227 · CONSIDÉRATIONS · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS

5° Des liquides qui en proviennent ;

6° Des tissus ;

7° Des organes formés par les tissus.

De tout cela les altérations des tissus et des organes ont été surtout étudiées , le reste est un vaste sujet de recherches : et si Ton veut que ces recherches conduisent à des résultats satisfaisants , il faut aujourd’hui , avec le scapel de l’anatomiste, porter dans les investigations le creuset du chimiste , le microscope et l’électromètre du physicien.

Dans un très-grand nombre de cas , le cadavre ne peut rendre compte des désordres fonctionnels observés pendant la vie ; cela est un fait incontestable , de tous les jours, et contre lequel viennent se briser toutes les affirmations contraires. Et cependant quels immenses progrès n’avons-nous pas faits, sous ce rapport, depuis vingt ans. C’est pour moi un plaisir et un devoir, de proclamer que de tous les médecins contemporains, M. Broussais est celui qui a le plus contribué à ces progrès. La génération médicale actuelle est peut-être un peu ingrate envers lui ; elle semble oublier trop vite tout ce que nous lui devons. Reportonsnous à ce qu’était la médecine à l’époque où parut le traité des plil egmasie s chroniques. N’est-il pas incontestable que la plupart des fièvres qu’on disait essentielles, peuvent être rapportées à des lésions locales ?

A côté des immenses travaux de ce médecin à jamais célèbre, viennent se ranger ceux de Corvisart et de Laè'nnec. C’est à ces observateurs que Ton doit de savoir qu’un grand nombre d’asthmes, dits nerveux , sont sous l’influence d’une maladie du cœur ou d’un emphysème pulmonaire ; que certaines hydropisies peuvent se localiser dans une altération organique du cœur; et pour ne pas sortir de ce sujet, c’est à un professeur de cette école, à M. Bouillaud , que la science est redevable de ce fait important , savoir : que certaines hydropisies auxquelles on ne pouvait assigner aucun point de départ sont sous l’influence de l’oblitération des veines. Plus récemment le docteur Brigbt a prouvé que cette même affection, l’hydropisie, était souvent causée par une certaine maladie des reins. M. Etoc, plus récemment encore , a trouvé dans une altération des hémisphères cérébraux, la cause de la stupidité des aliénés. Nous pourrions citer encore les belles recherches, faites en France et en Angleterre, sur les maladies cérébrales, les expériences sur l’influence des altérations de la cinquième paire sur les organes des sens , etc. , etc.

Toutes ces recherches et tant d’autres ; qu’il nous est impossible de citer ici, ne constituent cependant qu’une faible portion des connaissances importantes que le médecin devrait posséder. C’est qu’en effet l’étude de l’homme malade est immense 3 et qu’à côté de quelques notions certaines vient toujours se placer une inconnue qu’on nepeut éliminer, etqu’enfin, comme Ta dit Pascal, notre imagination se lasserait plutôt de concevoir que la nature de fournir.

La division que nous avons établie de l’ensemble des lésions dont le corps est susceptible, serait certainement la plus convenable. Malheureusement , dans l’état actuel de la science nous ne pourrions pas en remplir le cadre, elle ne pourra servir qu’à l’avenir. Tout ce qui nous est permis en ce moment c’est de diviser les maladies en lésions de tissus et d’organes , en lésions du sang et des liquides qui en proviennent.

Si les affections qui viennent perturber l’économie animale , prennent te plus souvent leur point de départ et leur source dans une des régions du corps de

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