‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 42 sur 227 · DE LA GLOSSITE OU INFLAMMATION DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

DE LA GLOSSITE OU INFLAMMATION DE LA LANGUE

Cette inflammation peut être bornée à la muqueuse de la langue, ou envahir tout cet organe , d’où la distinction de la glossite en superficielle et générale.

Sa production est favorisée par l’usage d’aliments âcres , par l’ingestion de substances corrosives , par l’emploi immodéré du mercure, par l’impression des caustiques, par les morsures, les blessures, etc.

L’inflammation de la langue donne lieu à une vive rougeur , à une douleur , ordinairement peu intense , à une tuméfaction , quelquefois très-considérable , et qui gêne les fonctions de la déglutition et de la respiration. La surface de la, langue exhale une mucosité sanguinolente , qui s’y dessèche et la recouvre de fuliginosités épaisses. Une salive abondante, mêlée à des mucosités buccales , âcres et fétides, s’écoule incessamment au dehors. Quelquefois les côtés de la langue présentent de petits ulcères grisâtres et excessivement douloureux , qui acquièrent , dans certains cas , une grande profondeur , et dont le pourtour devient squirrheux.

Quand la glossite est profonde, elle devient , dans très-peu de temps , extrêmement grave.

La langue devient bleuâtre, quelquefois noire, et son volume peut devenir si considérable, qu’elle refoule le voile du palais en ar-

rière , bouche l’ouverture du larynx par sa base, et fait , au dehors , une saillie considérable. Cette tuméfaction détermine des accidents promptement graves par la gêne qu’elle apporte à la respiration.

Cette inflammation peut se terminer par résolution ou par suppuration. Dans ce dernier cas , il se forme un abcès sous la langue.

La glossite superficielle est rarement une maladie grave. Elle guérit ordinairement sans les secours de l’art qui doivent se borner à la prescription de quelques collutoires émollients , à des bouillons , et au silence absolu. Quand il y a douleur vive , rougeur intense , et gonflement considérable , il faut recourir à la saignée générale et à l’application de sangsues à la face inférieure de la langue. S’il survient un abcès , il faut l’ouvrir par une incision longitudinale pratiquée sur la partie saillante de la tumeur.

Pour la glossite profonde, et qui donne lieu aune tuméfaction dangereuse , il faut avoir recours aux scarifications qui , en déterminant un écoulement abondant de sang , dissiperont tous les symptômes.

Dans quelques circonstances , la langue présente un ou plusieurs points comme frappés de mortification , et c’est à cette affection que l’on a donné le nom de glosso- anthrax. Dans ce3 cas, il faut se hâter d’appliquer le cautère actuel sur le point charbonneux , et d’administrer des collutoires chlorurés ou aiguisés avec l’acide hydro-chlorique.

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