‹ Cours de perspectiveChapitre 4 sur 89 · FIG · texte numérisé non relu

FIG

— Démonstration du punctum cæcum.

LRU CRE mais seuls pénétreront dans l’œil et pourront atteindre la rétine R ceux | tri

seront la pupille P. C’est l’ensemble de ces rayons lumineux que j'appellera £

F1G. 4 — Un faisceau lumineux est constitué par l’ensemble des rayons émanés du foyer A et pénétrant dans l’œil pour aboutir en a.

traversera le cristallin sans être dévié de sa route et frappera la rétine au point ES a. Les autres qui sont divergents entre le point À et le cristallin, deviennent, É d’après les propriétés optiques des lentilles qu’il serait hors de propos de rappeler = ici, convergents à l’intérieur de l’œil et frappent la rétine au même point a. Il se formera ainsi sur la rétine un point lumineux a correspondant au point extérieur A. C'est ce que l’on appelle l’image rétinienne de A. Cette image rétinienne agira sur 3 < les organes sensibles de la rétine et créera ainsi la sensation lumineuse qui ur correspond. | EL ne

Il suffit d’un coup d’œil sur la figure 4 pour comprendre que l'emplacement de cette image rétinienne de A sur la rétine est défini par le prolongement de 1 ligne À Œ jusqu'en a, sans que l’on aït à s'occuper davantage des autres rayons lumineux formant le faisceau lumineux. Cette ligne À Œ s’appelle la LIGNE ou le … RAYON VISUEL DE A. ‘RENE

TE. S3 FiG. 5. — A chaque point del nature A, -B; Crete. | ne ES a | correspond un faisceau lumineux qui crée une image a, Pb, c, etc, au fond de l’œil. ; +

NL SIA Po de chaque image rétinienne ne dépend pas précisément de la position réelle des objets naturels maïs bien de la direction de leurs rayons visuels. sen 2 exemple (voy. fig. 5), C est, dans la nature, beaucoup plus loin que À et un peu “#7 LICE … plus haut. Son rayon visuel passe néanmoins au-dessous de celui de À et l'image gi porn sera la même que si C était en C? au-dessous de A.

Le D'autre part, il est évident que tous les points situés sur un même rayon 3 visuel tels que ONCE CE ont même et unique image rétinienne. Il ne faut pas croire qu ’il résulte de ce fait une confusion dans les sensations visuelles à cause de l'existence des deux yeux, pour lesquels les sensations lumineuses causées par un même objet ne sont pas identiques. Je reviendrai sur ce point plus loin et ne fais que l'indiquer ici.

En résumé, la sensation visuelle est causée par une image rétinienne. Celle-ci

est produite par la rencontre des divers rayons visuels et de la srfa ee sensible la rétine. L’œil est l’organe visuel et fonctionne d’une manière tout à jt t analogue

à celle d’un appareil à photographie.

But du dessin

Maintenant que nous nous sommes bien rendu compte du mécanisme des sensations visuelles causées par les objets extérieurs, il est évident pour nous que | si, par un artifice quelconque, une image rétinienne peut être créée identique à celle que donnerait un objet, l’illusion de la présence de cet objet sera donnée au cerveau. . Ce sera, comme le dit Abraham Brosse, dans son traité de perspective : « faire une figure de laquelle, estant veüe d’un certain endroit, il advienne que Poil en aît nee ou reçoive toute la mesme sensation visuelle qu’il auroit des linéamens et cou leurs du sujet s’il le voyoit au droit de cette figure en une certaine situation ».. hr |

C’est là le but du dessin.

Mais entendez-moi bien. Il est bien loin de ma pensée de vouloir dire que l'artiste ne doit prétendre qu’à cette sorte de trompe-l’œil et à une exécution de Pa. reproduction purement mécanique qu’un appareil réalisera toujours mieux et plus parfaitement. Cela serait absolument indigne de lui. Mais il est nécessaire, pour. pouvoir établir une composition, de connaître les méthodes de tracé utiles pour À arriver à cette substitution des images rétiniennes, quitte à simplifier et même «tricher » ensuite s’il y a lieu. Il en est de la perspective comme de l'anatomie. Il faut, pour camper une figure, connaître parfaitement l’anatomie du corps humain et L: cependant, il ne viendra à personne l’idée de dessiner un écorché dans un tableau. De même pour la perspective; il est indispensable d’en connaître les méthodes et. cependant, il sera souvent inutile de faire une épure precis et, en tout cas, celle-ci ë ne doit jamais rester apparente. |

I s’agit donc de réaliser artificiellement une image rétinienne identique à 4 »: celle d’un ensemble de points extérieurs. Or on peut distinguer dans la sensation. totale de cette image rétinienne deux natures de sensations partielles. Les unes ; colorées, les autres donnant les formes. Il semble même, d’après les plus récents | travaux des anatomistes, que les organes sensibles de la rétine sont de deux catégories

et transmettent au cerveau, les uns les sensations colorées, les autres celles des formes. |

Je ne traiterai que des méthodes destinées à reproduire l’image des formes. Quant à la reproduction sur la rétine des couleurs, je n’en dirai que quelques mots | à la fin de cet ouvrage : il n’y a que peu de règles applicables à ce sujet et c’est. là | 3 surtout que se fait sentir l’individualité de chaque artiste. Dans les chapitres qui vont suivre il ne sera donc jamais question que des formes, c’est-à-dire des lignes limitant telle ou telle partie d’un ensemble constituant un ou plusieurs objets.

Conditions nécessaires pour dessiner Léonard de Vinci, dans son traité de peinture, dit :

« Prends un verre et pose-le bien d’aplomb entre tes yeux et l’objet que tu veux dessiner, puis éloigne-toi du verre de deux tiers de bras et immobilise la tête au moyen d'un instrument de façon à ne pas la remuer. Puis, ferme un œil et

£a F1G. 6. — Exemple d’un dessinateur se servant d’une vitre de Léonard de Vinci pour mettre en place la « Cour du Mûrier ».

marque avec un crayon ou un pinceau sur le verre ce qui s’y reflète, et puis tu décalqueras au jour sur du papier le dessin fait sur le verre. »

Il énumère dans ce texte toutes les conditions nécessaires pour permettre de : dessiner exactement un objet. En effet, si la tête ne reste pas immobile, le centre #4 optique de l’œil se déplacera et, par conséquent l’image rétinienne variera. Il serait % - alors impossible de dessiner puisqu’un seul dessin ne pourrait produire sur la rétine

* A . . 1° Q Q , © plusieurs images rétiniennes différentes.

D'autre part, le procédé indiqué par lui de l’interposition d’une vitre entre l'œil et l’objet est bien imaginé pour réaliser un dessin pouvant être substitué à

que tous les Rte d’un même rayon visuel ne Dee qu’une se et mu + Tel È 127 . SR | : / Û 2% ET image rétinienne, il est évident que l’ensemble des points dessinés sur la vitre pro=

duiront sur la rétine une image identique à celle produite par la nature. Et le but du dessinateur se trouvera atteint. ;

Mais Léonard de Vinci-énumère toute une série de pres DE que je vais # examiner et analyser. | ee

Il demande que le verre interposé entre le dessinateur et son modèle soit bien ne. d'aplomb, ajoutons qu’il doit être plan. Aucune raison géométrique n’impose ces e

dispositions. Scientifiquement et théoriquement le résultat cherché serait tout aussi correctement obtenu si ce verre était posé obliquement ou sil était courbe. Mais = nu la perspective, je l'ai déjà dit, est autant un art qu’une science, et vous comprendrez tout de suite qu’il y a grand intérêt pour la facilité de la vision à placer la vitre, … c’est-à-dire le tableau, parallèlement au fond de l’œiïl; ainsi en effet le dessin obtenu —'E sur la glace est pareil à l’image rétinienne du modèle et n’en diffère que par les Me dimensions. Si donc le spectateur ne se trouve pas placé exactement au point de. ue

AA vue qui a servi pour le tracé, l’image rétinienne restera analogue à celle que l'artiste SN a cherché à produire et le résultat sera encore satisfaisant. Be

Or la partie spécialement sensible de la rétine peut être, comme nous l'avons 5

vu, considérée comme plane; le tableau doit donc être plan. De plus, la position

normale de l’homme étant la station verticale, il en résulte que la direction normale 3

du fond de la rétine est verticale et qu’il doit en être de même du tableau qui -

recevra le dessin. Il se trouve néanmoïins des cas particuliers (plafonds, voûtes,

etc.) où le tableau n’est pas vertical ou plan : ce sera l’objet des chapitres à la fin.

de ce cours; mais autrement, le tableau sera toujours supposé vertical et bien en face du dessinateur.

Il faut aussi, dit le maître italien, immobiliser la tête et fermer un ne Ces deux conseils tendent tous deux à ce que le point d’où doivent être vus le modèle : et le dessin soit le même et qu’il soit invariable et unique. Il est bien évident, et l'expérience journalière le montre, que les deux yeux ne voient pas le même objet É É

d’une façon absolument identique, que, si l’œil se déplace, l’aspect de l’objet change.

Cependant, si nous nous reportons à la figure 5, nous verrons que nous devons apporter une légère correction au texte de L. de Vinci. Ce n’est pas la tête qui doit être maintenue immobile, mais le centre optique de l’œil resté ouvert, son point Eee C’est en effet au point Œ que se croisent tous les rayons visuels venant du modèle — ou du dessin qui est substitué au modèle —- et allant former l’image rétinienne.

| De PR de même que ue le dessin.

oi; ARE

Définitions : LEON

* Avant de commencer l’étude des méthodes de tracés perspectifs et de ter- Fe miner celle des généralités, il est nécessaire de donner quelques définitions d’un a certain nombre de termes particuliers à la perspective et qu’il est nécessaire de | connaître à fond.

Fi. 7. — Le point de vue Œ est le centre optique de l’œil. Les rayons visuels sont les droites qui joignent les objets à Œ et, prolongées, . déterminent les images rétiniennes.

| PoINT DE VUE. — Je viens, dans les pages précédentes, de montrer ce qu'est le point de vue. On peut le définir ainsi :

Le POINT DE VUE est le point où est placé le centre optique de l'œil, supposé FER unique, du dessinateur, supposé immobile.

Ce point sera toujours noté Œ (fig. 7).

RAYONS vVisuELs. — J'ai expliqué plus haut (p. 4) ce que sont les r visuels; je puis les définir ainsi : | | FEES Les RAYONS vVisuELs sont les rayons lumineux issus des divers points du

modèle et pénétrant dans l'œil en passant par le point de vue (fig. 7, RY).

Rayon (ou LIGNE) VISUEL PRINCIPAL. — J'ai montré l'intérêt qu’il y a à choisir. un tableau plan et bien en face du dessinateur (p. 8). En ces conditions, un cer-

F1G. 8. — Le rayon visuel principal est la perpendiculaire ŒP abaïssée de Œ sur le tableau. Le point principal est le pied P de cette perpendiculaire.

tain rayon visuel aura un intérêt tout particulier : c’est celui qui est perpendiculaire

au tableau, qui est aussi le plus court et qui, dans la très grande majorité des nN … cas, sera placé dans l’axe du tableau. Ce sera le RAYON VISUEL PRINCIPAL Ou la SE LIGNE VISUELLE PRINCIPALE (fig. 8). En x , FL EE

Le point de rencontre de ce rayon visuel principal avec le tableau sera tou- e>

jours indiqué par la lettre P et appelé POINT PRINCIPAL. Er L PLANS VISUELS. — Chaque point d’une ligne, d’un contour ou d’une silhouette +

par exemple, émet un rayon visuel. L'ensemble de ces rayons visuels forme une A

sorte de nappe, de cône ou de plan contenant à la fois la ligne dont il s’agit et l'œil du dessinateur (fig. 9, Œ-AB).

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