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CHAPITRE KIX nn

MISE EN PERSPECTIVE D'UN ENSEMBLE. CHOIX DES DONNÉES. ANGLE VISUEL MAXIMUM. CAS DES TABLEAUX VERTICAUX OBLIQUES. TABLEAUX PLANS NON VERTICAUX. TABLEAUX COURBES, CYLINDRIQUES ET SPHÉRIQUES.

Mise en perspective d’un ensemble

Nous venons de passer en revue les principales règles qui doivent être appli- “2 ; quées pour la mise en perspective d’un ensemble, en supposant bien précisée la situation réciproque du tableau, du point de vue et des objets à représenter, mais ordi nairement un certain nombre de ces données au moins sont laissées au libre chose de l'artiste. My

Il y a donc lieu d'examiner quelles sont les directives à suivre pour choisir judicieusement la situation réciproque des divers éléments qui entrent dans UNCDEES- 2. F3 pective. k # ce

Nous supposerons que les objets à représenter sont parfaitement définis, soit net qu’il s'agisse d’objets existant réellement, dont il faut faire la représentation, soit qu'il s'agisse d'objets imaginaires qu’on veut également représenter et que l’on a, LAN avec suffisamment de précision, définis par des croquis.

Deux cas bien différents doivent donner des solutions différentes.

L'architecte qui a établi un projet dont les dessins sont des géométraux et qui veut se rendre compte exactement de l'effet qu’auront ses conceptions lorsqu'elles seront réalisées, devra rigoureusement choisir son point de vue de manière qu’il cor- ; responde non seulement à une position possible du spectateur, mais encore à celle è É qui est la plus fréquente. 54

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Souvent, cela le mènera à choisir un point de vue relativement rapproché et, 40

pour éviter alors les déformations très choquantes qui se produisent lorsqu'on sort. Be du champ visuel, il sera obligé de recourir à un tableau non vertical. TETE nes.

Pour le peintre, au contraire, ou pour le dechre ste il faudra bien que le point ré de vue puisse correspondre à une situation possible du spectateur suivant l'emplacement que doit occuper la composition, mais encore il faudra que ce point de vue A soit choisi de manière à donner un aspect agréable à l’ensemble de la cons |

Nous nous placerons d’abord au point de vue du peintre ess une <composition d'ensemble. |

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- Fi. 187. — Vue de la même salle ave

— Vue intérieure

Fi. 186.

rapport à la scène qu'il veut ten Si Po Eon est choisi haut, 1 premiers plans perdront relativement de l'importance, par rapport aux arrière- -plans, le sol se développera; au contraire, le plafond, s’il y en a, se verra plus en raccourci. Si lho-. rizon est choisi bas, on augmentera au contraire l’importance des proies plans et diminuera celle des arrière-plans. rue “ |

Les deux figures 186 et 187 donnent l’exemple d’une vue intérieure avec l’horizon, à une hauteur normale, ce qui place toutes les têtes des personnages au même niveau, et avec un horizon relevé, ce qui au contraire relève les personnages d’arrièreplan. :

Les figures 188 et 189 donnent la vue d’une place publique avec la même hauteur d'horizon; mais dans l’une cet horizon est correctement placé dans le tableau et non dans l’autre.

Si l’on désire faire une vue panoramique, prise d’un point dominant le reste du paysage, il pourra au contraire être bon de choisir HH’ haut dans le tableau (fig. 190: et 191): a

S'il s’agit d’une troupe en marche conduite par un chef placé en avant, si Pauteur cherche à faire dominer la figure du chef, il devra choisir un horizon très bas, plus bas que la normale, et, au contraire, s’il cherche à donner de l'importance à toute la troupe, sans faire dominer la figure du chef, il devra choisir un horizon

élevé. à

Pour ceci, bien entendu, comme dans tout ce qui va suivre, il ne | peut être question de donner de règles scientifiques absolues, car cela relève beaucoup plus de la sensibilité de l'artiste que de la science géométrique. :

Un autre élément à préciser sera la distance du point de vue, Re dire son emplacement par rapport à la scène à représenter. Pour cela, on se servira de ce | qui a été dit plus haut à propos du champ visuel. Il ne faut pas dépasser les limites de ce champ pour les objets principaux de la scène que l’on veut représenter. On peut à la rigueur les dépasser légèrement pour l’entourage de la scène principale, qui ne constitue que l'accessoire. Cela doit être considéré aussi bien en largeur qu’en hauteur. On devra remarquer que pour les scènes d’intérieur il sera très fréquent que A l’on soit obligé de supposer l’un des murs abattu, et le spectateur placé plus loin. À qu'il ne serait possible en réalité. |

Sauf de très rares exceptions, justifiées par la position de la composition déco- é ee. rative dans la pièce qu’elle doit orner, le point de vue sera choisi au centre -de la com- ‘72e sition. Enfin, s’il s’agit d’une composition très importante, destinée à être placée PR : dans une salle peu large et très longue, où les spectateurs par conséquent regardant le tableau seront obligatoirement échelonnés tout le long de la composition, il serait impossible de conserver le point de vue unique, et c’est ainsi que dans le tableau de

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Fi. 189. — La même place publique; même hauteur de HH’. Mais HH’ mal placée dans le tableau.

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— Vue panoramique prise d’un point élevé. HH” est, avec raison ici, placé très haut dans le

tableau.

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F16. 191. — Vue panoramique d’un paysage. L’horizon est là aussi placé, avec raison, assez haut dans le tableau. ES TUE ; :

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P. Véronèse, au Musée du Louvre, représentant les Noces de Cana, dont la figure 192 montre la photographie, le point de vue unique serait impossible, et l’auteur a été obligé d’en choisir plusieurs. On en a compté jusqu’à six, mais la ligne d'horizon reste constante, bien entendu.

Si une statue se trouve placée, trop haut, le sculpteur devra en modifier l’anatomie pour qu'elle ne soit pas choquante : c’est ce que montre la figure 193.

Un point sur lequel je veux attirer l'attention est le suivant : lorsqu'il s’agit d’une grande composition picturale, l’artiste a réalisé sa composition, il a fait son épure et il a mis en place toute la décoration qui sert de fond à la scène animée qu'il veut représenter. Il lui reste à placer les personnages.

Pour leur donner le mouvement juste, il fera naturellement venir dans son atelier des modèles et ces modèles lui serviront à dessiner les personnages. C’est là que réside un grand danger. Dans l'atelier, l'éloignement du spectateur ne peut pas être très grand à cause des dimensions même de l'atelier et en raison aussi de ce que si le peintre se place trop loin de son modèle, il ne distingue plus suffisamment les détails pour exécuter son dessin. Mais alors la mise en place se trouvera faite

F1G. 192. — Les Noces de Cana (Musée du Louvre) de P. Veronèse. — On remarquera que pour dégager les fonds l’auteur a fait fuir les lignes perpendiculaires au tableau en plusieurs points au lieu d’un seul point P.

avec un point de vue autre que celui de la composition qui représente par exemple deux duellistes à l’épée. Si on dessinait à l'atelier, la' différence de hauteur des deux ë, pieds serait beaucoup plus grande qu’elle ne doit l’être dans la composition elle- | même, et si on transportait purement et simplement le croquis fait à l'atelier on #4 obtiendrait un pas qui en réalité arriverait à mesurer une dizaine de mètres. Fe

F1G. 193. — Figure assise à l’attique de la Cour du Palais- Royal. En raison de la hauteur où est placée cette statue et du peu de recul, la pose et l’anatomie sont volontairement fausses.

Tableaux plans verticaux obliques ÉTAT IN 54

Il pourra arriver, et cela sera fréquent dans les décors de théâtre, que le tableau, tout en restant vertical, ne se trouvera pas placé perpendiculairement au. " rayon visuel principal. C’est le cas des décors latéraux. En effet, dans une salle de spectacle, on choisira pour point de vue devant servir à l’épure du décor le centre de gravité de toutes les places de la salle. Ce point se trouvera en général à l’inté- È

| difficulté, la one d'horizon se ere placée au niveau de ce point de vue et le € point P sera au milieu. Mais pour les décors latéraux, il n’en sera plus ainsi. Il fau- % dra faire la projection du point de vue sur ce point et s’en servir comme point principal. Ce point se trouvera souvent en dehors des limites de l’épure (fig. 194).

Tableaux plans non verticaux

5 On aura souvent à faire des compositions sur des plans horizontaux en plage fond et parfois sur des plans obliques. Je n’ai pas à faire un nouveau cours pour ce cas particulier, car les méthodes à appliquer sont exactement celles des tableaux ver- ticaux, mais S'il s’agit de tableaux horizontaux, toutes les horizontales seront de front, les verticales seront des perpendiculaires au tableau et, par conséquent, fuiront au point P. Il n’y aura pas de ligne d'horizon proprement dite, mais seulement des lignes de fuite de plans. |

Tous les plans verticaux auront leur ligne de fuite passant par P, puisqu'ils seront perpendiculaires au tableau. Pour tout le reste on suivra les règles qui ont été établies précédemment.

Dans le cas du tableau oblique qui sera souvent celui de l'architecte voulant se

F1G. 194. — Pour les décors latéraux d’un théâtre, le point P se trouvera souvent très en dehors de | l’épure.

la verticale Eire | | ERA >. LASER UPS

La ligne d’horizon sera déterminée par la ligne d'intersection du plan du tableau et du plan d'horizon, et sera toujours en dessous du point P, dans le cas du moins des tableaux plus ou moins plafonnants, et perpendiculaire dd verticale principale. Les méthodes à suivre sont encore exactement celles qui ont été déterminées plus haut. |

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Tableaux courbes

Je ne parlerai ici que des tableaux cylindriques verticaux et du tableau cylindrique à axe horizontal. Dans le cas de ces tableaux, il ne s’agit plus de perspective Ne mais de géométrie descriptive, et le problème se ramènera à trouver l'intersection du tableau avec la surface engendrée par les rayons visuels des divers points d'une ligne. Si cette ligne est droite, ces rayons visuels engendreront un plan, si elle est. courbe ils engendreront un cône dont la base pourra être pelco Rue ou bien être circulaire.

Je dois toutefois faire quelques remarques générales sur le cas des tableaux cylindriques, et je vais commencer par le tableau cylindrique vertical. cu

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-F1G. 195. — Tableau cylindrique vertical. Une droite AB horizontale aura pour image développée : sinusoïde et deux points de fuite sur HH’. af EN

sur HA du rie Ce sera le cas du RÉF ou autre situation Hire ou

F bien il pourra être placé en dehors de l’axe du cylindre, ee sera le cas de l’abside +4

d'une église, etc.

: Sie point de vue est sur l'axe du cylindre, toute droite déterminera un plan = visuel et ce plan visuel coupera le cylindre suivant une ellipse dont le petit axe sera + la hauteur du point de vue et passera par lui.

Dans le: cas extrême d'une droite verticale, le plan visuel coupera le cylindre suivant deux génératrices.

Si on fait le développement du de l'image d’une droite par conséquent deviendra une sinusoïde.

On remarquera qu ‘il résulte de ceci que toute droite aura deux points de fuite correspondant aux deux points où le rayon visuel parallèle à la droite rencontre le £ cylindre (fig. 195 et 196).

On peut, pour mettre en perspective des points, se servir d’une échelle des éloi- gnements, image d’un certain nombre de cercles concentriques à la base du cylindre, images qui seront dans le développement des lignes droites horizontales, et d’une ne chere des hauteurs Ge: 197). |

| Fic. 196. — Tableau cylindrique HA TER — Une droite oblique m aura, comme les horizontales, pour image développée une sinusoïde; les deux points de fuite ne seront plus sur HH”° mais ils

seront symétriques.

F1G. 197. — Tabieau cylindrique. — On peut créer une échelle des éloignements au moyen de cercles concentriques à la base du tableau, et on aura ainsi également une échelle des hauteurs.

Si le point de vue n’est pas dans l’axe du cylindre, les tracés n’auront plus de lois aussi simples et on sera obligé de les exécuter par la géométrie schebe en cherchant, comme je l’ai dit tout à l'heure, THERE ES des surfaces visuelles D: créées par chacune des lignes avec le cylindre.

La figure 198 donne un exemple de photographie prise sur pellicule 'cylindrique. On voit nettement la forme sinusoïdale prise par les droites horizontales. .

F1G. 198. — Exemple de développement de perspective sur tableau cylindrique. En réalité, les deux pavillons et la-grille sont sur le même alignement rectiligne. 7 RENNES

Les verticales Ron pour Hope des grands cercles PONVEPSeANtEà à la PU de

Le y a Eu de remarquer que dans le cas 4 voûte en SA comme dans

celui de Ja voûte sphérique, il est préférable d’éviter les perspectives de lignes ver- ticales qui ne soient parallèles aux génératrices (cas de la voûte en berceau). En effet, l'épure, aussi exactement qu'elle soit faite, ne donnera de résultat acceptable que pour des spectateurs placés exactement au point de vue. Dès que le spectateur se déplacera, l’image de la verticale deviendra une ligne courbe, èt par conséquent no très choquante. |

PRISE DANS DES CONDITIONS CONNUES : (E, P, D coNNUSs. CAS DE LA. PHOTOGRAPHIE PRISE DANS DES CONDITIONS INCONNUES. TABLEAU VER- TICAL. USAGE DES DROITES PERPENDICULAIRES ET A 45° POUR DÉTERMINER (Œ, P ET D. TABLEAU NON VERTICAL; USAGE DE FE, Fo ET Fv POUR DÉTER- MINER (E, P ET D. 2

2.1 RCE

Ces procédés sont très utiles pour reconstituer le géométral d’édifices inacces-

ut sibles. Ils sont suffisamment précis si on trace les épures avec soin. Il est nécessaire d’avoir des photographies aussi grandes que possible et, au besoin, on fera un agran-

dissement en veillant à ce qu’il ne produise pas de déformation.

Deux cas tout à fait distincts se produiront lorsque lon voudra, partant d’une photographie, reconstituer le géométral. Ou bien on aura opéré soi-même pour prendre la photographie, ou bien on ignorera tout des. conditions dans lesquelles ne ee a été prise. £-

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