L application de cette analyse k la personnalitl dc la
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Socidte civile est plus delicate k saisir et h mettre en lumifcre, a raison du nombre considerable des volontds unies en faisceau en vue de la realisation du but social, et par suite a raison de Timmense variety des actes qui peuvent tendre directement ou indirectement & ce resultat.
II y a heureusement un sentiment bien defini, nommedans toutes les langues, ddcrit par tous les publicistes, chante par tous les pontes, qui met bien en lumifcre cette union de toutes les volontes dans une m&me aspiration et dans une m£me collaboration trfcs active et tr&s ardente. C'est l'amour
DE LA PATRIE OU le SENTIMENT NATIONAL.
Ce sentiment, commc il convient au r6le qu'il est appele a jouer, n'est pas entifcrement desinteresse. II part de la conscience instinctive ou reflechie. et en tout cas tr&s intime et tr&s sAre, que le bien commun de tous, et m6me 1c bien public ou bien de TEtatlui-mfime, est ncScessaire au bien de chacun et qu'entravaillant pour tous chacun travaille <*n realite pour lui-m6me comme pour les autres. C'est en somme la connaissance plus ou moins complete des bienfaits de la Society civile ; de la sorte, le moteur primordial et universel de la volonte humaine, l'attrait du bonheur, fonctionne instinctivement en faveur de la Societe, fait desirer son bien et y fait collaborer tous los citoyens dans tous les actes quotidiens de leur existence. C'est bien Ik le type du sentiment social par excellence; c'est bien aussi ce p*nre de sentiment qui assure le mieux et avec une continuity plus exacle la collaboration de toutes les volontes, la M>lidit6 du faisceau qu'elles forment en vue de travailler au bat commun ; c'est bien par consequent la mature premiere dont est faite la personnalite sociale.
Les actes par lesquels se manifeste ce sentiment sont innombrablcs et incessants. lis ediappent facilement a une observation un peu superficielle et m6me k la conscience de celui qui les fait, h raison de leur frequence et de Thabitude prise. C'est le respect devenu instinctif de la loi, de la force arm6e, de la police. C'est la confiance r6ciproque et profonde dans le jeu de la legislation, dans les tribunaux, dans le fonctionnement de la contrainte sociale pour la reconnaissance et la defense de nos droits. C'est la moderation dans l'exercice de ceux-ci inspire par le desir de ne pas violer les droits d'autrui, reconnus et proteges par les
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rieure. En vertu d'une pens£e maitresse, toutes les puissances d action se specialisent chacune dans un r6le determine, se hilrarchisent suivant leur importance relative par rapport au but commun, parviennent enfin & Punite suprfeme necessaire pour constituer une direction vraiment personnelle. En mfeme temps elles prennent toutes conscience qu'elles agissent sous l'empire dune loi morale, qu'elles obeissent & celte loi en se subordonnant au bien du tout, en se soumettant au pouvoir souverain ; et que celui-ci accomplit luim&me une sorte de sacerdoce en commandant sous l'egidc Je la loi morale universelle et absolue. On a reconnu dans ce tableau les traits essentiels qui caracterisent une personality dans les etres collectifs, comme dans les individus 1 .
Ce mode d'action coordonne de toutes les forces sociales fera Tobjet special de F etude qui sera consacree dans le chapitre suivant (chap, iv) au gouvernement de VEtat. Dans celui-ci, ce qu'il s'agit danalyser avec un soin scrupuleux, cVst le r6le et le developpement de cet organisme d'ordre moral et de cette personnalite.
451. II y a lieu tout d'abord de rappeler une rfcgle fondaraontale dont l'exactitude a ete demontree pour toutes les societes sans exception et qui, par consequent, ne peut pas ne pas fetre applicable h la Society civile. (Test la regie qu une societe na pas d' existence, et a phis forte raison pas d*> personnaliti , en dehors de la sphhre d'action diterminee par Vobjet qui a iti assigne a la collaboration sociale ; ainsi une societe litteraire ne pourrait pas faire du commerce, el une society de charbonnage ne pourrait s'occuper de metallurgies Ce principe est encore plus imperieux en ce qui concerne l'Etat, h raison de son origine non conventionnelle, naais obligatoire. Son objet n'est pas librement defini par un contrat volontairement forme entre les parties : il se trouve delimits par la nature mfime des choses, par le besoin universel du reglement de la modalite des droits; il n'est et ne saurait fctre obligatoire que dans cette mesure, et, parco qu'il est obligatoire dans ces conditions, on est dans Timpos- Mbilite d'y rien ajouter par une convention quclconque,
1 Comparer suprlt, n* 43-44.
2 Voir suprd, n* 327, la regie et les exemples ^application.
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