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II. — Distinction de l'âme et de la matière

1 . Le mot matière est pris souvent comme synonyme du mot corps. Mais il peut recevoir aussi trois autres acceptions et signifier: 1° les éléments indivisibles des corps, en supposant ces éléments étendus et inertes sous le nom d'^tomes; 2° les éléments indivisibles des corps, mais considérés comme simples et actifs sous le nom de monades ; 3° les agents inconnus qui produisent les phénomènes sensibles des corps.

2. Si on prend le mot matière dans la première de ces trois acceptions, tout ce qui a été dit précédemment de la distinction de l'âme et du corps, se dira dans les mêmes termes de la distinction de l'âme et de la matière atomistique.

3. Mais le parallèle de l'unité ou de l'activité de l'âme avec l'étendue et l'inertie des corps ne peut se continuer dans la comparaison de l'âme avec la matière, si on prend le mot matière dans la deuxième ou dans la troisième acception, et il est bien évident qu'alors les deux termes de la comparaison sont également des forces simples et actives (1).

4. Mais la force appelée âme a pour caractères essentiels d'être intelligente et libre ; tandis que les forces appelées monades ou agents, ont pour caractères essentiels d'être aveugles et fatales, et ces caractères sont aussi opposés

(1) M. Tissot a donc rendu un grand service à la cause du spiritualisme en signalant et en démontrant l'insuffisance de l'argumenta'ion cartésienne dans cette question. (De VAnimisiM.)

172 QUESTIONiNAIRE DU QUINZIÈME CHAPITRE.

entre eux que l'unité et l'activité sont opposées à l'étendue et à l'inertie.

5. Donc la distinction de l'âme et de la matière, en quelque sens qu'on prenne ce dernier mot, est aussi solidement établie que k distinction de l'âme et du corps.

QUESTIONNAIRE

Distinction de l'âme et du corps.

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