II. — De la méthode
i. Le mot méthode est métaphorique (pcrà ô(î6ç), et signifie route de communication. Il désigne l'ensemble des procédés légitimes par lesquels l'esprit va de ce qu'il connaît à ce qu'il ignore.
2. Les vérités qu'on cherche à connaître sont des faits, des PRINCIPES ou des gOxNSéquences.
3. Les faits se connaissent par l'observation et l'expérimentation, ils se coordonnent par les classifications.
4. Les principes sont ou fournis immédiatement par la raison, ou formés par l'abstraction, ou établis par la convention, ou présumés par l'hypothèse, ou légitimement conçus par l'induction qui des faits s'élève aux lois.
5. Les conséquences se découvrent par le raisonnement et s'expriment par le syllogisme.
6. L'analogie, la division, la définition, sont des procédés auxiliaires qui concourent avec les procédés précédents à découvrir la vérité ou à la mieux comprendre et à la mieux retenir.
7. L'analyse et la synthèse ne sont pas des procédés spéciaux, mais des points de vue ou des combinaisons des divers procédés, tant spéciaux qu'auxiliaires.
8. Enfin, les vérités qui ne sont pas l'objet de nos recherches directes et personnelles peuvent nous être communiquées par le témoignage et par l'aulorité.
9. Nous exposerons les règles de ces difterents moyens de connaissance en suivant l'ordre que nous venons d'indiquer et dont voici le tableau :
sens, conscience.
observation
faits.
principes.
expérimentation.
classification.
raison.
abstraction.
convention.