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Caractères de la philosophie grecque

1" La vraie méthode y fut inconnue et suppléée d'abord par Vhypothèse, plus tard par Vinspiration mystique.

2° Le paganisme ne présentant quelque expression des croyances naturelles et quelque trace de l'ancienne tradition qu'au milieu d'un encombrement de fictions poétiques et des plus grossières erreurs, et manquant ainsi complètement de faits authentiques et de preuves historiques, n'avait ni la certitude ni par conséquent l'autorité nécessaire pour régler les esprits. Il fut donc très impuissant | soit pour seconder, soit pour entraver l'esprit philoso- | phique.

6. Caractères de la philosophie scolastique. l'* La vraie méthode philosophique y fut également in |

connue et suppléée par Yautorité et le raisonnement, Tauto

rite fournissant les principes, le raisonnement tirant les conséquences. Les autorités qui fournirent les principes furent celle de l'Eglise, celle des Pères, et à la fin de la scolastique, celle de Platon et d'Aristote. VOrganon de ce dernier philosophe, connu beaucoup plus tôt que ses autres ouvrages, servit d'autorité pour les règles du raisonnement.

S"* L'enseignement traditionnel de l'Eglise, muni de ses titres authentiques et de sa certitude historique, possédant ainsi dans sa plénitude l'autorité légitime qui manquait au paganisme, eut toute la force nécessaire pour exercer sur les intelligences la plus souveraine influence. L'autorité de l'Eglise, au fond toute morale et de persuasion, fut, pour le bien de l'humanité, temporairement unie à l'autorité extérieure et civile. Cette distinction importante est la clef de toutes les difficultés.

7. En effet, l'autorité morale, tirant sa force de la vérité dont l'Eglise est dépositaire, ne saurait par là même dégénérer en tyrannie, pas plus que l'autorité des théorèmes mathématiques, des lois physiques et de toutes les vérités, quelles qu'elles soient; comme aussi elle ne saurait jamais périr, tant qu'il se trouvera des hommes de zèle pour redire son enseignement, et des hommes au cœur droit pour l'écouter et le comprendre.

8. Il n'en est pas ainsi de l'autorité extérieure et civile, à laquelle l'autorité morale a pu et dû se trouver unie. Le caractère d'une telle autorité étant de régler les actions humaines, non plus par la seule persuasion, mais par des prescriptions légales appuyées d'une force matérielle, dès lors l'abus devient possible, et le respect dû à la liberté de la conscience humaine peut être violé. L'autorité extérieure dont s'appuyait l'autorité morale de l'Eglise au moyen âge était et devait être préoccupée de ce principe que Vhonmie

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