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On ne saurait trop se rendre compte des grandes

(]) Qu'on ne s'étonne point de ces grands noms {Protestants mêlés à de grands noms catholiques. Quoique séparés en des points regrettables, ces philosophes éminents sont unis dans leur respect pour le christianisme et les adorations pleines d'effusion que tous adressent librement et par conviction à son divin fondateur. Leibniz avait étudié le christianisme pendant trente ans. Philosophes, qui parlez tant de l'indépendance moderne de l'esprit humain et des entraves apportées par la théologie, en avez-vous fait autant?

choses parles petites. Le moyen âge est aux temps modernes ce qu'est l'enfance à l'âge mûr. L'enfant, sous l'autorité paternelle, n'a pas même l'idée de discuter cette autorité qui, en fin de compte, est son plus grand bien. A mesure qu'il grandit, il apprend de cette autorité même, et en raison de la culture que cette autorité impose à son intelligence, qu'il est homme raisonnable et libre; il arrive ainsi par degrés à se conduire lui-même, ou du moins à ne reconnaître d'autre maître que sa raison et sa conscience. Mais sa raison et sa conscience le ramèneront à une subordination réfléchie à toute autorité légitime; et, dans l'âge de la plus parfaite émancipation, il s'honorera, comme fils, comme citoyen, de vénérer sans abaissement ce que la nature et les lois ont placé au-dessus de lui. Tel est le philosophe catholique moderne à qui sa raison émancipée enseigne à examiner, à reconnaître, et par suite à aimer et à adorer la vérité surnaturelle qui a sauvé l'humanité.

Quant aux philosophes, s'il en est encore, qui ne voient dans toute cette longue éducation de l'esprit humain par l'Eglise qu'uneobsession humiliante, ils ressemblent à ces enfants légers, sinon dénaturés, qui n'ont de souvenir que pour quelques abus de la puissance paternelle et point pour ses bienfaits, et à ces hommes irréfléchis, sinon ingrats, qui, redevables de leurs talents à la discipline de l'éducation première, ne parlent plus qu'avec aigreur de la servitude dont on accabla leur adolescence.

PHILOSOPHIE tJRECQUE AVANT SOCRATE. 393

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