‹ Cours de philosophie élémentaireChapitre 258 sur 271 · BACON · texte numérisé non relu

BACON

3. Le premier renferme par conséquent la critique du syllogisme et de la méthode d'hypothèse appelée par Bacon anticipatio naturœ. Suit une classification des erreurs, que Bacon divise en quatre cla'-.ses : 1° celles qui dérivent de la nature de l'esprit humain, communes à toute l'espèce, idola tribus ; 2" celles qui dérivent de nos dispositions individuelles, idola speciis; 3" celles qui dérivent du langage, du commerce des hommes, idola fori; 4° celles qui dérivent des enseignements philosophiques, de l'autorité des maîtres, idola theatri.

4. Le second livre est une exposition de la méthode nouvelle.

5. D'abord Bacon assigne le but de la science. Ce but est éminemment pratique, c'est l'usage et la transformation des êtres convenablement à nos besoins.

6. Pour atteindre ce but, il faut connaître : 1° les lois; â" les causes des phénomènes. Pour arriver à cette connaissance, il faut partir de l'expérience, et pour que l'expérience nous conduise aussi loin que possible, il faut la changer en expérimentation, c'est-à-dire en une expérience artificielle, intelligente.

7. En eff'et, la nature nous présente ses phénomènes d'une manière aveugle et complexe. Il faut la forcer de produire ces phénomènes suivant le besoin de notre science, et de les produire isolés, indépendants, et non mélangés, modifiés les uns par les autres.

8. D'après Bacon, trois facultés doivent concourir à la formation de la science : les sens, la mémoire, la raison. Sur cette division, il construit une classification des sciences qui a été reproduite par l'Encyclopédie, mais qui est bien inférieure à celle d'Ampère. Aux sens se rapporte l'investigation des faits, à la mémoire les classifications, à la raison l'induction.

9. Par opposition à la méthode de conjecture ou d'hypothèse, anticipatio naturœ, critiquée dans la première partie, Bacon nomme la méthode d'observation et d'induction interpretatio naturœ.

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