‹ Cours de philosophie positive (volume 5)Chapitre 7 sur 43 · I IO · texte numérisé non relu

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Pim.OSOPHIE POSITIVE.

s’apercevoir plus tard qu’ils sont tous légèrement aplatis dans le sens de leur axe de rotation et renflés dans leur équateur. La quantité de cet aplatissement a pu même être exactement mesurée avec des micromètres perfectionnés. Le résultat général de ces mesures a été de montrer, ce me semble, que les astres sont d’autant plus aplatis que leur rotation est plus rapide, depuis l’aplatissement presque imperceptible de la lune ou de Vénus, jusqu’à l’aplatissement d’environ dans Jupiter ou dans Saturne; ce que nous verrons plus tard être conforme à la théorie de la gravitation.

Quant à la véritable grandeur des corps célestes, un calcul très facile la déduit immédiatement de la mesure du diamètre apparent combinée avec la détermination de la distance. Car, la sécante du demi-diamètre apparent d’un corps sphérique est évidemment égale au rapport entre son rayon réel et sa distance à l’œil ; ce qui permet d’évaluer maintenant ce rayon , et, par suite, la surface et le volume. L’homme n’a eu si long- temps des idées profondément erronées des vraies dimensions des astres que parce que leurs distances réelles lui étaient inconnues; quoique, d’ailleurs,

couvertes depuis le commencement de ce siècle , et dont la forme semble être beanconp moins régulière, autant que leur faible étendue et lenr grand eloignement permettent jnsqu’ici d’en jnger.

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par son ignorance des lois de la vision , il n’ait pas toujours maintenu une exacte harmonie entre les fausses notions qu’il se formait des unes et des autres.

Le résultat général de ces diverses déterminations pour tous les astres de notre monde, comparé avec l’ordre fondamental de leurs distances au soleil, ne se montre assujetti jusqu’à présent à aucune règle. On y remarque seulement que le soleil est beaucoup plus volumineux que tous les autres corps de ce système, même réunis; et, en général , que les satellites sont aussi beaucoup moindres que leurs planètes , comme l’exige la mécanique céleste.

11 est presque superflu d’ajouter ici que notre ignorance à l’égard des distances effectives de tous les corps extérieurs à notre monde, nous interdit toute connaissance de leurs vraies dimensions, quand même nous parviendrions, à l’aide de plus puissans télescopes, à mesurer leurs diamètres apparens. Nous avons seulement lieu de penser vaguement que leur volume doit être analogue à celui de notre soleil.

Une question secondaire, mais qui n’est point sans intérêt, se rattache à l’étude de la figure et «le la grandeur des astres, dont elle est, en quelque sorte, un complément minutieux. C’est

lia PHILOSOPHIE POSITIVE.

l’évaluation exacte de la hauteur des petites aspérités qui recouvrent leur surface, à la façon de nos montagnes. Rien n’est plus propre peut - être qu’une telle estimation à rendre sensible la puissance de nos lunettes actuelles et la précision qu’ont acquis nos moyens micrométriques.

On conçoit , en général , que l’un quelconque des astres intérieurs à notre monde doit avoir un hémisphère éclairé par le soleil et un autre hémisphère visible de la terre ; et que nous apercevons seulement la portion commune, plus ou moins étendue suivant les divers aspects , de ces deux hémisphères, dont chacun serait d’ailleurs nettement terminé par un cercle, si la surface était parfaitement polie. Cela posé, s’il existe, dans la partie invisible de l’hémisphère éclairé, ou dans la partie obscure de J’ hémisphère visible, et tout près de la ligne de séparation, une montagne suffisamment élevée, son sommet nous apparaîtra nécessairement, dans l’image de l’astre, comme un point isolé extérieur au disque régulier, et dont la distance à ce disque, ainsi que la situation , exactement appréciées l’une et l’autre à t’aide d’un bon micromètre, nous permettront de déterminer, avec plus ou moins de précision , par un calcul frigonométrique fort simple, la hau-

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leur cherchée, d’abord comparativement au rayon de l’astre, et finalement en mètres si nous le désirons. Le degré de précision que comporte une estimation aussi délicate dépend, évidemment, de l’étendue et de la netteté du disque; et l’absence d’atmosphère doit aussi contribuer à l’augmenter. Aucun astre, sous ces divers rapports, ne peut être plus exactement exploré , à cet égard, que la lune, dont les principales montagnes sont peut - être mieux mesurées aujourd’hui, d’après les opérations de M. Schroëter, qu’uq grand nombre des montagnes terrestres. Il est remarquable qu’elles soient, en général, plus élevées que nos plus hautes montagnes, puisqu’on en trouve de huit mille mètres au moins , ce qui est surtout frappant par contraste avec un diamètre plus de trois fois moindre. La même singularité s’observe à l’égard de Vénus et de Mercure, seules planètes qui aient pu jusqu’ici permettre une semblable détermination, bien moins exacte toutefois que pour la lune; M. Schroëter a trouvé que leurs montagnes atteignent jusqu’à quatre myriamètres environ , dans la première, qui est à peu près égale en grandeur à la terre, et deux dans la seconde, dont le diamètre est presque trois fois moindre.

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