‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 140 sur 291 · Balnièf, Wii. fond., L. VI, c. n · texte numérisé non relu

Balnièf, Wii. fond., L. VI, c. n

deux autres s'accordent avec elle et s'y ramènent aisément (Log., n. 44).

Il faut remarquer l'universalité de ce principe. Il ne s'applique pas seulement aux choses temporelles, mais encore aux choses éternelles. Le mot à la fois s'entend dune et du temps et de la durée éternelle dont le caractère est d'être sans succession, toia aimul.

B. — La certitude objective àQ ce principe ne peut être contestée. En voici deux preuves.

à) Preuve directe. Le rapport d'identité d'un être quelconque avec lui-même a pour terme une réalité objective. Alors même que le noumène nous échapperait, ce terme serait au moins un phénomène de conscience, qui est un fail réel et objectif. — De plus, la relation même d'identité nous apparaît comme (''videmment objective.

b) Preuve indirecte. Nier la certitude objective de ce principe, ou mettre en doute si une même chose peut, à la fois, être et n'être pas, c'est ruiner la certitude de toute autre affirmation ou négation, et détruire de fond en comble toute science, même purement subjective : il devient impossible de constater même l'accord de nos idées entre elles : c'est le scepticisme universel.

C. — Erreurs. — Voici ([uelques sophismes contemporains dirigés contre le principe de contradiction. — « L'être et le néant sont identiques, dit Michelet, de même la vérité et l'erreur sont identiques ; telle est aussi l'identité du bien et du mal i. » De même, Schérer a écrit : « Une assertion n'est pas plus vraie que l'assertion opposée : nous admettons jusqu'à l'identité des contraires 2. i) Et Vacherot : « Tandis que le principe de contradiction est la loi de l'entendement, le principe de l'identité absolue est la loi de la raison ^. » — C'est revenir à l'erreur des antiques sophistes affirmant que « tout ce qui est perçu est vrai, même les contradictoires ».

52. Nature de l'identité relative ; ses espèces. — A. — De la notion d'identité absolue découle la notion d'identité relative, qui est : la ressemblance d'une chose avec une autre ou la conformité de deux objets avec une même forme. On l'appelle relative, parce qu'elle établit un rapport entre plusieurs choses distinctes.

B. — Il y a autant d'espèces d'identités relatives, ou similitudes au sens large, que de ressemblances possibles entre plusieurs objets. Or cellesci sont au nombre de deux, et se rapportent à Vessence ou à Vaccident.

4. Esquissede logique, p. 3, 4, 12. —2. Hegel et V hégilianisme . — 3. La Métaphytique et la science.

SECONDE l'ARTlE, PROPRIETES DE L ETRE 2 i i

De^^ clioses de même essence jouissent d'une identité (jénérique, si les individus sont de même genre, par ex. : animal et homme ; spécifique, si les individus sont de môme espèce, par ex.: Platon et Cicérou. — Quant ;i l'identité accidentelle, elle se divise principalement en qualitative et quantitative : des objets doués d'une même qualité sont semblables, par ex., le papier blanc ressemble à la neige par sa blancheur ; si les objets se ressemblent par la quantité, on les dit égaux, par ex. : deux poids.

AirncLE m.

Art Distinclion.

53. Nature de la distinction; ses espèces. — A. — \ l'identité s'oppose la distiiution, qui consiste en ce qu'un être n'est pas l'autre, et se défini l : un défaut d'identité entre plusieurs objets.

H. — 11 y a trois genres de distinction : I" Au point de vue de Vobjet, on en compte quatre sortes : la diversité totale, la différence spécifique, la variété et Vinégalité. — Si deux ou plusieurs choses sont essentiellement distinctes et ne possèdent aucun caractère comnuin, il y a diversité totale : tels sont rh(jnime et la pierre. Si le genre est commun, tandis que l'espèce n'est point la même, on se trouve en présence d'une difîérence spécifique : ce qui a lieu lorsque l'on compare le lion et l'homme. Quand la distinction repose sur une qualité, il y a variété ; lorsqu'elle tient à la quantité, il y a inégalité.

2° Au point de vue de ses degrés, la distinction va jusqu'à l'opposition, lorsque les objets non seulement se distinguent, mais jouissent de propriétés contraires. Cette opposition est, — ou contraire, comme pour le chaud et le froid ; — ou privative, comme entre la vue et la cécité ; — ou contradictoire, comme l'être et le non-être.

3° Au point de vue de ^ix portée, la distinction peut être réelle ou logique. La distinction réelle existe entre des êtres dont l'un n'est pas l'autre, indépendamment de toute vue de l'esprit ; il y a, au contraire, distinction logique ou de raison, lorsque c'est l'esprit qui divise un ohjet, réellement un, en concepls niulti})les.

54. Espèces de distinctions réelles ; ses caractères. — A. — 11 y a deux sortes de distinctions réelles : la première

est la distinction réelle majeure. Si elle se présente entre ohjets actuellement séparés, comme sont Aristote et Platon, cette

PiuLosoi'iUE. — Tome 1 16

distinction est majeure adéquate. Si elle a lieu entre des objets séparables sans être cependant séparés en acte, elle est inadéquate comme, par ex., entre le corps et l'àme. — La seconde est généralement appelée réelle mineure ou modale. Elle s'observe non pas entre deux objets, mais entre les éléments inséparables d'une même chose, par ex. : entre la vitesse et la direction du mouvement.

B. — Les signes principaux d'une distinction réelle sont :

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