PHYSIOLOGIE CELLULAIRE
tion consistait-elle essentiellement en ablations d'organes, on lésions de nerfs ou de vaisseaux, l'expôrinientateur cherchant à conclure des troubles observes à la nature et à Timportance des fonctions de l'organe enlevé.
On éclaircissait ainsi la question des mécanismes fonctionnels, et, par exemple, pour ce qui est des fonctions de la respiration, on déterminait le rôle de la glotte, de la trachée, du poumon; mais tous cçs appareils mécaniques ne sont que pour amener l'air au contact du sang, et le sang lui-même n'est que pour amener l'oxygène au contact des tissus. Que le mécanisme respiratoire soit accompli par un poumon, des branchies ou des trachées, ce qui semble indiquer la ditférence la plus absolue dans le mode de res piration, l'acte intime d'utilisation de l'oxygène par les éléments des tissus est cependant toujours le même. Au-dessous des variétés les plus infinies de mécanismes préparatoires, nous trouvons toujours les mêmes phénomènes élémentaires. Les mécanismes sont l'objet de la physiologie spéciale, presque exclusivement cultivée av. commencement de ce siècle; les phénomènes élémentaires, c'est-à-dire se passant dans les éléments anatomiques des tissus, sont l'objet de la physiologie générale : avoir créé cette physiologie générale sera à tout jamais le titre le plus glorieux de Cl. Bernard.
Mais qu'il s'agisse du domaine de la physiologie générale ou de celui de la physiologie spéciale, c'est toujours, nous le répétons, à des phénomènes de nature physico- chimique ou même purement mécanique que nous avons à faire.
C'est ainsi que, d'une part, l'appareil de la circulation nous présente des phénomènes qui relèvent des lois les plus simples de la mécanique: que l'œil est un véritable appareil physique de dioptrique ; que la transformation de l'amidon en sucre, dans le tube digestif, est un fait essentiellement chimique. Ce que les phénomènes vitaux présentent. de particulier, ce ne sont ni les résultats qu'ils produisent, ni les forces qu'ils mettent en jeu, mais la manière dont ils combinent ces forces: il n'y a pas àe phénomènes vitaux proprement dits, il y a des procédés vitaux.
B. Physiologie cellulaire. — Ces phénomènes se localisent, avec leurs caractères de procédés spéciaux, dans les éléments a. n atomiques^ et se trouvent au plus haut degré dans les globules ou cellules, ou dans des formes dérivées des cellules et en ayant conservé les propriétés (fibres musculaires, par exemple). Les cellules présentent un aspect essentiellement changeant : d'une existence éphémère, elles subissent des métamorphoses incessantes de forme et de composition, depuis un moment qu'on peut appeler
leur naissance, jusqu'à celui qui constitue leur mort; en un mot, elles ont des dr^es, elles présentent une évolution. L'évolution est précisément ce qu'ofirent de plus particulier les êtres, comme les éléments organisés.
Ces métamorphoses sont, avons-nous dit, « des changements de forme et de composition. » Les changements de composition ne suffisent pas pour caractériser la vie, car tout corps organique au contact de l'air alisorbe de l'oxygène et dégage de l'acide carbonique, jusqu'à ce qu'il soit complètement brûlé, putréfié. Le globule, au contraire, loin de se détruire par cet échange, se transforme, se multiplie : telle est la vie.
C'est doue par l'étude de la cellule en général que nous devons commencer, et c'est autour d'elle que tout doit se grouper, puisqu'elle est l'élément essentiellement vivant.
G. Du (/lobule ou cellule ; ses propriétés. — Les globules, éléments essentiellement vivants, sont tout d'abord caractérisés par leurs dimensions microscopiques . Leur diamètre est assez petit pour que les histologistes aient cru devoir adopter comme unité de mensuration le millième de millimètre (désigné généralement par la lettre [x). Un seul, Vovule, atteint chez les mammifères jusqu'à 2 10 de millimètre, de façon a être déjà visible à l'œil nu, et présente chez les autres animaux des dimensions très considérables (jaune de l'œuf d'oiseau). Cette extrême exiguïté nous explique pourquoi l'on n'avait pu reconnaître ce que nous pouvons appeler l'essence des phénomènes vitaux, jusqu'au jour où de puissants microscopes ont permis d'apercevoir les infiniment petits qui en sont le siège. On peut dire aujourd'hui que le globule ou cellule^ c'est-à-dire l'élément anatomique type, est pour la physiologie ce que l'atome est pour le chimiste, ce que la ligne est pour le géomètre.
Si, après leurs dimensions exiguës, nous passons en revue les caractères des globules, en commençant par leurs propriétés physiques et chimiques pour terminer par celles qui se rapportent à leur évolution, nous trouvons successivement à noter :
Leur forme. — Tous les globules ont primitivement la forme d'une petite masse sphcrique., constituée par une substance albumineuse d'aspect plus ou mois granuleux et dite protoplasma. C'est ainsi qu'ils se présentent à l'état jeune (protoblastes de Kœlliker, gymnocytodes de Hœckel) : on dit alors que ces éléments, qui méritent bien plus le nom de globules que celui de celhdes, sont formés par une simple masse de protoplasma homogène. Mais ils peuvent ensuite,'par diverses causes, changer à l'infini de forme et d'aspect.