‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 22 sur 58 · COURS UE PHYSIOLOGIE. (i · texte numérisé non relu

COURS UE PHYSIOLOGIE. (i

Les différences relatives aux sexes , aux tempérameris, aux races ^ aux circonstances hygiénicjues ^ ont été si peu étudiées, qu’il est impossible de rien établir de positif à ce sujet.

Il en est à peu près de même de celles qui sont consécutives à un état pathologique quelconque. Je ne pense pas qu’on ait encore suffisamment étudié les tumeurs blanches. Il est probable cependant que le tissu cartilagineux doit présenter des différences selon les maladies qui peuvent l’affecter; mais elles sont peu sensibles, parce que c’est une loi générale , que moins un tissu est organisé, moins il est susceptible de phénomènes pathologiques proprement dits. Toutefois il est probable que le tissu cartilagineux est susceptible des deux modifications connues sous les noms ^hypertrophie et à' atrophie J et, sous ce rapport, il est dans le cas du tissu fibreux. Pour peu que vous ayez eu l’occasion de disséquer une articulation ankylosée j vous aurez vu sans doute que les cartilages d’encroûtement sont notablement diminués , conséquence nécessaire de la loi que je vous ai indiquée plus haut, savoir que le tissu dont il s’agit est d’autant plus développé , que l’animal est plus avancé en âge , et qu’il exerce davantage ^ ses articulations. Nous savons, en outre, que les cartilages peuvent s’enflammer , même jusqu’à donner lieu à. une réaction fébrile; ils peuvent,

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par suite de cet état morbide, subir diverses alle'rations physiques et ehimiques.

Différences dans la série. Si nous étudions les diflérences que présente le tissu cartilagineux dans la série animale , nous voyons qu’il existe dans tous les animaux vertébrés , et, chose digne d’attention, c’est qu’il est d’autant plus distinct du tissu osseux, que l’on se rapproche davantage des animaux vertébrés supérieurs , tandis que , lorsqu’on arrive aux derniers degrés de l’échelle , on voit ces tissus se confondre, et meme quelquefois ce dernier se convertit en tissu cartilagineux. C’est ce que nous voyons en effet dans une partie de la dernière classe des ostéozoaires, chez les poissons chondroptérygiens.

Chez les mammifères, il n’y a qu’une petite partie du système scléreux qui soit à l’état cartilagineux, et encore n’est-ce que pour un temps , car il est une époque de la vie où les cartilages des côtes , les cartilages sternaux et tous ceux qu’on désigne sousle nom de cartilages inter-osseux, tendent à passer à l’état osseux proprement dit. Si, au contraire, vous prenez les poissons chondropLérjgiens , vous voyez que, chez eux , la totalité du squelette reste constamment à l’état de cartilage, et ne contient qu’une très-petite quantité) de phosphate de chaux, sel dont on ne trouve même aucune trace dans les lamproies.

1/^* COURS UK l'HYSIOLOÜIK. (,G)

Chez les oiseaux ^ au contraire, où l’appareil de la locomotion jouit de beaucoup de développement , les cartilages de l’appareil locomoteur sont beaucoup plus distincts que ceux des mammifères. Aussi certains physiologistes et quelques zoologistes ont-ils voulu placer les oiseaux avant les mammifères. Ils s’appuyaient surtout sur l’état de la chaleur animale et de la respiration , caractères qui leur semblaient devoir légitimer cette préférence. Mais ils perdaient de vue le système nerveux de l’intelligence qui assure la supériorité aux mammifères.

Si vous descendez aux reptiles , et de là aux umphihiens , vous voyez toujours la même loi se confirmer, c’est-à-dire que la ligne de démarcation que nous avons dit exister entre les tissus cartilagineux et osseux, va toujours en s’effaçant de plus en plus.

Dans les poissons , on ne trouve presque plus qu’une sorte de substance cartilagineuse, car, ainsi que M. Ghevrenl l’a fait voir, tout leur squelette se compose d’une matière muqueuse, partout homogène ; ce qui doit être considéré comme une dégradation animale , puisque la séparation de ces deux tissus est un caractère qui dénote , dans l’animal on on l’observe, un rang plus élevé sur l’échelle des êtres.

animaux articulés extérieurement ou les en-

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tomozoaires^iTésenienl, pendant un certain temps, leur enveloppe à l’e'tat cartilagineux. Mais avec les progrès de 1 âge, cette partie ne tarde pas à se solidifier. En effet , prenez une e'crcvisse à 1 epoque où elle va changer de peau , vous verrez que c’est une partie de cette peau, d’abord à un état semi-cartilagineux, qui va se solidifier au moyen d’une matière albumineuse et crétacée , qui se dé* pose dans ses mailles.

Parmi les mollusques, \\ y a quelques animaux où lescliosesse passent de la meme manière. Les biphores, par exemple , mollusques que l’on nomme ainsi parce qu’ils ont pour caractère essentiel de présenter deux ouvertures à leurs deux extrémités, offrent ceci de remarquable , que leur enveloppe extérieure se compose d’une espèce de derme extrêmement épais, et d’une transparence si parfaite qu’à travers leur peau , on peut se donner l’intéressant spectacle d’observer toutes les fonctions, et meme la circulation. MM. Quoy et Gaymard nous ont fourni des détails très-curieux sur la manière dont on voit circuler en différons sens dans le cœur et dans les gros vaisseaux, des molécules sub-gélatineuses. .le ne puis donc faire autrement que de ranger la peau des hiphores parmi les tissus cartilagineux. Les cliphjes présentent le même caractère , qui , autant que je puis me le rappeler , n’est partagé par aucun des animaux véiâ- TOME n. i3

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tablement rayonnes. Le disque des porpiles et des velelles peut cependant , jusqu’à un certain point , être regardé comme un tissu de ce genre.

Les animaux physsopliores se distinguent des autres , en ce qu’ils portent sur la partie supérieure de leur corps une vessie qui flotte dans l’eau, et autour de laquelle viennent se grouper plusieurs organes très-singuliers , qui sont transparens, et me paraissent devoir être placés, jusqu’à un certain point, dans le tissu cartilagineux. Telles sont les différences principales que présente le tissu cartilagineux, lorsqu’on l’étudie dans la'série animale. Il convient d’aborder maintenant l’histoire de la dernière forme , sous laquelle le système scléreux se présente à nous.

4'* Du tissu osseux.

En commençant l’étude du tissu osseux, j’ai besoin. Messieurs, de vous prémunir contre une erreur à laquelle beaucoup d’anatomistes se sont laissé aller , et qui consiste à confondre le squelette avec le tissu osseux proprement dit. Que Bichat ait commis cette faute, il faut peu s’en étonner, car l’homme était l’objet principal de ses études, et chez cet être le tissu osseux et le squelette sont tout un. Mais lorsque, comme

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nous le faisons ici, on embrasse l’ensemble des êtres vivans , il est facile de s’apercevoir que de notables dilfe'rences existent entre le squelette et les os. Pour moi, j’appelle squelette, la partie plus ou moins solide qui entre dans la composition de la couche musculaire contractile sous-posée au derme ; tandis que je définis le tissu osseux , l’ensemble des parties de l’organisme qui plus tôt ou plus tard acquièrent une solidité considérable , due à la déposition de molécules calcaires dans les mailles de ce tissu , quel qu soit le lieu où il se rencontre. Ainsi , soit que nous trouvions des parties solides dans l’enveloppe d’un phanère, à la peau, autour d’un organe, dans un squelette ou que même elles se soient accidentellement développées, ainsi que l’anatomie pathologique nous le montre journellement, du moment où nous rencontrerons la solidité propre aux os , nous serons autorisés à considérer ces parties comme appartenant au tissu osseux. Cette distinction entre le squelette et le tissu osseux est de la plus haute importance, ainsi que nous allons le voir.

Déjà nous avons étudié ce que nous appelons l’enveloppe générale de l’animal, et nous avohsvu que la couche musculaire sous-posée fait partie de cette enveloppe générale, qu’elle la modifie, et qu’elle est l’agent le plus puissant des fonctions

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locomotrices. Nous avons trouvé les mêmes clisj)osilions dans ce qu’on appelle les rneml)ranes muqueuses , qui, de même que la peau , possèdent une couche musculaire, sur-posée en apparence. Eh bien! c’est là que, dans un certain nombre d’animaux , se dépose une portion du tissu osseux, qui constitue le squelette proprement dit. Lorsqu’au contraire, on rencontre des parties osseuses à l’extérieur (car nous verrons plus tard que , chez certains animaux , la peau est susceptible de l’evêtir les états cartilagineux et osseux), alors ce n’est plus un squelette que nous avons à étudier, mais bien une peau osseuse, dont la solidification 'a pour but d’imprimer à l’animal des raouveraens particuliers; et, à cet effet, les diverses pièces solides de sa peau sont partagées en segmens. Je crois cette distinction importante.

Quoi qu’il en soit, beaucoup d’auteiu's se sont occupés du tissu osseux, sous les différens rapports anatomique , chimique , physiologique et pathologique ; mais l’ayant toujours confondu avec le squelette, la plupart des considérations que Bicbat et les autres ont présentées , ne s’appliquent véritablement qu’à ce dernier.

Nous avons donc à étudier le tissu osseux dans toutes ses propriétés et dans ses différences, ainsi que nous avons fait pour ceux que nous avons

(ï') (;()MPOsn■l()^ iNTiMi: ni;S ammaux. i8i

passés en revue. Mais, avant tout, nous devons vous dénionircr qu’il n’est que du tissu cartilagineux, arrivé à un plus haut degré de développement, ou du moins de perfectionnement, sous le rapport de la solidité et delà résistance.

Si vous examinez un os dans son état naturel, vous n’avez, pour ainsi dire, que son squelette, vous n’avez que sa partie solide; mais ce qui eu forme la hase essentielle, dans l’état de vie, la partie où se passent tous les phénomènes organiques^ vous échappe complètement. Si vous observez un os long-temps conservé dans la terre , vous verrez que les molécules calcaires qu’il avait empruntées au inonde extérieur, cristalliseront à la manière des corps inorganiques et en vertu des mêmes lois , ce qui ne s’observe jamais pour les autres tissus. Ce n’est que dans l’état fossile et dans les animaux qui , comme les oursins , contiennent une très-faible quantité de matière animale, proportionnellement à la matière inorganique qui est en eux, et lorsqu’ils sont vieux, que le systèmè osseux peut passer à l’état de véritable carbonate de chaux cristallisé, état qui est alors si bien prononcé, que l’on peut déterminer l’inclinaison des facettes, et à l’aide de cette détermination , décider tà quelle variété appartient ce minéral. C’est là un caractère assez précieux pour les études géologiques, mais qui ne vous

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apprend rien sur la structure intime du tissu osseux.

Si, au contraire, vous soumettez l’os que vous étudiez à l’action d’un agent cliimique convenable; si, par exemple, vous le trempez dans l’acide liydro-cblorique affaibli , comme alors vous le dépouillez de toutes les molécules calcaires auxquelles il devait sa solidité, et qu’ainsi vous le réduisez à ses parties essentielles, vous trouvez que ce tissu , naguère si ferme , si dur, si résistant , n’est qu’une matière flexible , s’écrasant avec facilité; en un mot , vous n’avez plus qu’un cartilage offrant presque l’aspect de la véritable gélatine ; preuve irréfragable que le tissu osseux n’est, à tout prendre, qu’une modification, qu’un degré d’un tissu cartilagineuxquienestla matrice.i

Caractères anatomicjües et microscopiques . Le tissu osseux est formé de deux parties fondamentales : la première est, ainsi que je l’ai dit , essentiellement cartilagineuse. En effet, si vous prenez l’os d’un jeune sujet, vous verrez sortir delà partie inférieure du cylindre appai’cnt de cet os , une masse plus ou moins flexible, plus ou moins cartilagineuse, selon l’âge del’individu, dont les mailles presqu’imperceptibles représentent des espèces d’îles formées par des aréoles s’anastomosant dans tous les sens, et laissant entr’elles des vacuoles plus ou moins considérables. Ces mailles et ces îles>

(a3) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. l83 qui ne sont véritaLlement qu’une continuité de la même substance , se laissent presser comme une éponge, tant sont grandes leur mollesse et leur flexibilité. Si maintenant vous cherchez à analyser cette substance , il vous sera impossible d’affirmer que ce soit du véritable tissu cellulaire ; au moins, les procédés anatomiques que j’ai employés ne me permettent-ils pas de l’assurer. Cependant , si vous examinez un morceau de périoste avec les précautions convenables , sur un très-jeune sujet ; si , par exemple , vous le mettez dans l’eau , que vous l’éclairiez d’une belle lumière, et que vous l’examiniez à la loupe , vous verrez partir de l’intérieur de cette membrane une foule de fibres ou prolongemens de même nature qu’elle , qui vont indubitablement se jjrolonger dans les mailles dont j’ai parlé. Or , je vous ai montré de la manière la plus évidente que le périoste se continue bien nettement avec les tendons, les ligamens, et même la fibre musculaire, lorsqu’elle vient prendre son point d’attacbe sur un os. Il est donc évident que du tissu cellulaire entre dans la composition du tissu osseux , et que c’est lui qui , en se continuant avec le périoste, viendra par la suite former , à l’intérieur de l’os , cette membrane qui tapisse la cavité médullaire où se dépose la matière grasse, appelée /a moelle. Maintenant cette partie intermé-

l84 tOUKS DK PHYSIOLOG/E. (af)

(liaire qui est déposée , et qui forme la substance gélatineuse qui sera l’origine du tissu cai-tilagineux, cntre-t-cllc dans la structure intime de l’os? Je n’ose l’affi rmer ; car il m’a été impossible de la convertir en tissu cellulaire proprement dit.

Telles sont les considérations que je devais vous présenter sur la structure de l’os , considéré dans son état cartilagineux; il convient maintenant d’étudier sa nature osseuse. Eu prenant une rotule et l’examinant à la loupe, vous retrouvez encore la disposition du tissu aréolaire qui s’t’st converti en tissu osseux, et c’est dans l’intervalle de ses anastomoses qu’est venu se déposer la graisse dans les os qui en sont susceptibles, ou bien la matière muqueuse, ainsi que cela s’observe' chez les poissons. Après avoir trouvé le carbonate et le phosphate de chaux à l’état de cristallisation sur les corps morts , j’avais cru pendant un temps qu’il en était ainsi pendant la vie. Cependant j’étais presque convaincu €|u’il était impossible de trouver une molécule à laquelle on pût reconnaître un caractère de cristallisation , et (ju’un os n’est qu'’une masse uniforme et continue. Mais dans un grand nombre d’essais anatomiques auxquels je me suis livré , il en est un qui m’a convaincu que la matière calcaire est véritablement à l’état cristallin dans la composition des os. C’est en examinant au microscope une tranche

(i5 r.oMPOsrrioN intimk di:s animaux.

excessiveinent mince, et jirise sur le pariétal d’un fœtus de moins de trois mois de gestation. Vous pourrez, vous eu assurer vous- memes; car j’ai fait mettre cette préparation sous vos yeux. Vous y verrez très- bien , j’espère, une foule de petits grains cristallins qui sont répartis d’une manière très-inégale, non pas dans les mailles du tissu cartilagineux, comme je l’avais cru, mais dans le tissu lui- même; en sorte qu’un os est un tissu cellulo-spongieux, dans les cellules duquel se dépose la substance cartilagineuse , qui diminue de quantité et d’étendue à mesure que les cristaux de phosphate de chaux sü déposent dans le tissu lui-même formant les mailles. Par l’actioji de l’acide hydrochlorique , on enlève ces cristaux, et l’os redevient un véritable cartilage. La gélatine s’étant considérablement gonflée par l’introduction d’une quantité proportionnelle d’acide, l’os n’a rien perdu de son volume.

Caractères physiques. Le tissu osseux est constamment blanc , plus ou moins opaque, lorsqu’on l’étudie à l’état de combinaison, d’une densité et d’une résistance proportionnelles aux deux substances qui entrent dans sa composition. La pathologie nous apprend que la densité et la résistance de ce tissu varient selon qu’oji les étudie sur un enfant, sur un sujet adulte ou sur un vieillard. Chez l’enfant, l’os se ploie avec fa-

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cilité; chez le vieillard, il se Lrise au moindre choc, tandis que chez l’adulte, il offre une résistance intermédiaire entre les deux extrêmes que je viens de signaler. Ce tissu jouit d’une certaine élasticité, qui, pour être bien faible, si on la compare à celle des tissus que nous avons examinés jusqu’ici, n’en est pas moins incontestable. C’est à celte propriété qu’il convient de rapporter la faculté dont jouissent les animaux sauteurs , de tomber d’une très-grande hauteur, sans éprouver le moindre accident. En effet, ces animaux ont un péroné très-grêle, et qui par conséquent est plus élastique que dans l’espèce humaine ; d’où vient que le choc se perd et se dissémine dans sa longueur. Le tissu osseux n est nullement extensible, lorsqu’on l’étudie dans son état parfait; mais si on l’examine à l’état cartilagineux, on voit qu’il est susceptible d’extension. Ainsi que nous l’avons déjà dit , les os qui composent la voûte du crâne ne s’ossifient que trèstard, et jusque-là ils sont réunis par des membranes affectant une disposition déterminée. S’il survient une bydropisie cérébrale avant que l’ossification soit achevée , la tête se gonfle , acquiert quelquefois un volume énorme , résultat de l’élasticité des membranes qui ne sont point encore ossifiées. Mais si l’hydrocéphale ne survient qu’api’ès l’achèvement du travail de l’ossiti cation.

(2y) COMPOSITION INTIME UES ANlMAtJX. 187

]e tissu osseux n’étant pas extensible , les malades périssent à la suite d’une compression cérébrale non douteuse ; d’où résulte cpie le tissu osseux n’est véritablement extensible qu’à l’état membraneux. On a dit que^ dans le cas d’anévrismes se développant sur les artères qui sont en contact avec les os, ces derniers étaient susceptibles d’usure. Il est , en effet , remarquable que dans ce cas , l’os s’excave plus ou moins profondément , et finit quelquefois par être percé ; mais ce n’est point là une usure véritable , il y a seulement obstacle à la nutrition , par suite du développement de la tumeur anévrismatique dans ce point de contact , et de là souvent une sorte de perforation.

Le tissu osseux n’est que peu ou point hygrométrique, ce qui tient à l’état de combinaison où il se trouve. Nous savons déjà qu’un tissu est d’autant plus hygrométrique qu’il est plus organisé et plus celluleux^ et nous savons aussi que le tissu osseux est de tous celui qui jouit de ces propriétés au plus faible degré* Enfin il est très-bon conducteur du calorique*

Caractères organoleptiques . Le tissu osseux n’a point de saveur, mais il répand une odeui' spermatique très-prononcée , due à la matière animale ou albumineuse qui entre dans

sa com-

lH8 COURS DE PHYSIOl.OGIK. (j8)

position, odeur que reconnaissent très -facilement ceux qui ont travaillé des os. Celte substance est aussi de très-dilïlcile digestion. Les animaux qui s’eu nourrissent, tels que les chiens, ne mangent jamais que les deux extrémités des os qu’on leur donne à ronger; rarement s’attaquent-ils à la partie éburnée, dont ils ne tireraient qu’une trop faible portion de matière nutritive. N’oublions pas toutefois que toutes les parties des os sont susceptibles de donner une grande quantité d’albumine et de gélatine, lorsqu’elles ont été soumises à l’action de l’eau chaude dans un vase hermétiquement fermé.

Caractères chimiques. On a rèconnu que le tissu osseux se composait de matière organique et de matière inorganique ; celte dernière, consistant en du phosphate de chaux qui , dans la nature, est moins abondant que le carbonate de chaux. L’air n’a point d’action sur les os. Les agens chimiques, et entr 'autres, le feu, produisent leur exfoliation ; quelques maladies amènent aussi le même résultat. On a conclu de ce fait, que les os sont composés de lames s’emboîtant les unes dans les autres, et munies de chevilles destinées à les unir. Bichat a fait justice de ces absurdités , et il a fait voir que l’exfohation des os dépendait, dans ce cas, de l’action des menstrues chimiques. Eu

(icj) (.oMPOsrrioN intime des antmaitx. 189

clFet , lorsque vous agissez sur un os, à J’aide d’un léaelif , celui-ci n’exerce d’abord son action que sur la périphérie, et si vous enlevez la partie qui aura reçu l’influence du réactif chimique , elle se présentera sous forme d’une lame, à laquelle en succédera une seconde , et ainsi successivement, jusqu’à ce (jue tout le tissu de l’os ait été désorganisé ; mais ce phénomène dépend seulement du mode d’action des moyens que vous employez ; car il a également lieu , lorsque vous mettez un cristal dans un acide, si vous négligez de le remuer de temps en temps.

L’eau froide n’a presque point d’action sur les os ; et la macération ne les modifie qu’au hout d’un temps fort long. Le feu et les acides agissent de la manière que nous venons d’indiquer. L’eau chaude a, au contraire une action très-remarquable. Lorsqu’on broie une certaine quantité d’os dans un digesteur , tel que la marmite de Papin, par exemple , à l’aide de la pression qu’exerce l’eau portée à un haut degré de chaleur , on parvient à séparer la matière inorganique, qui se prend en gelée . tandis que la partie osseuse est rejetée à l’état de sel terreux. A l’aide des procédés de M. d’Arcet , on parvient à enlever une assez grande ([uantité de matière organique.

Enfin on a analysé les os à l’aide des acides ,

190 COURS DE PHYSIOLOGIE. (3o)

et on a trouvé qu’ils se composaient des substances suivantes :

Substance gélatineuse. ... 5o *4,

Phosphate de cbaux 37

— de magnésie ’. . . i,3

Carbonate de chaux 10

Sulfate de magnésie. . . . . \

Silice I

Manganèse | ^ ^

Oxide de fer j

Pour arriver à des résultats minutieux , il faut une analyse aussi délicate que celle qui nous a été donnée par M. Vauquelin. M. Berzélius, qui a également analysé ce tissu, a rencontré, outre les substances déjà indiquées , une très-petite quantité de fluate de chaux, sel queMorichini a le premier annoncé dans les os fossiles d’éléphant, mais qui existe aussi dans les os frais, suivant le chimiste suédois.

Quant au sulfate de chaux que quelques auteurs, et entr’autres Morichini, ont trouvé dans des os fossiles, sa présence n’a jamais été démontrée dans un os récent,

Mais il ne faut jamais perdre de vue, lorsqu’il s’agit d’apprécier la valeur des analyses chimiques, que les recherches de cet ordre , pour être concluantes , auraient besoin d’être plus précises. Jamais les chimistes n’indiquent si l’animal sur

(3i) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. IQI

lequel ils ont opéré était jeune ou vieux, si c’était un carnassier ou un animal herbivore; conditions qui influent évidemment sur la proportion des élémens d’un tissu , et en particulier, de celui qui nous occupe.

Dans la prochaine séance , nous achèverons l’histoire de ce tissu, et par conséquent aussi celle du système scléreux.

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