‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource]Chapitre 14 sur 45 · d’hydrogène, et · texte numérisé non relu

d’hydrogène, et

27,3 d’acide carbonique.

L’auteur de cette expérience ne nous dit pas si la portion d’aorte qui y fut soumise était complètement vide de sang ; ce qui était nécessaire pour ôter tout soupçon sur l’origine du fluide gazeux qu’il y a rencontré; car s’il restait un peu de ce liquide, il serait possible que ce fût lui qui eût fourni, par sa décomposition, le mélange d’oxigène, d’hydrogène et d’acide carbonique, observé dans cette portion de vaisseau. Toutefois, comme il est probable que M. Krimmer a pris toutes les précautions nécessaires pour rendre son expérience concluante, et que d’ailleurs, l’absence constatée de toute trace d’azote dans le mélange en question ne s’expliquerait pas, si l’on admettait que celui-ci provient de la décomposition d’une

certaine quantité de sang, nous pouvons citer le fait dont nous venons de parler, comme tendant h établir la réal i té de l’existence de l’oxiuène à l’état

gazeux dans l’intérieur des tissus vivans, attendant, au reste, que de nouvelles observations viennent confirmer ou infirmer cet exemple, encore unique.

( B ) Azote.

Nous 11’avons rien de positif sur la question de la présence de l’azote dans les mailles des organes vivans. Un auteur nous ditpositivementqu’il y existe, e t quelques expériences prouveraient qu’il peut é tre absorbé. Cependant ces opinions ne sont généralement pas admises; et vous avez vu que hazote ne faisait pas partie du mélange trouvé par M. Kr immer dans l’aorte. Jusqu’ici l’observation nous a seulement démontré comme une chose certaine l’exhalation du gaz dont il s’agit ; mais , comme vous le sentez, ceci ne prouve pas sa préexistence à l’état libre dans l’intimité de l’organisme.

( C) Hydrogène.

Nous 11e possédons que l’expérience de M. Krimmer , comme preuve de l’existence de ce fluide dans les tissus vivans. Il est cependant indubitable qu’il constitue quelquefois une partie nota-

(5) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. l35

ble du gaz qui remplit la vessie natatoire des poissons. Mais alors c’est peut-être un produit.

(D) Air atmosphérique.

La présence de ce gaz dans l’intérieur de l’organisme paraît être indubitable, vl priori on doit s’attendre à ce qu’il imprègne nos corps comme il imprègne tous ceux de la nature ; et c’est en effet ce qui arrive , ainsi qu’on le démontre à l’aide de la machine pneumatique, ou en ouvrant un animal sous l’eau. M. Gaspard s’est assuré que la plupart des liquides de l’économie, comme le sang artériel , le sang veineux, le chyle , la sérosité, la vitrine oculaire, la bile , la salive , deviennent écumeux et se couvrent d’un grand nombre de bulles dans le vide. Je dois cependant faire observer, à l’égard de cette preuve, qu’elle repose sur des expériences faites , la plupart , à l’époque de l’invention du célèbre instrument dont je viens de parler , époque à laquelle on confondait tous les gaz sous le nom d’air ; en sorte qu’on ne peut savoir si le fluide gazeux qu’on retirait des animaux soumis à l’action de la pompe , était réellement de l’air atmosphérique. Nous sommes également incapables d’affirmer , et cela faute d’analyse , que les bulles d’air qui s’échappent des tissus d’un animal qu’on ouvre sous l’eau, ap-

COURS DK PHYSIOLOGIE.

partiennent au fluide de notre atmosphère ; cependant l’analogie nous porte à le croire , car nous trouvons , et les chimistes ont reconnu ce même fluide chez plusieurs êtres organisés végétaux ; par exemple, chez quelques plantes de la famille des légumineuses, telles que le baguenaudier , dont il remplit et gonfle le péricarpe à l’époque delà maturité. Beaucoup de graines de cette même famille des légumineuses , qui sont regardées comme venteuses par les médecins , telles que les pois , les haricots, etc. , contiennent dans leur tissu une grande quantité de fluide aériforme, ainsi que s’en est assuré M. Gaspard, en les ouvrant sous l’eau. Il est des animaux, et je citerai entre autres la tortue, dans les veines desquels on rencontre de l’air : on en trouve aussi dans celles de quelques individus morts apoplectiques. C’est bien probablement aussi à la présence d’un gaz pareil qu’est due, au moins en partie, la turgescence des tissus chezles sujets en santé ; je dis en partie , car une certaine quantité de fluide aqueux concourt certainement à la production de ce phénomène. Au reste, pour parler avec plus de certitude sur la part que l’air y prend , il faudrait que le fait en question eût été mieux analysé que cela n’a eu lieu jusqu a ce jour , et que nous eussions des observations un peu complètes à vous citer.

Quelques personnes assurent, mais c’est une

(;) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 1 Jj

chose fort douteuse pour moi, que 1 érection des organes caverneux, et surtout celle du pénis, est due à un afflux , non de sang , mais d’air, ou du moins d’un fluide aérifonne. On veut expliquer par cette hypothèse la rapidité de la turgescence qui constitue l’érection, et l’on cite en preuve l’exemple d’un cheval lue pendant qu’il était dans cet état, et dans les corps caverneux duquel on ne trouva point de sang. Quant à moi, je n’ai jamais observé pareille chose, et j’ai toujours vu, au contraire, que c’est bien du sang qui tuméfie les organes en érection.

Un autre fait , qui ne me paraît pas plus positif que celui de la présence de l’air dans les corps caverneux , est celui de l’existence de ce fluide dans tous les tissus des chiens enragés, et entre autres, dans leur tissu musculaire. J’ai disséqué plusieurs de ces animaux, qui avaient succombé à la bizarre maladie qu’on désigne sous le nom de rage , et je n’ai jamais pris note d’un pareil fait, qui cependant n’aurait pas manqué de me frapper; au reste, c’est là un su jet digne de l’attention de toutes les personnes qui auront occasion de disséquer des animaux atteints de cette meme affection. Frank a rapporté quelques observations de pathologie qui tendent à établir que l’air extérieurkpeut arriver dans nos tissus. Ainsi , l’on voit dans certaines maladies éruptives , telles surtout

que la miliaire Manche, des vésicules remplies de pus se vider peu à peu de ce liquide, qui, à mesure qu’il disparaît , cède sa place à de l’air ; on conçoi t très-bien ce qui se passe ici ; c’est l’air ambiant qui pénètre à travers les parois trèsamincies de la vésicule, et qui vient ainsi remplacer le pus que l’absorption en relire.

Les pathologistes parlent aussi d’emphysèmes cellulaires spontanés observés dans le bœuf', et même dans l’homme ; mais ce fait est-il hors de doute, et les gaz infiltrés alors ont-ils été analysés?

I/air atmosphérique s’introduit certainement par absorption dans les tuhes des plumes des oiseaux, à l’époque de la disparition de la matière subgélatineuse qui les remplit d’abord. Cet air ne peut venir que du tissu même de l’animal , qui par conséquent en est imprégné. Quant à celui qui existe dans l’humérus , la clavicule, et. les os du bassin et de la cuisse chez ces animaux , il arrive , non par absorption , mais directement en sortant du poumon, auquel ces os présentent des ouvertures pour recevoir ce fluide.

Chez les insectes, qui ont besoin, comme les oiseaux, d’une grande légèreté spécifique, il existe aussi beaucoup d’air dans l’intérieur des organes eux-mêmes ; cet air y est apporté par les trachées ou voies respiratoires de ces animaux , canaux

(y) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 1 3(J

qui vont distribuer le fluide en question à toutes les parties de l’animal , pour le mettre partout en rapport avec les molécules destinées à l’assimilation.

En général , on trouve d’autant plus d’air dans les tissus des animaux, que le milieu dans lequel ils se meuvent est moins dense: c’est pour cela que vous en trouvez beaucoup chez les animaux aériens, mais surtout chez les oiseaux et les insectes , et qu’il en existe si peu chez les mammifères aquatiques et les poissons; ces derniers surtout, qui ne respirent que le peu d’air qui est mêlé à l’eau , et celui qu’ils viennent chercher de temps en temps à la surface de celle-ci , fournissent une très-faible quantité de ce fluide lorsqu’on les ouvre sous la machine pneumatique. Toutefois on trouve chez eux un organe particulier , la 'vessie natatoire , qui est rempli d’un fluide gazeux. Ce fluide arrive-t-il là après avoir été absorbé à l’extérieur, et après avoir traversé le tissu de l’animal, ou ne serait-il pas plutôt sécrété dans l’endroit où il se rencontre, ainsi que le pensent quelques personnes, en alléguant l’absence de toute communication entre l’extérieur et la vessie natatoire? C’est une question qui n’est pas encore hors de doute , et qui , du reste , sera traitée en son lieu. Actuellement nous devons nous borner à constater la présence des élémens gazeux dans l’organisa-

l4o COURS DE PHYSIOLOGIE. (10)

tion. Le fluide contenu dans la vessie natatoire des poissons varie beaucoup , quant à sa composition; ce n’est pas seulement de l’azote, de l’oxigène, de l’hydrogène et de Pacide carbonique , mais un mélange de tous ces gaz, dont tantôt l’un et tantôt l’autre prédomine ; c’est ce qu’ont démontré les observations de MM. de Humboldt et Provençal. Quanta la raison de ces différences , on ne la connaît pas encore; on n’a pas analysé les circonstances avec lesquelles elles concordaient , et il faut convenir que cela était fort difficile.

Les mammifères sont totalement dépourvus d’air pendant la vie fœtale. Placez , pour vous en convaincre, un fœtus ouvert dans une eau bien privée de ce fluide , sous la cloche de la machine pneumatique , et vous ne parviendrez pas à en extraire une seule bulle gazeuse , à moins cependant que le sujet de l’expérience ne soit déjà en état de putréfaction ; mais alors le gaz que vous obtiendrez sera un produit de la décomposition , et ne témoignera pas de l’existence normale de l’air dans le fœtus. Celui-ci, étant un être aquatique, et vivant dans un fluide privé d’air , il s’en trouve privé lui-même , faute d’en recevoir de l’extérieur. Il est probable qu’il en est de même chez les animaux tout-à-fait inférieurs, qui vivent complètement et constamment dans l’eau. Ceci vous prouve, Messieurs, que lorsque vous rencontrez

(n) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. \[[l du gaz chez les animaux, ils le reçoivent du dehors, et qu’ils n’en ont pas la source en eux-mêmes.

Vous voyez donc par le petit nombre de faits que ma mémoire ma permis de vous citer, que l’air entre dans la composition des êtres organisés, et cela en quantité proportionnelle à la densité du milieu dans lequel l’animal se meut, et relative à son mode de locomotion.

11 est toujours convenu que nous ne traitons ici que de l’air qui pénètre le tissu de l’animal. C’est pour cela que je n’ai pas dû citer l’exemple de quelques animaux aquatiques , qui ont la faculté d’introduire en eux, c’est-à-dire, dans une cavité en communication avec l’extérieur , une certaine quantité d’air, à l’aide de laquelle ils augmentent leur légèreté spécifique, et se maintiennent, pendant un temps variable, à la surface des eaux : tels sont les diodons parmi les poissons , les physales parmi les malacozoaires , et peut-être même les physophores et des genres voisins, qui offrent des organes aérifères hydrostatiques , dont nous ignorons la nature.

( E) Hydrogène carboné.

L’hydrogène carboné existe vraisemblablement à letat de liberté dans nos tissus > et résulte alors, selon toute apparence, du mouvement de déc om-

l42 COURS UE PHYSIOLOGIE. (ia)

position nutritive. Nous croyons pouvoir en (lire autant du gaz acide carbonique.

(F) Gaz, acide carbonique.

Ce gaz faisait aussi partie, comme vous vous le rappelez , du mélange obtenu par M. Krimmer dans l’expérience que je vous ai rapportée. Il paraît certain que lorsqu’on met dans le vide du sang récemment tiré d’un animal , et encore chaud, il s’en exhale de l’acide carbonique. Mais ne serait-ce pas déjà un produit de la décomposition de ce fluide? C’est ce qu’il est assez difficile d’assurer .

(G) Hydrogène sulfuré.

L’hydrogène sulfuré a été également observé dans l’économie animale; mais il est pins que probable que ce n’est pas dans l’intérieur même des organes, dans leurs mailles qu’on l’a trouvé ; car la propriété vénéneuse très -active de ce gaz ne permet pas de croire à la possibilité de son existence habituelle , ou même un peu prolongée dans nos tissus. Les personnes qui ont fait mention de la présence de l’hydrogène sulfuré dans l’organisme, ont sans doute voulu parler des circonstances où ce fluide existe dans la cavité intestinale, ce qui est tout autre chose que s’il s’agissait de sa

(li) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. l/|.3

présence clans la substance meme du corps; car, dans le premier cas, il est toul-à-lajt étranger à l’économie, et ne constitue cju’un de ces produits qui se forment à la surface de l'animal, et dont nous devons nous occuper plus lard.

Plusieurs personnes ont admis dans la composition des organismes animaux quelques fluides à l’état de vapeurs, c’est-à-dire des gaz résultans de la vaporisation de certains élémens liquides , telles sont :

La vapeur du sang ( aura sanguinis ) ,

La vapeur séreuse , et

La vapeur séminale ( aura seminalis).

{A) Vapeur du sang.

On a attribué à cette vapeur la turgescence vitale des tissus dans l’état de force et de santé. Vous vous rappelez, Messieurs, que, dans ma précédente leçon, je vous citais déjà , pour vous donner une idée de ce phénomène , l’exemple de ces hommes jeunes , hienportans , dont les chairs fermes et rosées annoncent un état de plénitude , qui cesse tout à coup , au moment où la sensibilité de ces individus est vivement et péniblement affectée par une mauvaise nouvelle , ou lorsqu’on porte une excitation purgative sur le canal alimen-

l44 COURS DE PHYSIOLOGIE. (,4)

taire. Hé bien ! c’est cet état de plénitude , de turgescence, capable d’une si prompte disparition , dont on a cru voir la cause dans la présence d’une vapeur émanée du sang, qui circulerait avec lui, aura sahguinis , selon l’expression de quelques auteurs. On a également eu recours à ce fluide supposé pour établir une théorie de l’inflammation , pour expliquer le mouvement du sang dans les vaisseaux, et fl élévation du pouls; mais rien n’a démontré jusqu’ici la réalité de la vapeur dont il s’agit , et nous ne saurions la voir dans le mélange gazeux recueilli , comme je vous l’ai dit , par M. Krimmer , dans cette portion d’aorte qu’il avait interceptée entre deux ligatures ; j’ai tout lieu de croire que ce mélange est parvenu dans la cavité vide du tronc aortique par voie d’absorption.

{B.) Vapeur séreuse.

La vapeur séreuse serait, d’après une opinion assez généralement répandue , le fluide qui est exhalé par les membranes séreuses des cavités splanchniques, et qui humecte leur surface. Lorsqu’on ouvre la cavité péritonéale d’un animal vivant , on voit en effet s’élever de toute la surface de la membrane séreuse une vapeur assez abondante, que l’on peut comparer à la sueur lorsque celle- ci n’est pas trop abondante pour être vapo-

( i5) COMPOSITION INTIME UES ANIMAUX. 1 45

risée à l’instant de sa formation. Ou n’a pas pris garde quand on a admis , d’après l’expérience que je viens de citer, l’existence de la vapeur séreuse , que ce fluide ne doit son état gazeux qu’à son contact accidentel avec l’air extérieur, qui s’en empare à mesure qu’il arrive à la surface libre de la membrane; car bien certainement c’est un liquide tant qu’il est à l’abri de ce contact , et qu’il s’exhale dans les cavités parfaitement closes des poches séreuses. L’erreur dans laquelle sont tombés à cet égard les physiologistes , vous prouve l’inconvénient de ne pas tenir compte de toutes les circonstances qui accompagnent un phénomène, et en particulier de toutes les influences extérieures qui peuvent le modifier.

(C) Vapeur séminale , ou aura seminalis.

La vapeur séminale n’aura pas plus de réalité que les précédentes.

Vous savez, Messieurs , que quelques auteurs, voyant que le sperme n’arrive pas directement jusqu’à l’ovaire, et ne pouvant expliquer son action sur cet organe, ont eu recours à l’invention de cette vapeur séminale , et lui ont assigné une subtilité qui lui permettait de monter jusqu’à lui en franchissant le col utérin, et en traversant la cavité

i4G COURS DE PHYSIOLOGIE. (16)

de la matrice et les trompes , pour lui porter la vertu prolifique de la liqueur dont elle émanait. On a allégué en faveur de l'existence de la vapeur séminale l’exhalation de la matière gazéiforme que fournit le sperme, quand on ouvre pendant la vie et chez un animal à sang chaud , les vésicules qui lui servent de réservoir ; mais on a oublié ici ce qu’on avait déjà oublié à propos de la vapeur séreuse , c’est que le contact de l’air avec la liqueur était la cause de la vaporisation observée, vaporisation qui ne portait au reste que sur les parties les plus ténues du liquide spermatique. On a cité encore un autre fait à l’appui de la même hypothèse ; c’est l’odeur de sperme qu’exhalent les hommes robustes dont les organes génitaux jouissent d’une certaine énergie , et qui , changeant rarement de linge, et négligeant les autres soins de propreté , laissent accumuler à la surface de leur corps le produit des excrétions eu lanées ; on a cru voir dans l’odeur offerte par ces sujets l’effet d’une vapeur répandue dans toute l’économie. Mais rien ne prouve que ce soit là la cause de ce phénomène , et il est bien plus naturel dépenser que le sperme sécrété abondamment et déposé dans les vésicules séminales , est absorbé au bout d’un certain temps, et porté, non dans le sang, mais dans le tissu cellulaire, et même dans tous les tissus de l’économie , de même

(i7) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. ll\’j

que l’urine, dans beaucoup de maladies de ses organes sécréteurs ou d’excrétion , est absorbée et

communique son odeur à tout ce qui provient du malade, mais surtout à la perspiration cutanée , comme vous l’avez remarqué plus d’une fois en entrant dans des endroits où étaient couchés des sujets atteints d’affections des voies urinaires. Dans ces cas l’urine ou le sperme qui imprègnent les tissus animaux ne font pas plus partie de ces tissus , que certains principes volatils que nous absorbons quand nous nous trouvons dans leur voisinage , et qui communiquent leur odeur , ou du moins une odeur particulière à nos excrétions; on ne dira pas par exemple qu’il existe une vapeur de térébenthine parmi les élémens constitutifs d’une personne qui, pour avoir été exposée aux émanations de cette substance, rend des urines qui ont l’odeur de la violette.

Nous pouvons donc conclure qu’aucun fait n’établit l’existence de vapeurs dans les mailles de nos tissus. La température des animaux ne suffirait ni à la formation, ni à la persistance de ces vapeurs , qui n’ont été vues que dans des cas où le contact accidentel de l’air rendait compte de leur apparition aussi accidentelle. Enfin, parmi ces vapeurs hypothétiques , celles qu’on a fait dériver du sperme et de l’urine ne devraient pas, leur existence fût-elle hors de doute , être comptées au

Page 1