SOUFRE
PHOSPH.
Cérébrine. . . .
D’après ces tableaux comparatifs , et malgré le grand nombre de lacunes qu’ils renferment, nous voyons que lesélémens chimiques que nous trouvons dans la composition des élémens anatomiques des animaux ne leur sont nullement particuliers ou exclusivement propres , et qu’ils existent nonseulement dans l’autre règne des corps organisés,
(i) M. Vauquelin s’est assuré que cet acide était impur, et qu’il est formé d’un acide qu’il propose de nommer acide urique suroxygcnc.
(37) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. Ôl']
non-seulement, dans le règne intermédiaire, que constituent l’air et l’eau , mais encore dans le règne véri tablement inorganique, toutefois avec de grandes inégalités de prépondérance.
On peut faire à p .u près la meme observation pour les composés qu’ils forment, tant pour les principes ou élémens médiats, que pour les principes ou élémens immédiats ; mais ici les différences que présente la proportion de ceux de ces élémens qui existent dans les deux règnes inorganique et organique, ainsi que dans l’un ou l’autre des sous- règnes végétal et animal , deviennent beaucoup plus sensibles.
Vous pourrez remarquer que les composés se compliquent de plus en plus à mesure qu'on s’élève davantage dans l’organisme ; mais qu’il s’en trouve cependant de presque tous les groupes que nous avons cru devoir établir dans chacune des quatre grandes divisions des corps de l’univers.
Ainsi , les combinaisons binaires acides ou non , prédominent beaucoup dans la section des composés qui sont communs aux deux règnes inorganique et organique.
Les combinaisons ternaires salines y sont encore assez communes.
11 n en est pas de même des composés ternaires non salins et encore moins des quaternaires. Ceuxci sont meme pour ainsi dire des produits de l’art.
Dans la section qui renferme les composés propres au sous-règne des corps organisés végétaux , les composés binaires n’existent point, mais les composés ternaires non- salins acquièrent au contraire une très-grande prédominance, et les composés quaternaires sont déjà assez nombreux.
Il paraît qu’il n’en existe pas de plus complexes.
Peut-être dans le nombre des principes immédiats de cette section y en a-t-il qui sont communs aux deux sous-règnes, puisqu’il serait possible que quelques végétaux renfermassent une sorte d’albumine et même de fibrine, analogues aux principes immédiats que nous connaissons sous ces dénominations chez les animaux : quoi qu’il en soit, celte section est surtout composée de principes immédiats ternaires neutres , gras ou acides.
Enfin, dans la quatrième section, qui contient les principes immédiats propres aux animaux, nous voyons le nombre des composés ternaires diminuer beaucoup , celui des composés quaternaires subir une augmentation proportionnelle assez considérable ; enfin paraissent deux ordres de composés , 1 un de cinq élémens et l’autre de six, que nous n’avions pas encore rencontrés ; et , ce qu’il y a de remarquable , c’est que ce dernier appartient a l’élément anatomique le plus élevé, le plus éminemment animal, à la pulpe cérébrale.
(3g) COMPOSITION INTIME UES ANIMAUX. 02Q
Vous avez pu remarquer également dans le tableau analytique des composés que je vous ai mis sous les yeux , que l’oxigène, si prédominant et si parfaitement saturé dans les composés communs aux trois règnes, où il peut former avec les élémens combustibles des oxides et des acides binaires , devient , dans les autres , de moins en moins suffisant pour être complètement employé par l’élément qui joue le rôle de combustible, et pour que celui-ci soit parfaitement brûlé; observation extrêmement importante que la science doit, si je ne me trompe, à M. Chevreul.
Il résulte immédiatement de là, que la force, et par conséquent, la fixité des combinaisons diminuera proportionnellement à l’augmentation du nombre desélémens, et à leur saturation réciproque.
Cette moindre fixité des combinaisons organiques devra rendre les mouvemens de composition et de décomposition beaucoup plus nombreux , plus rapides et plus fréquens dans les organismes, conséquence qui nous permettra d’entrevoir l’explication de plusieurs phénomènes delà vie. Nous verrons que l’activité de celle-ci sera, jusqu’à un certain point , en rapport avec la proportion des composés organiques et inorganiques^ et avec le nombre des élémens de ces derniers principes immédiats.
(i) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 33l