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Carville et Polaillon, Archives de physiologie

MUSCLES STRIÉS. 157

chirurgie pour amener la contraction des éléments musculaires lisses des artères. (Voy. Circulation : physiologie des parois artérielles .) La lumière elle-même est un excitant du muscle, ainsi que l’ont montré les expériences deBrown- Séquard sur la pupille.

Enfin, 1 excitant physiologique nous est représenté par l’action des nerfs moteurs.

Analyse de la contraction . Le muscle, après avoir obéi à ces irritants, après avoir passé de la forme de repos à la forme active, revient à la première forme ; c’est cet ensemble de changements qu’on a appelé la contraction du muscle. La contraction se compose donc de plusieurs temps : celui pendant lequel le muscle passe cà la deuxième forme ; celui pendant lequel il s y maintient ; et enfin celui pendant • lequel il revient à la première. De plus, on a reconnu que lorsqu un excitant agit sur un muscle, celui-ci reste un très court espace de temps avant d’obéir à cette excitation (Helmholtz); c’est donc là un premier temps qui précède les trois autres et qu'on a appelé V excitation latente. — Si un muscle, suspendu verticalement par une extrémité, porte a 1 autre un crayon qui puisse imprimer sa pointe sur un cylindre vertical tournant avec régularité, tant que le muscle sera sous la forme de repos, il tracera une ligne horizontale sur le cylindre ; lorsqu’une excitation brusque (un choc) agira sur lui, il continuera encore un certain temps à tiacer cette ligne droite, et la longueur tracée

rr°rSo9repréSentera SraPhicIuement l 'excitation latente US-0":) 1, -2 et 3, AB); puis le muscle passant à la forme active, son extrémité inférieure tracera une ligne ascendante (hg. 32, BC), qui représente le passage d’une forme à i autre; ensuite, au niveau qu’atteint cette ligne, nous pourrons obtenir une nouvelle ligne horizontale, qui représentera le temps pendant lequel la forme active aura existépuis enfin viendra une ligne descendante qui sera le graphique du retour à la forme du repos (DE). C’est sur ce principe qu on a construit les divers appareils appelés myographes (Helmholtz, Marey), et c’est ainsi qu’on obtient des gi aphiques de la contraction musculaire avec analyse

MUSCLE ET SES ANNEXES

de ces différents temps. Marey a réalisé les dispositions myographiques de manière à pouvoir opérer sur le muscle sans le détacher de l’animal : tel est l’appareil et l’installation représentés figure 33. La grenouille en expérience est fixée sur une planchette de liège au moyen d’épingles. Le

Fig. 32. — Tracés graphiques de la contraction musculaire *.

cerveau et la moelle épinière de l’animal ont été préalablement détruits, afin de supprimer tout mouvement volontaire ou réflexe. Le tendon du muscle gastro-cnémien a été coupé et lié par un fil à un levier qui peut se mouvoir dans

* 1. Analyse d’un tracé delà contraction musculaire. — AB, Excitation latente; — BC, ligne d’ascension; — CD, ligne tracée pendant que dire la forme dite active; — DE, ligne de descente et retour à la forme de repos (EF).

2. Forme rdinaire d’une secousse. — AB, Excitation latente. — De B en CD, ascension ou passage de la forme do repos a la forme active; celle-ci ne se maintient qu’un instant en CD, et aussitôt se produit la ligne de descente DE ou retour à la forme de repos (EF).

3. Tétanos physiologique. — AB, Excitation latente; — BC, ascension; EC, descente interrompue par une nouvelle ascension; 1ns secousses ainsi produites successivement (c, C c", c"') so succèdent ensuite assez rapidement pour se fusionner, de sorte que le muscle se maintient sous la forme active et trace la ligne F. — Les lignes ponctuées indiquent les descentes, ou retours à la forme de repos, qui se seraient produites si de nouvelles excitations n’avaient forcé le muscle à tracer une nouvelle ligne d’asccnsiort, avant môme d’avoir achevé la ligne de descente de la secousse précédente.

MUSGLES STRIÉS

un plan horizontal : ce levier est attiré vers la grenouille dès que le muscle se raccourcit; puis, dès que la contraction cesse, il est ramené dans sa position primitive à l’aide d’un ressort. Entin ce levier se termine, à son extrémité libre, par une pointe qui trace, sur un cylindre tournant

Fig. 33. — Myographe de Marey.

recouvert de noir de fumée, des lignes brisées ou des ondulations correspondant au mouvement de va-et-vient du levier, c’est-à-dire aux alternatives de raccourcissement et de relâchement du muscle.

Pui celle etude a l’aide du myographe de Marey on voit quen général V excitation latente dure 1/60 de seconde; que le raccourcissement atteint son summum au bout d’environ 1/G de seconde, et passe progressivement, au bout

MUSCLE ET SES ANNEXES

d’un temps à peu près égal, à l’état de repos l. (Il est bien entendu que cette description est celle de ce qui se passe lorsqu’une excitation brusque, sans durée notable, un cboc par exemple, atteint le muscle. Voyez plus loin l’étude de cette secousse musculaire.) Au lieu de mesurer le raccourcissement du muscle, on peut mesurer son épaississement : c’est dans ce but que Marey a construit ses pinces tnyogr ap hiques dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ici ; il nous suffira de dire qu’avec ces instruments on obtient le graphique du gonflement, et par suite de la contraction musculaire.

Si par ces moyens on étudie la contraction d’un muscle, succédant à une irritation brusque et courte (à un choc par exemple), on voit donc sur le graphique la descente succéder immédiatement à l’ascension (fig. 32, 2 ; CD), ce qui montre que la forme active n’a existé à son summum que fort peu de temps, puisqu’elle n’est pas représentée par une ligne, mais par un simple point de passage entre l’ascension et la descente. C’est ce qu’on a appelé la secousse ou la convulsion musculaire. — Mais si des excitations courtes et brusques se succèdent rapidement, on voit sur le graphique qu’une nouvelle contraction commence avant que la descente de la précédente soit achevée (fig. 32, 3; c, c\ c”, c’”), c’est-à-dire que le muscle, au moment où il commençait à revenir vers la forme de repos, a de nouveau été sollicité à prendre la forme active : aussi ces demidescentes, interrompues par une nouvelle ascension, sontelles marquées sur le graphique par une série d’ondulations qui se rapprochent d’autant plus du niveau correspondant au summum de la forme active, que les excitations se sont succédé plus rapidement (fig. 32, 3; ligne F). Il est facile de concevoir que si les excitations sont de plus en plus rapprochées, les ondulations précédentes seront de plus en plus petites, et finiront par former une ligne droite, qui se produira tout le temps que ces excitations se succéderont avec la rapidité voulue: c’est que pendant tout ce temps le muscle se sera maintenu sous la forme active.

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